L’armée soudanaise (FAS) et ses alliés des forces conjointes mènent une offensive majeure pour reprendre El Geneina, capitale du Darfour-Occidental. Bien que la ville reste sous le contrôle des Forces de soutien rapide (FSR), la périphérie de la région est le théâtre de violents combats et d'une guerre de mouvement intense.
Ce dimanche, le secteur d'Abou Gamra faisait l’objet de violents combats opposant les FAS et les forces conjointes aux FSR. Abou Gamra est une localité stratégique située à environ 110 kilomètres d'El Geneina. Depuis le début du mois de juillet, la ligne de front s'étend sur plusieurs axes clés de progression et de ravitaillement, notamment Koulbous, Jebel Oum, Wadi Ardamata, Wadi Kaja et Bir Sabil. Bir Sabil (ou Bir Sabila) située plus au nord-est dans l'État du Nord-Darfour, à environ 210 à 230 kilomètres à vol d'oiseau d'El Geneina, mais représente un trajet routier supérieur via les pistes du désert. Elle constitue un point de jonction logistique crucial pour l'acheminement des troupes gouvernementales.
Bien que l’armée régulière et les forces conjointes revendiquent des gains territoriaux importants dans ces localités septentrionales, les positions restent extrêmement instables et changent fréquemment de mains. La semaine dernière, la coalition gouvernementale avait réussi à se positionner dans un rayon de 38 à 70 kilomètres des portes d’El Geneina. Cependant, face à la résistance farouche et aux contre-offensives des FSR, la progression de l'armée a été stoppée, la contraignant localement à reculer ou à fortifier ses lignes défensives.
Les deux camps utilisent des drones stratégiques qui font des victimes parmi la population et, d’après des sources militaires, l’armée soudanaise aurait reçu des avions de chasse modernes capables de perturber les lignes d’approvisionnement des FSR.
Dans sa réponse à la proposition américaine visant à mettre un terme au conflit, Khartoum a accepté la majorité des dispositions du plan proposé par Washington, notamment une trêve humanitaire de 90 jours et l'ouverture de négociations en vue d'un cessez-le-feu permanent. Mais, il a rejeté le principe d'un retrait limité des FSR, tel que prévu dans le projet américain.
Les autorités soudanaises estiment que tout accord crédible doit impérativement prévoir l'évacuation de l'ensemble des centres urbains passés sous le contrôle des FSR depuis le 11 mai 2023, considérant cette mesure comme un préalable indispensable à toute solution politique durable.
Les FSR restent en position de force malgré les avancées militaires de l’armée soudanaise. Elles contrôlent encore plus de la moitié du territoire soudanais et il n’est pas certain, pour l’instant, qu’elles acceptent cette condition.
Par Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Ancien Conseiller chargé de Mission du Médiateur de la République
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
Tel/Watsup: 00 235 99860817
Yacoubahmat0@gmail.com
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