Dans la plupart des pays africains et ce jusqu'à récemment, l'union entre jeunes gens - fille et garçon - était arrangée. Chez les monothéistes, qui croient en un seul Dieu, Juifs, Chrétiens et Musulmans, le mariage est un fait religieux. Les démarches comme les cérémonies varient d'une communauté à l'autre, souvent empreintes de tâches culturelles.
C'est une question de parents, de famille, voire de clan. Derrière l'idée du mariage, il y a celle de la procréation, de la diplomatie sociale. Jusqu'à il y a quelques dizaines d'années, l'avis du garçon et de la fille importait peu, les parents décidaient et c'était tout. Dans tous les cas, on considérait le garçon et la fille comme des enfants.
En milieu rural, le mariage peut être précoce : 20 ans pour le garçon et 16 ans pour la fille. Lorsque survient la première naissance un an après le mariage, le couple est en réalité composé de trois enfants. Avec l'éducation formelle et religieuse, les choses ont changé profondément.
La stratégie des hommes
Dans les mariages précoces, à 40 ans, à l'âge de l'inflexion, la femme se retrouve souvent être mère de 3 à 4 enfants. Sans éducation, avec plusieurs enfants à charge et sans espoir de trouver un autre prétendant, elle est contrainte de passer le reste de sa vie dans ce foyer, quelle que soit la situation. C'est souvent en milieu rural que cela se passait.
Toute stratégie a son revers. La femme, elle, joue sur l'âge du mari. Elle sait qu'à partir de 50 ans l'homme tire vers la retraite et que les premières maladies apparaissent - mobilité réduite, maladies chroniques, etc. Sans ressources financières et avec de fréquentes visites à l'hôpital, lui aussi n'a plus d'autre choix que de se calmer, car si Madame s'en allait, il n'aura aucune chance de trouver une alternative. Aucune femme, rurale ou urbaine, ne voudra d'un mari à la retraite souvent malade.
Aujourd'hui, la donne a changé.
Dans la plupart des cas, les mariages ne sont plus des contraintes sociales et des arrangements familiaux. Le mariage est plus tardif, plus responsable et plus durable, entre des couples qui ont presque le même niveau d'éducation académique et le même profil professionnel. En général, les mariages choisis sont plus stables. Le mari n'a plus besoin de piéger l'épouse pour qu'elle reste au foyer, et elle n'a plus besoin de piéger le mari pour qu'il se calme à cause de sa vulnérabilité physique et parfois socio-économique.
L'école a permis à la femme de s'épanouir, d'être responsable et respectée. En d'autres termes, les couples choisissent désormais de cheminer ensemble par choix et par conviction et non plus par contrainte.
Le progrès passera inévitablement par l'épanouissement culturel, professionnel et socio-économique de la femme africaine. Il faut balayer ce miroir brisé qui illustre la société ancienne qui a amputé la femme de tout son potentiel humain et intellectuel. Il n'est pas question de glorifier les femmes, elles sont déjà des gloires. Une société qui sait faire d'elles une valeur ajoutée avance. Une société moderne doit constamment solliciter leur génie, en temps de paix comme en temps de crise.