L'armée soudanaise se félicite des défections enregistrées au sein des Forces de soutien rapide (FSR). Ces ralliements seraient souvent facilités par la coopération entre des officiers ayant quitté les FSR, des figures tribales influentes comme Moussa Hilal, ainsi que les services de renseignement militaires et civils soudanais.
Si ces défections constituent indéniablement un succès pour Khartoum dans le cadre du conflit en cours, plusieurs experts soudanais commencent toutefois à s'interroger sur l'avenir de ces anciens combattants. Une question essentielle se pose : que deviendront ces « revenants » une fois les combats terminés ? Dr. Zoubeida Abdelazim, membre de la société civile soudanaise.
Nombre d'analystes estiment que la stabilité future du Soudan dépendra largement de la capacité des autorités à mettre en œuvre un programme crédible de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). A défaut, le pays pourrait être confronté aux mêmes difficultés observées dans plusieurs États d'Afrique subsaharienne.
Au Tchad, au Niger, au Mali, au Burkina Faso ou encore en République centrafricaine, de nombreux anciens combattants issus de mouvements rebelles ou de groupes armés n'ont jamais bénéficié de véritables programmes de réinsertion. Souvent, les gouvernements ont laissé cette responsabilité à des partenaires étrangers dont les moyens et les ressources demeuraient limités. Dans plusieurs cas, cette situation a favorisé une reprise de la violence, les anciens combattants retournant dans les maquis ou rejoignant de nouveaux groupes armés faute d'alternatives économiques et sociales viables.
Dans le cas soudanais, ces interrogations prennent une dimension particulière alors que l'on assiste à la multiplication de groupes armés et de milices locales à travers le pays.
Dans le cas soudanais, ces interrogations prennent une dimension particulière alors que l'on assiste à la multiplication de groupes armés et de milices locales à travers le pays.
Cette fragmentation sécuritaire soulève plusieurs questions. Quelle est la stratégie à long terme du gouvernement ? Ces nouveaux groupes sont-ils destinés à répondre à des besoins sécuritaires temporaires ou préfigurent-ils une nouvelle phase de militarisation après la guerre contre les FSR ? Dr. Ahmat Yacoub Dabio, expert en gestion de conflits.
Certains observateurs s'interrogent également sur l'opportunité d'intégrer rapidement les combattants ayant fait défection dans les rangs des Forces armées soudanaises. Une telle option pourrait contribuer à réduire les risques de remobilisation, à condition qu'elle s'accompagne de procédures de sélection, de formation et d'encadrement rigoureuses.
Au-delà de la victoire militaire recherchée contre les FSR, le véritable défi pour les autorités soudanaises pourrait donc être celui de l'après-guerre. Comment transformer les défections actuelles en un processus durable de réconciliation et de stabilisation, plutôt que de voir émerger les conditions d'un nouveau cycle de violences.
Ramy Haroun
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel 7
www.centrerecherche.com
Au-delà de la victoire militaire recherchée contre les FSR, le véritable défi pour les autorités soudanaises pourrait donc être celui de l'après-guerre. Comment transformer les défections actuelles en un processus durable de réconciliation et de stabilisation, plutôt que de voir émerger les conditions d'un nouveau cycle de violences.
Ramy Haroun
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