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Chansons djihadistes du Soudan

Mercredi 17 Juin 2026

  Vidéos et traductions de chansons de guerre populaires, 2023-2026
Observateur de la guerre du Soudan
 

La guerre au Soudan a déclenché une vague de musique djihadiste, qui se répand dans les camps d’entraînement, dans les rues et en ligne. Les poètes ont ravivé et adapté des airs djihadistes enfouis depuis longtemps des années 1990, tout en en composant de nouveaux ou en important des paroles de contextes internationaux.

Ces chansons présentent le service militaire comme une obligation religieuse, louent les guerriers tombés au combat et dépeignent la guerre en cours au Soudan comme faisant partie d’un djihad islamique historique plus large. Appelé nasheed (arabe : نَشِيد, pl. anasheed), elles sont chantées sans accompagnement instrumental, sauf pour des applaudissements ou des percussions simples.

Les Forces armées soudanaises (SAF), qui se présentent internationalement comme une institution apolitique luttant pour défendre l’État face à une menace existentielle, promeuvent la diffusion de telles chansons dans les médias d’État, dans les camps d’entraînement militaires et lors de rassemblements publics pour influencer l’opinion publique sur la guerre.

Au cours de la préparation de cet article, nos chercheurs ont identifié de nombreuses vidéos dans lesquelles des hauts commandants et officiers des SAF chantent des chansons djihadistes aux côtés de militants islamistes. Cela illustre que cette musique fait partie intégrante de la culture militaire soudanaise, en particulier du côté des SAF dans le conflit.

Comme les nasheed dans les contextes djihadistes internationaux, les nasheed soudanais vont bien au-delà de simples hymnes de bataille et élégies. Ils abordent également des thèmes politiques et culturels, promouvant une « résurgence islamique » contre-culturelle qui s’oppose au laïcisme, à la démocratie et aux conceptions prétendues non islamiques de la société.

Pour contexte, Europol (l’agence européenne de renseignement chargé de l’application de la loi) définit le djihadisme comme « un sous-ensemble violent du salafisme, un mouvement sunnite revivaliste qui rejette la démocratie et les parlements élus, arguant que la législation humaine est en contradiction avec le statut de Dieu en tant que seul législateur ».

« Les djihadistes visent à créer un État islamique gouverné exclusivement par la loi islamique (charia), telle qu’ils l’interprètent. Contrairement à d’autres courants salafistes, les djihadistes légitiment l’usage de la violence en se référant aux doctrines islamiques classiques sur le djihad, un terme qui signifie littéralement « effort » ou « effort », mais que les djihadistes considèrent comme une guerre sanctionnée religieusement. Tous ceux qui s’opposent aux interprétations djihadistes de la loi islamique sont considérés comme des « ennemis de l’islam » et donc considérés comme des cibles légitimes. Certains djihadistes incluent des chiites, des soufis et d’autres musulmans dans leur spectre d’ennemis perçus. »

Au Soudan, le projet salafiste djihadiste englobe à la fois la violence militaire conventionnelle contre les menaces extérieures et la purification de l’État et de la société face aux menaces internes perçues — y compris les démocrates, les communistes, les minorités religieuses, les féministes, les militants anti-guerre et d’autres dissidents. Ses objectifs incluent, sans s’y limiter, la défaite des RSF et du SPLM-Nord, et ils rejettent les moyens non militaires de mettre fin au conflit avec ces groupes.

Chacune des chansons djihadistes ci-dessous a été vérifiée comme provenant du contexte soudanais au cours des trois dernières années. Cela ne représente qu’un petit échantillon des performances musicales disponibles via les pages de réseaux sociaux affiliées aux Forces armées soudanaises (SAF) et à leurs auxiliaires.

La popularisation de ce type de musique constitue un obstacle à la résolution du conflit en cours et crée les conditions pour une radicalisation accrue des jeunes sans emploi et des enfants non scolarisés du pays.

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Où est l’Armée du Djihad ?
 
 

Interprétée ici par des combattants du front du Kordofan du Nord, cette chanson identifie les Forces armées soudanaises (SAF) et leurs auxiliaires comme « l’Armée du Jihad ». Les paroles et le jeu ludique d’appels et de réponses créent une ambiance festive, anticipant bataille et victoire.

D’anciennes vidéos de cette chanson indiquent qu’elle précède le conflit actuel (probablement originaire du conflit des années 1990 au Soudan du Sud ou du conflit de 2011-2018 dans les montagnes Nuba), mais que les paroles ont été adaptées avec de nouveaux noms de lieux pour s’adapter aux événements actuels de la guerre civile en cours.

Paroles traduites
 
Oh Mujahid, arise—the call to battle is upon you, the call to battle is upon you. They are the chosen ones; they have attained Paradise. From An-Nuhud, they arose, onward to Nyala, From Al-Da'in, they arose, onward to Nyala, Where is the Army of Jihad? The Army of Jihad has gone forth (x2). From Baraa, how? Shell [them]. From Um Sarha, how? Shell [them]. From Jabra, how? Shell [them]. Katyusha, how? Shell [them]. Islam, where? Shell [them]. Don't stop! Shell [them]. From An-Nuhud, they arose, onward to Nyala. From Al-Da'in, they arose, onward to Nyala, Where is the Army of Jihad? The Army of Jihad has gone forth (x2). Talk to the machine gunner Tell him not to forget, tell him not to forget (x2). Where are Hisham's people? [Different martyr names inserted here] Up in paradise now. Where is the Army of Jihad? The Army of Jihad has gone forth.

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En avant, Mujahid
 

Cette chanson exhorte les soldats à attaquer sans crainte de la mort, promettant des récompenses éternelles. Le commandant en chef adjoint des SAF, Yasser Al-Atta, apparaît dans cette vidéo aux côtés de soldats de l’armée et de membres paramilitaires d’Al-Baraa Ibn Malik.

 
Paroles traduites
 
Why, why, O Mujahid (fighter) — why do you not advance? Toward the virgins of Paradise and its delights, you will gain and profit. Read the Book of God and understand it. Pray during the night, rise early so you won't regret it. Recite your supplications, speak with them; Pray for your Prophet and your worries will be removed, Understand your Kalashnikov and your G-gun [Heckler & Koch G3]; Aim for the head — show no mercy! Advance quickly to meet your enemies. Do not fear the shells, do not fear the mines. The enemies of God live in delusion, Forgetting the Hereafter, the greatest Day. Distracted by this world, by pleasure and music. They have no worship, no religion, no understanding, They submitted to the West, they sold their honor, They walked a path that destroyed their values. But by God, we will never surrender, Even if the whole world, Arabs and non-Arabs, comes against us, The lasting covenant — we forged it as an oath; For none but God have we any concern. Our enemy we will destroy with crucifixion and fire; Our country we will rebuild — our mark will remain. God’s blessings cover the Most Noble, The Messenger of God, the guiding banner. No fighter steps into the ranks without moving forward, No one becomes a martyr without the shedding of blood. Notre Seigneur, le Vénéré
 

Ce simple nashid sous forme d’appel et de réponse fait référence à deux zones de combat en première ligne : Dar Hamar (activement contestée à la mi-2025) et le palais présidentiel de Khartoum (repris aux RSF en mars 2025). La chanson relie les expressions traditionnelles de la piété religieuse (prosternation, prière et récitation coranique) à la violence en temps de guerre. Les chanteurs sont des stagiaires et des chefs du Corps Al-Baraa Bin Malik, un groupe paramilitaire soutenu par les forces armées soudanaises.

 
Paroles traduites
 
Our Lord, the Worshipped One — our Lord We call upon You in prostration — our Lord We swear by God — our Lord Dar Hamar will return — our Lord Allah, Allah, our Lord. O Messenger of God, O our beloved — our Lord Who teaches us our Quran — our Lord in the recitation of Al-Dudi — our Lord We reclaimed our honor — our Lord [To] our Republican Palace — our Lord...
Contre les Kharijites
 
 

Les chanteurs présentaient leurs ennemis comme des « kharijeen » — « ceux qui sortent », c’est-à-dire des renégats ou dissidents — invoquant les Kharijites, la première grande faction rebelle de l’histoire islamique, qui s’étaient séparés du calife Ali ibn Abi Talib après la bataille de Siffin en 657 de notre ère. En empruntant cette étiquette, les chanteurs se positionnent comme l’ordre islamique légitime et leurs opposants comme des rebelles contre la communauté de Dieu — pas techniquement non-musulmans, mais des traîtres qui ont rompu les rangs de l’intérieur. Le cadre est tissé dans un chant de guerre de martyre promettant le paradis à ceux qui combattent et tombent, plaçant les chanteurs dans une ligne ininterrompue qui remonte aux Compagnons du Prophète lui-même.

Le chanteur principal porte l’insigne du Service général de renseignement soudanais (SIG). On voit également Al-Naji Abdullah, un prédicateur surnommé « prince des moudjahidines », également portant un uniforme SIG, tandis que d’autres portent des uniformes des SAF. La vidéo a été tournée dans l’État du Kordofan du Nord plus tôt cette année.

Paroles traduites
 
We are a weapon forged against the renegades [Kharijites] O Sudan, rejoice — a glorious victory is won We are a weapon forged against the Kharijites. The gates of paradise have opened for the faithful warrior Within it, goodness is complete, and the Heavenly Virgins await Within it, rivers run to quench the thirsting …A paradise of endless bliss — the prize of those who fall victorious. O Sudan, rejoice — a glorious victory is won We are a weapon forged against the renegades We have left behind the world of those already gone A world of fleeting pleasures, luring the weak astray Our Lord has honored us — we shall win one of two glories In paradise, we shall stand beside the finest of His messengers. O Sudan, rejoice — a glorious victory is won We are a weapon forged against the renegades For Your sake, Lord, we marched to battle, seeking paradise Toward Your presence we advance, our hands raised in surrender Accept our jihad, Lord — we come before You in devotion Forgive us our sins, that we may stand among the pure. O Sudan, rejoice — a glorious victory is won We are a weapon forged against the Kharijites. In the end… in the end You summoned us, O Creator of all souls In the gardens of heaven we shall muster, every one We shall stand among the Companions and all who followed them At the Kawthar, our Prophet waits — we drink with our right hand.

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Ô Révolution des Martyrs
 
 

Dans le discours politique laïque soudanais, « la Révolution » fait souvent référence aux manifestations de masse qui ont renversé le régime islamiste d’Omar Al-Bashir en 2019, inaugurant une brève période de régime civil. Cette chanson inverse cela, reprenant le mot pour la cause islamiste. Dans ce contexte, la « révolution » rappelle la « Révolution du salut » qui a porté le Front islamique national au pouvoir en 1989, ainsi que le coup d’État d’octobre 2021 qui a renversé le gouvernement de transition de Hamdok et restauré l’influence islamiste, et la lutte armée actuelle contre les RSF.

Les individus nommés dans cette traduction sont des victimes de la guerre en cours. L’un d’eux, Anas al-Duwalab, est confirmé par un avis de décès émis par le secrétaire général du Mouvement islamique soudanais, tombé en mai 2023, fils d’une figure de proue du mouvement. La théologie de la chanson s’appuie sur la doctrine classique du martyre islamique.

D’après le dialecte et les références à des personnes spécifiques, la chanson semble avoir été composée par un poète de la tribu Shaygiya de l’État du Nil, qui est historiquement un bastion du parti au pouvoir de longue date.

Paroles traduites
 
O devotee of the Beautiful One [the revolution personified] — How much you sang for her, From the day you journeyed forth and composed your final verse — In the Revolution are those with firm resolve, Who carried forward the tamkeen [the Islamist project of embedding loyalists throughout the state] — men of thought and faith — O revolution of the martyrs, that stirs men's souls! (x3) Among the fighters I remember our brothers in faith: Hamdi the cheerful one, who brought calm to our souls, Who spent his years not in vain but in service of the brethren. O revolution of the martyrs, that stirs men's souls! (x3) Numan, my brother, who parted from those he loved, We had barely said our farewells — the heart still aches with longing. And Nizar rests among the brethren at peace in paradise. The revolution has its companions — the people of thought and faith. O revolution of the martyrs, that stirs men's souls! (x3) Anas Al-Duwalab gave himself in service of his brothers, Until the day he found his beloved ones, In the garden of God’s eternal pleasure, To whom does the banner pass, if not to his faithful brother
Nous reviendrons
 
 

Cette chanson illustre le thème djihadiste de l’oppression sous ce qu’ils considèrent comme des influences occidentales, du laïcisme et d’une domination non islamique dans les terres musulmanes. La « nouvelle aube » décrite dans cette chanson implique à la fois un triomphe militaire et une restauration religieuse. L’artiste Abu Algasim est assis entre Owais Ghanem (à gauche), un chef du Corps Al-Baraa Bin Malik, et Naji Mustafa (à droite), un prédicateur islamiste, qui a loué l’Iran en mars pour avoir exécuté des dissidents et des espions et pour avoir résisté avec succès à l’agression américaine et israélienne.

Ci-dessous, après la traduction, une autre vidéo mettant en vedette cette chanson (préenregistrée), superposée à des images de l’entraînement militaire d’Al-Baraa Bin Malik dans l’État de Khartoum.

Paroles traduites
 
At the new dawn, we shall return and beseech God with praise in prostration. We shall return to fill the streets with cries of tahlil [“there is no God but God”] and takbir [“God is great”] as the multitudes assemble. We shall shake every quarter like a volcano, with all the worlds as witness. We shall return from where endings become beginnings, Wearing down all who dare oppose our ascent. We shall return though darkness reigns and oppressive gloom covers the land — for darkness is no barrier to our longing, our devotion, our consecration, and our steadfastness... We shall return with Al-Qa’qa’, with Al-Bara’ [early Islamic commanders], With the martyrs and thousands of soldiers, We shall return to saddle our horses for glory and an eternal legacy... The summer of victory, and returning, the Soldiers of God... We shall return either to glory, or to live in Paradise [as martyrs].
 
Je reviendrai
 
 

Contrairement au style a cappella des vidéos ci-dessus, cette chanson est mise en musique sur des instruments de musique dans le style traditionnel soudanais. Les paroles sont tirées d’un poème de Yusuf al-Qaradawi (1926–2022), érudit égypto-qatarien des Frères musulmans égypto-qatari, un religieux controversé connu pour son soutien théologique aux attentats-suicides palestiniens, y compris contre des cibles civiles.

Le poème constitue un rejet total du processus politique non violent au profit de la lutte armée, déclarant : « Le langage du sang est mon langage, et rien que le sang — j’ai fermé ma bouche à tous les arts de la parole, et laissé le fusil parler au fusil. » Le poème se termine par un appel à suivre l’exemple de Salah al-Din al-Ayyubi, le commandant musulman médiéval qui reprit Jérusalem aux Croisés en 1187.

La musique est superposée à des images des Sudan Shield Forces (un groupe paramilitaire soutenu par la SAF) dans l’État du Nord-Kordofan, avec la personnalité islamiste Farhat Wad Alomda visible au premier plan — plaçant un poème écrit sur la Palestine directement dans le registre idéologique des factions armées islamistes soudanaises, pour lesquelles la tradition de la résistance palestinienne et la guerre civile soudanaise font partie d’une lutte djihadiste continue.

Paroles traduites
 
I am returning — I have sworn that I am returning, and the truth bears witness for me, and what a witness it is. With me is the projectile and the eternal Book [Quran], and faith leads me — what a leader it is. I have grown weary of poetry lamenting my catastrophe, and I refused to hear anything but the poetry of revolution. So leave off the wailing — for nothing shall restore my homeland but the roar of fire on the day of the raid. The language of blood is my language, and nothing but blood — I have shut my mouth to all the arts of speech and left it to the rifle to do the talking, to turn the enemy’s lairs into hellfire. The idol of fears and desires I have smashed, and the routine of my life I have scorned and grown sick of. The rage-filled hatred in my chest I have kept suppressed — until what I have resolved gives it release. O holy Jerusalem, O land of sacrifice, I have sworn to make of you the graveyard of the enemy. I have tasted death’s bitterness if I do not return to you as master — the taste of perishing is better than a life of exile and wandering. I do not fear death when it approaches — rather I hasten my steps toward it at a run, for it is the path to victory for a people in trial, and beyond it lies Paradise — what a blessed dwelling. O my brothers, rise for the appointed day. Here is my hand — place your hands in mine. Do not remind me of yesterday; we are with tomorrow, and we have Salah [al-Din al-Ayyubi] as our example — let us follow his lead.
Nous n’avons pas faibli
 

Cette chanson déclare que ses chanteurs sont « descendants d’Al-Muthanna », un conquérant de l’Irak et de la Perse du VIIe siècle dans la première génération après le prophète Mohamed. Initialement écrit par le poète palestinien Jihad al-Turbani, il a été adopté par des militants soudanais qui présentent la lutte militaire actuelle au Soudan comme faisant partie d’une histoire plus large de guerres et de conquêtes religieuses.

 
Paroles traduites
 
Chorus: We have not faltered, we have not faltered— We are the descendants of al-Muthanna. On the road of glory we marched— Ask history about us. Our glory is Dhāt al-Salāsil [a battle fought in 629 CE / 8 AH], Our honor is the walls of Tustar [Khuzestan]. And ask the Palace of al-Madā’in [Ctesiphon], Where al-Qaʿqāʿ [a commander] raised the cry. We do not care — if we wished, To tear off the peaks of mountains, In the path of God we marched, Across the fields of battle. O history, we have returned— We have come back anew With blood we have written A page of ancient glory. Ask the soldiers of the Cross, Ask the soldiers of the Tatars: Did we ever despair of battle, Or were we broken by any siege? And remember the conquest of Mecca, After patience and waiting — And Tariq [Umayyad commander] in the valley of Lakka [Guadalete, Spain], Who rode the waves of the sea. Ask Dhāt al-Sawāri [Arab naval victory over Byzantium, 655 CE / 34 AH], Ask the deserts about us. We are seekers of high deeds— We are devotees of the night.
Nous sommes les islamistes
 
 

Ce simple chant d’appel et de réponse comporte de fortes rimes et jeux de mots, et convient parfaitement aux contextes de formation militaire, pour l’endoctrinement et le moral. La chanson se targue du dévouement des chanteurs à la cause islamiste, déclarant : « Nous sommes les moudjahidines [combattants], nous sommes les keezan [islamistes]. »

L’utilisation du mot « keezan » réutilise avec défi une insulte anti-islamiste popularisée lors du soulèvement civil de 2018-2019, lorsque des manifestants laïques pro-démocratie ont réussi à renverser temporairement les dirigeants islamistes de longue date du Soudan. Dans ce contexte, les chanteurs s’identifient fièrement à l’étiquette, rejetant toute connotation négative.

Deux versions vidéo de cette chanson sont présentées ici (ci-dessus et ci-dessous). Les paroles des chansons varient légèrement selon l’interprète. Certaines versions incluent des paroles louant Omar Al-Bashir, Al-Misbah Talha et Abdel Fattah Al-Burhan.

Paroles traduites
 
We are the mujahidin [fighters/jihadists] — ya Allah [O God], Against the rebels — ya Allah, Al-Baraa Battalions — ya Allah, We are the Keezan — ya Allah, In every place — ya Allah, We are the Brotherhood — ya Allah, On the field [of battle] — ya Allah, Either we will rule — ya Allah, Or we will die as martyrs — ya Allah, There's no coward among us — ya Allah, '56 [Sudan's year of indepedence] — ya Allah, For the protection of religion — ya Allah...
 
 
Chansons supplémentaires
 

Plusieurs chansons supplémentaires sont incluses ici sans traduction, afin de fournir un échantillon plus large de la musique du conflit en cours.

Les cadets d’Al-Baraa Bin Malik récitent une chanson djihadiste en présence d’officiers supérieurs des forces armées soudanaises qui récitent avec eux : État du Nil bleu :

 

Endoctrinement des cadets dans l’État du Nil Bleu, filmé au même endroit :

 

Le commandant du Corps blindé des SAF, le général de division Nasr El-Din Abdel Fattah chantant « Pillars », qui dit en partie : « Le chemin de notre appel est le djihad, et la mort est l’aspiration de ceux qui sont appelés à la vérité. » Les paroles sont de Walid Al-Azami, une figure éminente du XXe siècle au sein des Frères musulmans en Irak.

 

Commandants d’Al-Baraa Bin Malik dans l’État de Khartoum :

 
Cotisations individuelles et organisationnelles
 

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