Il est compréhensible que les magistrats refusent de se faire sermonner par un corps aussi souvent accusé de corruption que la police

Vendredi 29 Mai 2026

Que les magistrats refusent de se faire sermonner par un corps aussi souvent accusé de corruption que la police peut rendre leur réaction compréhensible, voire légitime.


Selon plusieurs indiscrétions provenant d’agents du cadastre, il existerait de nombreuses fausses ordonnances. Les magistrats savent que plusieurs de leurs collègues seraient impliqués dans la production de ces documents. Il est temps que la justice tchadienne se refasse une virginité, tant les soupçons de corruption qui pèsent sur elle sont connus de tous. Ce serait une grave malhonnêteté de refuser de reconnaître cette réalité. Au XXIe siècle, lorsque la population se tourne vers les chefs traditionnels pour régler des affaires aussi graves que des meurtres, cela traduit clairement un profond désaveu de l’institution judiciaire. Que les propos du ministre aient été sortis de leur contexte est une question secondaire qui mérite peu d’attention. En revanche, que les magistrats refusent de se faire sermonner par un corps aussi souvent accusé de corruption que la police peut rendre leur réaction compréhensible, voire légitime. Il faut surtout poser la véritable question : combien de domaines fonciers publics et combien de propriétés appartenant à de paisibles citoyens ont été spoliés à travers ces fausses ordonnances ? Ces affaires sont connues et plusieurs dossiers sont encore pendants devant les juridictions. Chercheur ZO