Conflit et prévention

9 personnes tuées par Boko Haram au Cameroun

Samedi 4 Juillet 2026

La recrudescence de la violence des groupes terroristes est le résultat logique de l'échec des états du bassin d Lac Tchad ( Cameroun, Nigéria, Tchad, Niger) dans le processus de DDRR.


Selon des sources locales, neuf personnes ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'une attaque attribuée au groupe terroriste Boko Haram** dans la région de l'Extrême-Nord, au Cameroun. 
 
D'après les premières informations, une trentaine d'hommes armés circulant à moto ont attaqué le village de Dabanga, dans l'arrondissement de Waza (département du Logone-et-Chari). Les assaillants ont ouvert le feu sur les habitants avant de prendre la fuite. Le bilan provisoire fait état de neuf morts (7 hommes et une femme) et de plusieurs blessés, selon des sources locales. 
 
Cette attaque s'inscrit dans une recrudescence des violences dans l'Extrême-Nord du Cameroun. Quelques jours auparavant, une autre attaque attribuée à Boko Haram dans la localité de Gouzda avait déjà fait trois morts. Malgré les opérations de la Force multinationale mixte et de l'armée camerounaise, les incursions des groupes djihadistes se poursuivent dans cette zone frontalière du Nigeria.
La recrudescence de la violence des groupes terroristes est le résultat logique de l'échec des états du bassin d Lac Tchad ( Cameroun, Nigéria, Tchad, Niger) dans le processus de DDRR. L
’une des erreurs majeures commises par les États riverains du bassin du lac Tchad a été de sous-estimer l’importance du processus de DDRR (Désarmement, Démobilisation, Déradicalisation et Réintégration). Au Tchad, jusqu’en 2021, près de 7 000 anciens combattants ou sympathisants de Boko Haram avaient accepté de se désengager. Cependant, faute de véritables programmes de réinsertion, de suivi et d’accompagnement socio-économique, plus de 6 000 d’entre eux se seraient dispersés dans la nature après des années d’attente et de promesses non tenues. Cette situation représente aujourd’hui une grave menace sécuritaire, car ces anciens désengagés peuvent redevenir des recrues potentielles pour les groupes terroristes en reconstruction.
Les États du bassin du lac Tchad doivent prendre très au sérieux cette résurgence simultanée de Boko Haram et des réseaux affiliés à l’État islamique. L’option exclusivement militaire a montré ses limites.