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Désengagé, déradicalisé, Repenti, Désassocié…quelle différence ?

Samedi 5 Septembre 2020

Au Tchad, c’est le concept de désengagement qui convient le mieux, dans le cadre de l’analyse des mouvements de reddition des éléments du groupe terroriste Boko Haram.


La radicalisation est un processus par lequel un individu adopte des idées et des vues qui le conduiront à légitimer la violence. Un groupe d’experts la définie comme « une socialisation vers l’extrémisme qui se manifeste dans le terrorisme ». Cette définition fait un lien entre radicalisation, extrémisme violent et terrorisme. Une personne radicalisée ou extrémiste n’est pas forcement violente. C’est au moment où celle-ci abandonne les modes démocratiques d’expression au profit de l’usage de la violence et/ou de la force massive et généralisée pour atteindre ses objectifs politiques, religieuse qu’on parlera de l’extrémisme violent ou du terrorisme. Le processus de radicalisation peut s’opérer au niveau individuel ou collectif par des transformations psychologique, comportementale, affective et idéologique. Ces transformations contribueront à façonner l’individu ou le groupe a son nouvel environnement radical et établiront une dualité entre son ancien groupe et lui. La déradicalisation, quant à elle, est un processus visant à un changement complet d’idées, de pensées, de comportements d’une personne exposée à une idéologie extrémiste afin de lui faire renoncer à la violence et accepter les valeurs démocratiques de la liberté individuelle. Il est possible d’en arriver à l’abandon de la violence comme moyen politique afin d’atteindre ses objectifs.Toutefois, la déradicalisation d’un individu ou d’un groupe semble difficile sur le court terme, car les idées et les croyances peuvent être profondément ancrées dans la personne. La plupart des experts préfèrent le terme « désengagé » parce qu’il désigne plus clairement le fait de se dissocier du groupe extrémiste, de renoncer à l’usage de la violence, mais également de démissionner d’un groupe extrémiste et de quitter/déserter le maquis pour se rendre aux autorités de défense et de sécurité légales. Il peut être désengagé sans pour autant renoncer à l’idéologie islamiste, car pour être repenti, il doit bénéficier de séances de désendoctrinement. En prenant l’exemple de l’histoire algérienne, on s’aperçoit que la plupart des mouvements radicaux avaient accepté de se libérer à travers un processus politique (amnistie, négociation…), mais ils n’avaient pas pour autant renoncé à l’idéologie islamiste. Pour preuve, ce sont une partie de ces anciens associés qui fonderont Al-Qaïda au Maghreb Islamique, contribuant par la suite à disséminer le savoir-faire jihadiste aux autres groupes terroristes écumant actuellement dans l’espace du G5 Sahel.
Au Tchad, c’est le concept de désengagement qui convient le mieux, dans le cadre de l’analyse des mouvements de reddition des éléments du groupe terroriste Boko Haram. En l’absence d’un cadre infrastructurel ou d’un programme de déradicalisation, les ex-combattants de Boko Haram sont rentrés sans avoir abandonné les idées extrémistes qui étaient à l’origine de leur engagement dans le groupe. Ils ont regagné le Tchad sans avoir reçu un programme de déradicalisation ou un accompagnement socio-professionnel pour leur réinsertion (...)

 A suivre la parution de l'ouvrage fin septembr, intitulé:
"
Les désengagés de Boko Haram, une bombe à retardement" 
par le 
Centre d’études pour le développement et la prévention de l’extrémisme (CEDPE), 
N’Djamena, Tchad, tel : 00235 65031560, 
mail : yacoubahmat@aol.com


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