Kenya: des soldats britanniques accusés de violences sexuelles et de graves dommages écologiques par des députés kényan

Vendredi 5 Décembre 2025

Depuis 1964, une unité de l’armée britannique est stationnée au Kenya, peu après l’indépendance du pays. Cette présence militaire, connue sous le nom de British Army Training Unit Kenya (Batuk), forme chaque année jusqu’à 4 000 fantassins britanniques et plus de 1 000 soldats kenyans. La base principale est située près de la ville de Nanyuki.


L’enquête parlementaire

Le Parlement kényan a publié le 25 novembre un rapport accablant sur les activités de la Batuk. Menée par la commission ministérielle chargée de la défense, du renseignement et des relations étrangères, l’enquête s’appuie sur :

Des témoignages recueillis lors d’audiences publiques dans les comtés de Laikipia et Samburu.

Des déclarations orales et écrites de victimes, de dirigeants locaux, d’organisations de la société civile et d’organismes publics.

Violations des droits humains

Les conclusions mettent en lumière une tendance inquiétante d’inconduite sexuelle :

Violences sexuelles, agressions et abandons d’enfants conçus par des soldats.

Affaires abandonnées ou mal traitées par les autorités locales, privant les victimes d’accès à la justice.

Ingérences et obstructions dans les enquêtes, attribuées au personnel de la Batuk.

Un cas emblématique est celui d’Agnes Wanjiru, une jeune mère de 21 ans retrouvée morte en 2012 dans une fosse septique à Nanyuki. Un soldat britannique, Robert James Purkiss, a été arrêté au Royaume-Uni le 6 novembre dernier, accusé d’être son meurtrier.
Dommages environnementaux

Le rapport dénonce également de graves atteintes à l’environnement :

Exécution arbitraire d’un berger et blessures infligées à des habitants.

Avions militaires effrayant délibérément le bétail pour nuire aux agriculteurs.

Dégradations écologiques dans les zones d’entraînement de Laikipia et Samburu : explosions, feux de brousse, perturbation des habitats naturels et des couloirs de migration de la faune.

Conséquences négatives sur la santé publique, les moyens de subsistance et les efforts de conservation. Conclusion

Le rapport de 94 pages souligne que l’armée britannique a souvent rejeté les plaintes comme « fausses », sans jamais publier ses conclusions. Les députés kényans estiment que la Batuk, censée être un partenaire de coopération militaire, est devenue une source de violations graves des droits humains et de dégradations environnementales, suscitant une profonde inquiétude au sein des communautés locales.

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