Des proches du commandant tués lors d’une tentative d’assassinat à l’aide d’un drone longue portée

Mardi 5 Mai 2026

Vague d’attaques de drones des RSF contre les nœuds de commandement, les infrastructures, les positions arrière


Une frappe de drone, largement attribuée aux Rapid Support Forces (RSF), a visé la résidence familiale d’un déserteur éminent des Rapid Support Forces (RSF) dans l’est de l’État d’Al-Jazirah samedi soir, tuant plusieurs de ses proches alors qu’il survivait indemne à l’attaque.

Abu Agla Keikel était le chef des forces d’occupation des RSF dans l’État d’Al-Jazeera avant de rejoindre les Forces armées soudanaises (SAF) en octobre 2024 et de devenir commandant d’une milice alliée aux SAF, Sudan Shield. L’attaque contre son domicile coïncide avec une vague d’attaques de drones des RSF ces derniers jours qui ont touché l’aéroport de Khartoum, une installation de stockage de carburant de la Kenana Sugar Company Limited dans l’État du Nil Blanc, un véhicule militaire en périphérie d’Omdurman, ainsi que d’autres cibles militaires et économiques dans le centre du Soudan.

Des sources locales ont indiqué au Sudan War Monitor qu’un véhicule aérien sans pilote avait été observé en train de tournoyer au-dessus du village de Zaidan al-Kahli (14°40'12,78"N, 33°41'47,38"E) pendant plusieurs minutes avant de lancer une série de frappes sur l’enceinte résidentielle. Des témoins ont décrit le bruit d’au moins deux explosions, suivies de fumée s’élevant des structures ciblées.

La frappe a tué six personnes, dont le frère de Keikel, le major Azzam Keikel, qui occupait un rôle de commandement au sein des forces du Bouclier soudanais. Parmi les autres victimes figuraient des membres de la famille élargie Keikel ainsi que des personnes présentes à la résidence au moment de l’attaque. Plusieurs autres victimes ont été signalées parmi les habitants à proximité, bien que le bilan total reste incertain en raison de l’accès limité et des communications dans la zone.

Vidéo TikTok des dégâts causés au domaine familial Keikel :

 

Keikel lui-même aurait été à proximité immédiate de la résidence lors de la frappe, mais il n’a pas été blessé. Le commandant, qui recrute principalement ses troupes dans la région de Butana, dans les États d’Al-Jazirah et Gedaref, est souvent la cible de la virulence et des insultes de la RSF depuis sa défection en octobre 2024.

Il n’y avait pas de déclaration officielle des Forces du Bouclier du Soudan au moment de la publication, mais dans un discours prononcé depuis Kordofan deux jours après la frappe, Keikel Himseelf a déclaré que ses forces « attendent tout », y compris la perte d’enfants et de femmes, présentant l’attaque comme une représaille pour ce qu’il a décrit comme « les leçons que nous avons données à la milice ».

Il était présent dans le village au moment de la grève et n’a plus parlé publiquement de l’incident depuis. Sa présence à Kordofan pour ce discours semble destinée à projeter de la résilience après l’attaque contre la maison familiale, signalant que la perte de ses proches n’a pas modifié sa position.

Individuellement, des personnes affiliées au groupe ont également publiquement pleuré les victimes, décrivant la frappe comme une cible délibérée de civils et de membres de leurs familles. Cet incident marque au moins la troisième frappe de drone connue visant des positions ou du personnel du Bouclier soudanais.

Le général Keikel (à gauche) et son frère aujourd’hui décédé (à droite) Punir la déloyauté
 

Le ciblage de la résidence de Keikel semble cohérent avec un schéma plus large de représailles des RSF contre les déserteurs et les commandants alliés aux États-Unis. Ces derniers mois, plusieurs individus associés aux SAF ou à des groupes alliés ont été ciblés dans des zones éloignées ou en arrière, souvent par des frappes de drones plutôt que par des engagements terrestres directs.

Les récentes défections très médiatisées des RSF, notamment celle de Nur al-Qubba, un haut commandant des RSF au Darfour du Nord, et de Safana, un autre officier influent actuellement à l’étranger, ont accru la pression sur la direction des RSF pour dissuader de nouvelles défections. Cibler les réseaux familiaux et les complexes résidentiels sert à la fois à des fins punitives et de signalisation dans ce contexte.

À Omdurman, des drones ont été utilisés pour cibler à la fois des positions militaires et des véhicules civils le long de routes clés, y compris la route Triangle al-Jumuiya. Cette activité fait suite à des rapports de déploiements par des forces associées à Nur al-Qubba dans la région, bien que les frappes semblent avoir touché des véhicules de la Force interarmées. À El-Obeid, une grève aurait frappé le siège de la télévision d’État, causant d’importants dégâts aux infrastructures. Pendant ce temps, à Kenana, un dépôt de carburant a été frappé, suggérant un effort pour perturber les chaînes d’approvisionnement et l’activité économique dans les zones contrôlées par les SAF.

Les données de détection d’incendie et les images satellites de Google/Maxar Technologies de la NASA FIRMS (VIIRS) confirment un incendie actif dans l’installation de stockage de carburant à l’intérieur de l’usine de sucre Kenana, le 3 mai 2026. Analyse du Darfour Network for Human Rights.

Ce schéma indique un élargissement des capacités opérationnelles des drones des RSF, s’étendant bien au-delà des lignes de front actives au Kordofan et au Darfour, vers des zones plus profondes sous contrôle des SAF. L’utilisation de drones permet aux RSF de projeter leur force sur de longues distances sans maintenir une présence terrestre continue, réduisant ainsi l’exposition aux contre-attaques des SAF.

Origine des attaques par drones
 

Le point d’origine des récentes attaques de drones dans le centre du Soudan reste non confirmé. Les RSF ne disposent actuellement pas de positions terrestres soutenues dans le centre du Soudan, et les positions de première ligne au Kordofan du Nord restent contestées et vulnérables aux frappes aériennes des SAF.

Compte tenu de ces contraintes, un axe de lancement plausible provient de l’ouest de l’Éthiopie, en particulier de l’aéroport d’Assosa (10°01'32,32"N, 34°34'30,18"E), une zone connue d’activité des RSF. Une enquête menée par Reuters a identifié des activités logistiques et de formation liées à la RSF dans la région de Benishangul-Gumuz en Éthiopie, y compris des installations utilisées pour des opérations transfrontalières et la mobilisation des forces.

Le lancement de drones depuis le territoire éthiopien permettrait aux RSF de préserver des systèmes UAV de grande valeur en les maintenant hors de portée des propres moyens aériens de la SAF, tout en menant des frappes longue portée sur le centre du Soudan. Les RSF ont utilisé le territoire éthiopien à des fins de formation et de logistique.

Alternativement, les RSF pourraient utiliser un site de lancement temporaire au Kordofan du Nord ou du Sud. Bien que le groupe soit peu susceptible de baser des drones de grande valeur dans ces États de première ligne, il pourrait lancer des drones « kamikaze » moins chers depuis ces zones. La RSF est connue pour posséder à la fois des drones lance-missiles CH-95 à longue portée et des drones Delta-Wing de style Shahed moins chers (drones « kamikaze »). Le type de drone utilisé dans les dernières attaques reste incertain, bien que la capacité à traîner, identifier des cibles spécifiques et livrer plusieurs munitions sur de longues distances suggère un système plus avancé que les quadricoptères commerciaux.

L’armée soudanaise a de plus en plus rencontré des difficultés pour contrer de telles menaces. Entre-temps, elle a intensifié sa propre campagne aérienne dans la région du Darfour, contrôlée par les RSF. Les cibles récentes incluent l’hôpital universitaire El Daeindeux marchés à Nyala, le camp de déplacés Al-Hamadiya à Zalingei, la mine d’or d’Abash dans la région de Songo, et un mariage à Kutum,

 
 

Sudan War Monitor