Alors que plus de 90 % des échanges commerciaux africains transitent par la mer, l’économie bleue reste largement sous-exploitée sur le continent. Faraj Abdelmalek, expert à la Banque mondiale, appelle les pays africains à dépasser la logique sectorielle pour bâtir une véritable stratégie maritime intégrée fondée sur la gouvernance, la donnée et l’innovation.
À l’heure où les routes maritimes mondiales se recomposent sous l’effet des tensions géopolitiques et des mutations du commerce international, l’Afrique cherche à transformer son immense potentiel maritime en véritable moteur de croissance. Invité lors de l’African Maritime Symposium organisé à Rabat par le Policy Center for the New South, Faraj Abdelmalek, expert à la Banque mondiale, spécialiste dans la gestion des ressources halieutiques et l'économie bleue en Afrique, a plaidé pour une approche plus intégrée et structurée de l’économie bleue sur le continent.
Pour l’expert, l’un des principaux défis africains réside dans la fragmentation des politiques maritimes. « L’économie bleue n’est pas une simple addition de secteurs », a-t-il expliqué, estimant que la pêche, les ports, le transport maritime, le tourisme côtier ou encore les ressources littorales doivent être pensés dans une logique de chaîne de valeur intégrée.
Selon lui, cette vision systémique devient aujourd’hui indispensable pour accompagner la transformation économique des pays africains, alors que près de 90 à 95 % des échanges commerciaux du continent transitent par les espaces maritimes et portuaires.
Dans ce contexte, Faraj Abdelmalek considère que l’Afrique dispose d’une fenêtre stratégique majeure, à condition d’investir simultanément dans les infrastructures, la gouvernance et l’exploitation intelligente des ressources maritimes. À défaut, plusieurs segments du secteur maritime pourraient devenir des « verrous » freinant la compétitivité économique et la création d’emplois.
L’expert de la Banque mondiale a particulièrement insisté sur trois leviers qu’il juge déterminants pour faire émerger une véritable économie bleue africaine : la gouvernance, le financement et l’accès à l’information.
Sur ce dernier point, il a alerté sur le déficit d’accès à la donnée maritime et océanique pour les opérateurs économiques africains. « La connaissance existe, mais elle n’est pas suffisamment accessible », a-t-il précisé, estimant que le développement du secteur ne pourra se faire sans l’implication active des PME, des entreprises innovantes et des start-up spécialisées.
Pour Faraj Abdelmalek, l’enjeu ne se limite donc pas au financement des projets maritimes. Il s’agit aussi de démocratiser l’accès aux données liées aux océans, aux ressources côtières et aux activités portuaires afin de permettre aux acteurs privés de développer de nouveaux services et modèles économiques.
Cette approche traduit une évolution plus large des réflexions autour de l’économie bleue en Afrique. Au-delà des infrastructures portuaires ou de la pêche, les débats portent désormais sur la capacité du continent à bâtir une souveraineté maritime fondée sur la technologie, la valorisation des données et l’intégration régionale.
Mounia Kabiri Kettani À l’heure où les routes maritimes mondiales se recomposent sous l’effet des tensions géopolitiques et des mutations du commerce international, l’Afrique cherche à transformer son immense potentiel maritime en véritable moteur de croissance. Invité lors de l’African Maritime Symposium organisé à Rabat par le Policy Center for the New South, Faraj Abdelmalek, expert à la Banque mondiale, spécialiste dans la gestion des ressources halieutiques et l'économie bleue en Afrique, a plaidé pour une approche plus intégrée et structurée de l’économie bleue sur le continent.
Pour l’expert, l’un des principaux défis africains réside dans la fragmentation des politiques maritimes. « L’économie bleue n’est pas une simple addition de secteurs », a-t-il expliqué, estimant que la pêche, les ports, le transport maritime, le tourisme côtier ou encore les ressources littorales doivent être pensés dans une logique de chaîne de valeur intégrée.
Selon lui, cette vision systémique devient aujourd’hui indispensable pour accompagner la transformation économique des pays africains, alors que près de 90 à 95 % des échanges commerciaux du continent transitent par les espaces maritimes et portuaires.
Dans ce contexte, Faraj Abdelmalek considère que l’Afrique dispose d’une fenêtre stratégique majeure, à condition d’investir simultanément dans les infrastructures, la gouvernance et l’exploitation intelligente des ressources maritimes. À défaut, plusieurs segments du secteur maritime pourraient devenir des « verrous » freinant la compétitivité économique et la création d’emplois.
L’expert de la Banque mondiale a particulièrement insisté sur trois leviers qu’il juge déterminants pour faire émerger une véritable économie bleue africaine : la gouvernance, le financement et l’accès à l’information.
Sur ce dernier point, il a alerté sur le déficit d’accès à la donnée maritime et océanique pour les opérateurs économiques africains. « La connaissance existe, mais elle n’est pas suffisamment accessible », a-t-il précisé, estimant que le développement du secteur ne pourra se faire sans l’implication active des PME, des entreprises innovantes et des start-up spécialisées.
Pour Faraj Abdelmalek, l’enjeu ne se limite donc pas au financement des projets maritimes. Il s’agit aussi de démocratiser l’accès aux données liées aux océans, aux ressources côtières et aux activités portuaires afin de permettre aux acteurs privés de développer de nouveaux services et modèles économiques.
Cette approche traduit une évolution plus large des réflexions autour de l’économie bleue en Afrique. Au-delà des infrastructures portuaires ou de la pêche, les débats portent désormais sur la capacité du continent à bâtir une souveraineté maritime fondée sur la technologie, la valorisation des données et l’intégration régionale.
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