Radio Algérie Internationale: « L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), relevant des Nations unies, a annoncé qu’environ 4,1 millions de personnes sont retournées dans leurs régions d’origine à travers le Soudan, ce qu’elle considère comme “une lueur d’espoir” au milieu de l’une des plus grandes crises de déplacement au monde. À la fin de l’année 2025, le Soudan ravagé par la guerre civile comptait, pour la troisième année consécutive, le plus grand nombre de déplacés au monde, avec plus de 9 millions de personnes. ». Que pensez-vous de cette information?
Dr. Ahmat Yacoub Dabio: Le retour de 4,1 millions de déplacés constitue effectivement un signal encourageant, mais il ne signifie pas pour autant la fin de la crise humanitaire au Soudan. Ce mouvement de retour s’explique en partie par l’accalmie relative observée dans certaines régions reprises par l’armée soudanaise, notamment autour de Khartoum et dans certaines zones du centre du pays. Beaucoup de familles cherchent à retrouver leurs maisons après des mois, voire des années, d’exil et de précarité.
Cependant, la situation reste extrêmement fragile. Une grande partie des infrastructures ont été détruites : hôpitaux, écoles, réseaux d’eau et d’électricité. Dans plusieurs localités, les services de base demeurent inexistants et les risques sécuritaires persistent à cause des combats sporadiques, de la prolifération des armes et des tensions communautaires.
Par ailleurs, le chiffre de plus de 9 millions de déplacés montre l’ampleur dramatique du conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de Soutien Rapide (FSR). Le Soudan traverse aujourd’hui l’une des pires catastrophes humanitaires contemporaines, avec des millions de personnes dépendantes de l’aide internationale, confrontées à la faim, aux maladies et à l’effondrement économique.
Ainsi, même si ces retours représentent une « barque d’espoir », selon les termes de l’OIM, la stabilisation durable du pays dépendra avant tout d’un cessez-le-feu réel, d’un accord politique inclusif et d’un vaste effort de reconstruction nationale.