Complicité entre les deux institutions tchadiennes

Dimanche 31 Mai 2026

Cela montre que les deux institutions sont complices de l’injustice, et il n’est pas question de soutenir l’une ou l’autre. Cependant, il est possible que la magistrature profite de la dérive bien réelle du ministre de la Sécurité pour réclamer des réformes qui renforceraient son indépendance, redorer l’image d’une justice ternie et, enfin, se rapprocher de la population.


 

En haut, les deux blocs, exécutif et judiciaire, échangent dans les deux sens. La junte militaire au pouvoir nomme les hauts magistrats (Procureur, Cour suprême, Conseil constitutionnel ; en retour, la justice couvre les dérives du pouvoir. Ce double flux est représenté par les flèches pointillées entre les deux blocs.

De chaque côté descendent les mécanismes concrets : à gauche, les ingérences directes des préfets et gouverneurs sur les juges, et les menaces contre ceux qui résistent ; à droite, les décisions monnayées et la justice à deux vitesses qui protège les puissants.

Au centre, le pacte d'impunité, zone d'intersection des deux systèmes, représente la corruption réciproque et la couverture mutuelle qui cimentent l'ensemble.

Tout cela converge vers le bas en une seule flèche : la population tchadienne, sans recours, sans protection, sans confiance dans ses institutions.

Cela montre que les deux institutions sont complices de l’injustice, et il n’est pas question de soutenir l’une ou l’autre. Cependant, il est possible que la magistrature profite de la dérive bien réelle du ministre de la Sécurité pour réclamer des réformes qui renforceraient son indépendance, redorer l’image d’une justice ternie et, enfin, se rapprocher de la population.


Mahamat Saleh Abdelsalam
Analyste, chercheur associé du CEDPE