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Agression de réfugiés africains, la Libye a présenté ses excuses au Haut-Commissariat pour les réfugiés

Mardi 9 Juin 2026

Le gouvernement libyen s'est dit prêt à coopérer pour le maintien et la présence de ceux qui remplissent les conditions requises.


Une source responsable au ministère des Affaires étrangères à Tripoli a révélé à « Al-Saa 24 » que le chargé de la gestion du ministère au sein du gouvernement de Dubeibah, Taher Al-Baour, a adressé un courrier au Haut-Commissariat pour les réfugiés et a présenté ses excuses pour ce qu’il a qualifié d’agressions irresponsables commises par un certain nombre de personnes hors-la-loi.

Al-Baour a confirmé dans sa correspondance que les droits des migrants sont garantis et que les centres d’hébergement sont ouverts aux migrants et que son gouvernement est prêt à coopérer pour le maintien et la présence de ceux qui remplissent les conditions requises. Tout en qualifiant les manifestations qui ont eu lieu de peu nombreuses et ne représentant pas la véritable opinion publique des Libyens civilisés et instruits, il a accusé les participants aux manifestations d’être manipulés et trompés par les médias.


Les vastes opérations de rafles menées contre les immigrés africains en Libye commencent à produire des effets collatéraux majeurs sur l'économie du pays. Ce qui se voulait une opération sécuritaire révèle aujourd'hui ses profondes contradictions économiques et sociales.
 
Le secteur du transport est le premier à en payer le prix. Des centaines de poids lourds sont actuellement à l'arrêt, faute de chauffeurs, pour la plupart des ressortissants africains interpellés et placés en détention par les forces de l'ordre. Une situation qui paralyse les chaînes d'approvisionnement et menace directement les flux commerciaux dans un pays déjà fragilisé par des années d'instabilité.
 
Au-delà du transport, c'est l'ensemble des secteurs portés à bout de bras par cette main-d'œuvre immigrée, bâtiment, agriculture, services, qui risque de se retrouver en tension. Des pans entiers de l'économie libyenne reposaient en effet sur ces travailleurs étrangers, souvent discrets, peu coûteux et indispensables au fonctionnement quotidien du pays.
 
Cette crise met en lumière une réalité que les autorités libyennes semblent avoir sous-estimée. « on ne peut expulser massivement une force de travail sans en mesurer les conséquences immédiates sur le tissu économique national » ; a déclaré à Sahel7 un homme d’affaire libyen agacé par cette politique de rafler les africains.
 
Rien n’empêche de mener des opérations de rafles dans le but de régulariser les sans papiers et non de les humilier comme des troupeaux.  Et
 l'Union Africaine dans tout ça?
 
La question qui se pose désormais est double, jusqu'où les autorités sont-elles prêtes à aller dans ces opérations ? Et à quel prix économique et humain ?


MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel7