Sous la loupe

L’heure du rassemblement de la diaspora tchadienne a-t-elle enfin sonné ? RV dimanche 26 à 19H (Heure Tchad)

Samedi 25 Juillet 2026

A l'origine de cette initiative se trouve Mme Aicha Mht Seid, qui porte un message simple mais ambitieux : unir les filles et les fils du Tchad autour d'un projet commun, celui de contribuer au développement du pays.



Le dimanche 26 juillet 2026 pourrait marquer un tournant dans l'histoire de la diaspora tchadienne. Pour la première fois, des Tchadiennes et des Tchadiens établis aux quatre coins du monde se réuniront dans le cadre d'une Assemblée générale virtuelle, avec l'ambition de poser les fondations d'une organisation commune. Au-delà de la simple tenue d'une réunion, c'est une vision nouvelle qui se dessine. Il s’agit de faire de la diaspora un acteur structuré du développement national.
 
A l'origine de cette initiative se trouve Mme Aicha Mht Seid, qui porte un message simple mais ambitieux : unir les filles et les fils du Tchad autour d'un projet commun, celui de contribuer au développement du pays.
Interrogée sur les objectifs de cette rencontre, elle affirme avec conviction :
« Ce rassemblement est apolitique et laïque. Nous n'acceptons pas que la politique, la religion, le tribalisme ou le régionalisme viennent détruire l'unité de la diaspora. Nous respectons les convictions de chacun et nous voulons bâtir une organisation capable d'être à la hauteur des responsabilités qui l'attendent. »

Cette déclaration résume à elle seule le défi auquel fait face la diaspora tchadienne. Depuis des décennies, les divisions politiques, ethniques, régionales ou confessionnelles ont souvent empêché l'émergence d'une véritable force collective. Pourtant, hors des frontières nationales, les Tchadiens partagent les mêmes difficultés d'intégration, les mêmes préoccupations pour leurs familles restées au pays et, bien souvent, le même désir de voir leur nation progresser.
 
L'initiative du 26 juillet ne prétend pas effacer ces différences. Elle propose plutôt de les dépasser au nom d'un intérêt supérieur : celui du développement du Tchad.
La tâche est immense. Les estimations évoquent près d'un million et demi de Tchadiens vivant à l'étranger, répartis sur plusieurs continents. Les réunir autour d'un même projet ne sera ni simple ni rapide. Les parcours, les réalités économiques, les sensibilités politiques et les attentes sont extrêmement diverses.
Il serait donc irréaliste de croire qu'une seule réunion suffira à créer une unité parfaite.
Mais toutes les grandes organisations ont commencé par une première rencontre. Toutes les grandes réussites collectives sont nées d'une idée qui, au départ, paraissait parfois irréalisable. Dr. Ahmat Yacoub Dabio, Expert en gestion de conflits, président du CEDPE.
L'histoire enseigne que les diasporas les plus influentes dans le monde ne sont pas devenues puissantes par hasard. Elles se sont progressivement dotées d'institutions, de mécanismes de solidarité, de fonds d'investissement, de réseaux professionnels et d'organisations capables de défendre leurs intérêts tout en soutenant le développement de leur pays d'origine.
 
Le Tchad dispose lui aussi d'un formidable capital humain à l'extérieur de ses frontières. Universitaires, chercheurs, médecins, ingénieurs, entrepreneurs, juristes, artistes, enseignants, étudiants, techniciens ou cadres internationaux représentent une richesse considérable. Pourtant, cette ressource reste largement sous-exploitée. MS. Abdelsalam, Chercheur, analyste.
La diaspora ne constitue pas uniquement une source de transferts financiers vers les familles restées au pays. Elle est également un réservoir d'expériences, de compétences, de réseaux internationaux et d'innovations qui pourraient contribuer au développement économique, éducatif, sanitaire et institutionnel du Tchad.
Encore faut-il créer un cadre crédible, transparent et inclusif permettant de mobiliser ces énergies.
C'est précisément l'enjeu de cette première Assemblée générale. Si elle parvient à instaurer des règles de gouvernance fondées sur la transparence, la responsabilité, la participation démocratique et la neutralité politique, elle pourrait devenir le point de départ d'une dynamique durable.
A l'inverse, si les rivalités personnelles, les calculs politiques ou les divisions identitaires prennent rapidement le dessus, cette initiative risquerait de rejoindre la longue liste des occasions manquées. Ramy Haroun, analyste, chercheur.
Le véritable défi ne sera donc pas seulement de créer un Bureau central. Il sera de préserver, dans la durée, la confiance des membres de la diaspora. Cette confiance repose sur quelques principes simples : une gestion financière rigoureuse, une gouvernance démocratique, une représentation équilibrée des différentes communautés et une communication permanente avec les membres.
Au fond, la diaspora tchadienne possède aujourd'hui une opportunité historique. Elle peut choisir de rester une communauté dispersée, riche de ses individualités mais faible collectivement. Ou bien elle peut décider de transformer sa diversité en une force organisée au service de l'intérêt général.
Le rassemblement du 26 juillet ne résoudra pas à lui seul tous les défis de la diaspora. Mais il peut constituer le premier pas d'une aventure collective qui, demain, permettra aux Tchadiens de l'étranger de devenir un véritable partenaire du développement national.
Car les grandes transformations ne naissent pas lorsque toutes les conditions sont réunies. Elles commencent le jour où des femmes et des hommes décident d'agir ensemble.
Le 26 juillet 2026 sera peut-être ce jour-là.

Sarah H. Salamane 
Analyste, chercheure associée au CEDPE
www.centrerecherche.com


 


- Lire l'appel à une Assemblée Générale en cliquant sur le lien suivant : Diaspora Tchadienne - Assemblée Générale, le dimanche 26 juillet 2026 à 19 H, Tchad -par ZOOM
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