LA CAUSE PALESTINIENNE AVEC LA PARTICIPATION DE DELEGATIONS DE HAUT NIVEAU DES SECRETARIATS GENERAUX DE L’OCI, DE LA LEA ET DE LA COMMISSION DE L’UA

Jeudi 18 Décembre 2025

L ’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), la Ligue des États Arabes (LEA) et la Commission de l’Union africaine (UA) : REITERENT leur ferme condamnation des déclarations israéliennes visant à ouvrir le point de passage de Rafah dans un seul sens..


 

Dans le cadre du mécanisme de coordination conjoint entre les trois Organisations visant à soutenir la cause palestinienne, une réunion consultative sur l’évolution de la situation dans l’Etat de Palestine occupé, s’est tenue avec la participation de délégations de haut niveau des Secrétariats généraux de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), de la Ligue des États Arabes (LEA) et de la Commission de l’Union africaine (UA). La réunion a eu lieu, au siège du Secrétariat général de l’OCI, à Djeddah, Royaume d’Arabie Saoudite, le 16 décembre 2025. À l’issue de cette réunion, les trois Organisations ont rendu public le Communiqué conjoint suivant :

L’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), la Ligue des États Arabes (LEA) et la Commission de l’Union africaine (UA) :

CONSIDERENT que le plan de paix, annoncé par le Président des États-Unis d’Amérique et signé lors du Sommet international pour la paix, tenu à Charm El-Cheikh, en octobre 2025, sous parrainage égypto-américain, avec la participation et la signature de l’Etat du Qatar et de la République de Türkiye, et qui a été approuvé par le Conseil de Sécurité des Nations unies dans sa Résolution 2803, marque le début d’une voie menant à l’arrêt de l’effusion de sang, à la garantie de l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire, au retrait des forces d’occupation israéliennes, au rétablissement d’une vie normale, à la tenue au Caire d’une conférence internationale pour la mise en œuvre du Plan arabo-islamique de relèvement précoce et de reconstruction de la Bande de Gaza, ainsi qu’à l’ouverture d’un processus irréversible visant à concrétiser la solution à deux États.

REITERENT leur ferme condamnation des déclarations israéliennes visant à ouvrir le point de passage de Rafah dans un seul sens ; EXPRIMENT leur rejet catégorique de toute tentative ou de tout dessein destiné à déplacer de force la population palestinienne, que ce soit dans la Bande de Gaza ou en Cisjordanie ; et CONSIDERENT de tels actes comme étant un crime de guerre, une violation flagrante du droit international humanitaire et une menace grave pour la paix et la sécurité régionales et internationales.

METTENT EN GARDE contre les répercussions graves des politiques de l’occupation israélienne visant à rendre la Bande de Gaza invivable ; DENONCENT la politique de blocus et de famine systématique imposée par la puissance occupante israélienne à la Bande de Gaza et EXIGENT de contraindre Israël à ouvrir de manière permanente et sécurisée le point de passage de Rafah dans les deux sens, ainsi que l’ensemble des points de passage terrestres et maritimes, et à permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire.

ALERTENT contre la gravité de la poursuite des politiques de l’occupation israélienne en Cisjordanie, y compris à Al-Qods-Est, notamment à travers l’implantation de colonies, les arrestations arbitraires, les plans d’annexion et l’imposition d’une prétendue souveraineté israélienne, outre les incursions dans les villes, villages et camps, la démolition des maisons et des infrastructures, et le déplacement forcé de leurs habitants.

REAFFIRMENT l’illégalité de toutes les colonies israéliennes et l’impératif de leur démantèlement, de leur évacuation et du retrait de l’ensemble des colons du Territoire palestinien occupé, y compris Al-Qods-Est ; METTENT AUSSI EN GARDE contre la menace de l’escalade des crimes systématiques et des actes de violence et de terrorisme organisés perpétrés par des colons extrémistes, sous la couverture et la protection totales des forces d’occupation israéliennes, à l’encontre du peuple palestinien, de ses biens, de ses terres et de ses lieux saints ; APPELLENT, dans ce contexte, la Communauté internationale à mettre un terme à ces crimes, à demander des comptes à leurs auteurs conformément au droit pénal international, et EXIGENT le désarmement des colons, en application de la Résolution 904 du Conseil de Sécurité des Nations unies.

REFUTENT l’ensemble des décisions et mesures illégales prises par les autorités de l’occupation israélienne visant à modifier le statut politique, géographique et démographique de la ville d’Al-Qods occupée ; et INSISTENT sur la nécessité d’y mettre un terme et de préserver le statu quo historique et juridique des Lieux saints islamiques et chrétiens, dont notamment la Mosquée Al-Aqsa.

DENONCENT fermement les crimes de disparition forcée, d’exécutions, de mauvais traitements et de torture, ainsi que toutes les violations auxquelles sont soumis les détenus palestiniens dans les geôles de l’occupation israélienne, y compris l’irruption du Ministre extrémiste Itamar Ben-Gvir dans la cellule du leader national palestinien emprisonné Marwan Barghouti et sa menace de mort ; et
APPELLENT à exercer des pressions sur les autorités de l’occupation israélienne en vue de connaître le sort réservé aux prisonniers palestiniens, d’œuvrer à leur libération et de leur assurer la protection nécessaire, conformément au droit international.

APPELLENT la Communauté internationale à prendre toutes les mesures qui s’imposent afin de garantir que la puissance occupante israélienne rende compte de l’ensemble de ses violations et crimes, et d’en assurer la poursuite devant les tribunaux nationaux, régionaux et internationaux compétents, en particulier la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de Justice (CIJ) ; et SOULIGNENT la nécessité de mettre fin à l’impunité et de fournir une protection internationale au peuple palestinien.

CONFIRMENT que l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est le représentant légitime et unique du peuple palestinien ; INSISTENT sur la nécessité de soutenir et d’appuyer l’exercice par le Gouvernement de l’État de Palestine de l’ensemble de ses responsabilités sur tout le Territoire palestinien occupé, y compris la Bande de Gaza, en tant que partie intégrante et indissociable du territoire de l’État de Palestine, ainsi que la Cisjordanie et, tout particulièrement, la ville d’Al-Qods-Est ; LANCENT UN APPEL en faveur de la fourniture de toutes les formes de soutien nécessaires au Gouvernement palestinien ; et DEMANDENT à la Communauté internationale de contraindre la puissance occupante israélienne à libérer immédiatement et intégralement les recettes fiscales palestiniennes retenues illégalement.

ACCUEILLENT FAVORABLEMENT l’« Alliance d’urgence pour la durabilité financière de l’Autorité palestinienne », annoncée par le Royaume d’Arabie Saoudite en marge des travaux de la Quatre-vingtième session de l’Assemblée Générale des Nations unies, le 25 septembre 2025, à New York, en coopération avec un large éventail de pays issus de différentes régions ; et EXHORTENT l’ensemble des États à rejoindre cette Alliance et à apporter une contribution financière en soutien au Gouvernement de l’État de Palestine.

SE FELICITENT de la Résolution A/80/L.1/Rev.1, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 12 septembre 2025, entérinant les résultats de la Conférence de haut niveau sur le règlement pacifique de la cause palestinienne et la mise en œuvre de la solution à deux États, tenue à New York, sous la coprésidence du Royaume d’Arabie Saoudite et de la République française ; et INVITENT les États à mettre en œuvre la Déclaration de New York et ses annexes, telles que présentées par les coprésidents de la Conférence et les présidents des groupes de travail.

SALUENT l’avis consultatif rendu, le 22 octobre 2025, par la Cour internationale de Justice concernant les obligations d’Israël relatives à la présence et aux activités des Nations unies, des autres Organisations internationales et des États tiers dans le territoire palestinien occupé et à tout ce qui a trait à cette région ; et SE FELICITENT également de la Résolution A/80/537 DR 5, adoptée à une large majorité, par l’Assemblée générale des Nations unies lors de sa Quatre-vingtième session, prorogeant pour trois années supplémentaires le mandat de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ; METTENT L’ACCENT sur la nécessité de fournir un soutien politique, juridique et financier à cette agence onusienne irremplaçable et indispensable à la fourniture de services aux réfugiés palestiniens et à la protection de leurs droits, jusqu’à ce que leur situation soit réglée conformément aux Résolutions pertinentes des Nations unies ; et CONDAMNENT les attaques perpétrées contre l’UNRWA, ainsi que toutes les décisions injustes prises par Israël, la puissance occupante contre le travail et le mandat de l’UNRWA.

SALUENT le rapport publié le 16 septembre 2025 par la Commission d’enquête internationale indépendante sur le Territoire palestinien occupé, qui confirme la commission par Israël, la puissance occupante, d’un crime de génocide à l’encontre du peuple palestinien dans la Bande de Gaza ; et
EXHORTENT la Communauté internationale à agir immédiatement et à prendre toutes les mesures requises pour mettre en œuvre les recommandations contenues dans ce rapport.

APPRECIENT hautement les prises de position et les décisions des États ayant reconnu l’État de Palestine, en septembre 2025, en tant qu’affirmation et soutien fondamentaux du droit naturel, historique et juridique du peuple palestinien à l’autodétermination et à la concrétisation de son État indépendant ;
INCITENT les autres États qui ne l’ont pas encore fait à tenir leurs engagements en reconnaissant l’Etat de Palestine et en soutenant son adhésion pleine et entière aux Nations unies, en tant que conditions sine qua non de la mise en œuvre de la solution à deux États, ainsi que de la réalisation de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans la région.

SOULIGNENT qu’une paix juste, durable et globale dans la région ne saurait être réalisée sans la mise en œuvre de la solution à deux États, fondée sur la fin de l’occupation coloniale israélienne et le retrait immédiat et inconditionnel des territoires palestiniens occupés, garantissant l’établissement de l’État de Palestine, indépendant et souverain, sur les lignes du 4 juin 1967, avec pour capitale Al-Qods-Est, conformément aux principes du droit international, aux Résolutions pertinentes des Nations unies et à l’Initiative de paix arabe.

RENOUVELLENT leur engagement à continuer d’œuvrer en faveur de la mise en œuvre des Résolutions des Nations unies, des décisions des Organisations internationales et de la Déclaration de New York ; et APPELLENT les États membres à prendre des mesures concrètes en vue de la concrétisation de la solution à deux États, afin d’aboutir à la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien, dont notamment le droit à l’indépendance, au retour et à l’autodétermination.


Organization of Islamic Cooperation