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L’interview du général Ali Rizgallah Al-Safana constitue un développement important dans la guerre qui oppose les Forces de soutien rapide à l’Armée soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan.
Même si le ralliement récent de commandants influents des FSR à l’armée régulière ne représente pas un véritable revers militaire pour les FSR, il met tout de même en lumière les profondes fractures internes qui traversent le mouvement dirigé par la famille de Mohamed Hamdan Dagalo.
Selon les propos attribués à Al-Savanna, les FSR ne fonctionneraient plus comme une structure militaire institutionnelle, mais comme une organisation fortement centralisée autour du cercle familial Dagalo. Il aurait notamment évoqué la concentration des décisions stratégiques entre les mains de Hemedti et de ses frères ; l’absence de véritable chaîne de commandement professionnelle ; une gestion des ressources financières et militaires contrôlée par le clan familial ; des frustrations croissantes parmi certains commandants de terrain ; des inégalités dans la répartition des moyens militaires et financiers entre les différentes composantes des FSR.
Ces révélations alimentent une critique déjà largement répandue parmi les adversaires des FSR, celle d’une force devenue davantage un réseau politico-militaire familial qu’une armée structurée.
Le témoignage d’Al-Savanna est d’autant plus sensible qu’il émane d’un homme ayant appartenu au cœur opérationnel des FSR. Ses déclarations peuvent entraîner des conséquences sur l’impact psychologique et politique, sachant que la défection d’un commandant influent peut encourager d’autres officiers hésitants à quitter les FSR, surtout dans un contexte où les combats se prolongent et où les pertes humaines et matérielles augmentent.
Interrogé par Sahel 7, si les propos d’Al-Savanna peuvent-ils accentuer les divisions régionales et tribales au sein du mouvement ? Selon Dr. Ahmat Yacoub Dabio, expert en gestion de conflit :
Même si le ralliement récent de commandants influents des FSR à l’armée régulière ne représente pas un véritable revers militaire pour les FSR, il met tout de même en lumière les profondes fractures internes qui traversent le mouvement dirigé par la famille de Mohamed Hamdan Dagalo.
Selon les propos attribués à Al-Savanna, les FSR ne fonctionneraient plus comme une structure militaire institutionnelle, mais comme une organisation fortement centralisée autour du cercle familial Dagalo. Il aurait notamment évoqué la concentration des décisions stratégiques entre les mains de Hemedti et de ses frères ; l’absence de véritable chaîne de commandement professionnelle ; une gestion des ressources financières et militaires contrôlée par le clan familial ; des frustrations croissantes parmi certains commandants de terrain ; des inégalités dans la répartition des moyens militaires et financiers entre les différentes composantes des FSR.
Ces révélations alimentent une critique déjà largement répandue parmi les adversaires des FSR, celle d’une force devenue davantage un réseau politico-militaire familial qu’une armée structurée.
Le témoignage d’Al-Savanna est d’autant plus sensible qu’il émane d’un homme ayant appartenu au cœur opérationnel des FSR. Ses déclarations peuvent entraîner des conséquences sur l’impact psychologique et politique, sachant que la défection d’un commandant influent peut encourager d’autres officiers hésitants à quitter les FSR, surtout dans un contexte où les combats se prolongent et où les pertes humaines et matérielles augmentent.
Interrogé par Sahel 7, si les propos d’Al-Savanna peuvent-ils accentuer les divisions régionales et tribales au sein du mouvement ? Selon Dr. Ahmat Yacoub Dabio, expert en gestion de conflit :
La prise de parole d’un général dissident s’inscrit dans une bataille médiatique acharnée entre les deux camps. Elle peut fournir à l’armée soudanaise un atout politique et médiatique supplémentaire pour appuyer sa stratégie visant à dépeindre les FSR comme une milice familiale illégitime. Toutefois, il est peu probable qu’elle ébranle la cohésion interne des FSR, largement fondée sur des alliances tribales, économiques et personnelles.
A en croire un général des FSR ayant requis l’anonymat :
Les déclarations d’un dissident ne remettront pas en question notre capacité, au sein des FSR, à préserver notre cohésion, laquelle reposera largement sur la solidité du mouvement, ses ressources financières et le maintien des alliances tribales et régionales qui ont favorisé son expansion depuis le début du conflit.
Au-delà du cas individuel d’Al-Savanna, cette affaire révèle une réalité plus large. Après plus de trois ans de guerre, le conflit soudanais est entré dans une phase où les luttes internes, les rivalités de commandement et les calculs de survie politique deviennent aussi importants que les combats eux-mêmes.
Par M. Adelsalam
Sahel7