Sous la loupe

Faut-il résoudre la guerre russo-ukrainienne avant les conflits africains ?

Vendredi 28 Aout 2026

La question mérite d'être posée, mais la réponse est probablement non.
Il serait illusoire d'attendre la fin de la guerre russo-ukrainienne pour commencer à résoudre les conflits africains. Le Mali ne peut pas attendre la paix entre Moscou et Kyiv pour résoudre ses problèmes internes. Le Soudan ne peut pas attendre un accord russo-ukrainien pour mettre fin à sa guerre.
La Libye ne peut pas attendre la fin de la confrontation européenne pour reconstruire son État.
Les conflits africains ont leurs propres racines et doivent être traités à partir de leurs causes propres.
Mais cela ne signifie pas que le contexte géopolitique international soit sans importance. Au contraire. Une paix durable en Afrique nécessitera aussi une réduction des rivalités internationales qui alimentent, financent ou prolongent certains conflits.
Il faut donc agir sur les deux niveaux : résoudre les causes locales tout en empêchant la militarisation géopolitique des conflits africains.
 
Une catastrophe humanitaire silencieuse
Pendant que les puissances s'affrontent indirectement, les populations déplacées continuent de s'accumuler.
Des familles quittent leurs villages.
Des enfants cessent d'aller à l'école.
Les agriculteurs abandonnent leurs terres.
Les éleveurs perdent leurs troupeaux.
Les marchés sont détruits.
Les infrastructures sanitaires s'effondrent.
Et les organisations humanitaires, malgré leur engagement, sont confrontées à des besoins qui dépassent souvent leurs capacités.
Au Soudan, cette situation a atteint une dimension catastrophique, avec une guerre qui s'est transformée en crise régionale et en l'une des plus graves crises humanitaires du continent. Les conflits alimentés par les soutiens extérieurs, les armes et les combattants étrangers aggravent encore les déplacements de populations et les souffrances civiles.
Au Sahel également, l'insécurité continue de provoquer des déplacements massifs et de fragiliser davantage des communautés déjà pauvres.

MS. Abdelsalam
Analyste chercheur associé au CEDPE
SAhl7 - www.centrerecherche.com