La coalition rebelle Ta’sis a pris le contrôle de Geisan, capitale de la localité du même nom dans le sud-est de l’État du Nil Bleu, mardi matin, après avoir lancé une nouvelle offensive contre les Forces armées soudanaises (SAF) depuis la frontière éthiopienne.
Des vidéos vérifiées et géolocalisées par Sudan War Monitor montrent des combattants rebelles à plusieurs endroits de la ville, notamment des membres des Forces de soutien rapide (RSF) devant le centre de santé de Geisan, confirmant que les assaillants avaient pénétré dans la capitale locale après avoir franchi une zone auparavant tenue par l’armée.
Une séquence géolocalisée situe des combattants des RSF devant le centre de santé de Geisan à 10°46'13.93"N, 34°47'31.98"E, plaçant la force paramilitaire bien à l’intérieur de la ville.
Geisan, située à quelques kilomètres seulement au nord de la frontière éthiopienne, occupe une position stratégique dans le sud-est du Nil Bleu. La localité est voisine de Kurmuk au sud-ouest, d’Al-Roseires et Damazin au nord, tandis que l’Éthiopie se trouve immédiatement au sud.
Officiellement connue sous le nom d’Alliance fondatrice du Soudan (SFA), la coalition Ta’sis est dirigée par les RSF et inclut le Mouvement de libération du peuple soudanais-Nord (SPLM-N), ainsi que plusieurs petits groupes armés et politiques.
L’alliance a ouvert un front actif au Nil Bleu plus tôt cette année, amenant les RSF dans une région où elles avaient historiquement peu de présence indépendante, grâce à leur partenariat militaire avec le SPLM-N, qui contrôle des territoires dans l’État depuis des décennies. Les deux forces conservent des structures de commandement distinctes mais coopèrent tactiquement contre les SAF.
Les dernières images de Geisan apportent une preuve significative de ce partenariat : un officier du SPLM-N et plusieurs soldats apparaissent aux côtés des RSF dans des vidéos filmées à l’intérieur de la ville, confirmant la participation directe du SPLM-N à l’offensive.
Dans un communiqué publié après la prise de la ville, la coalition Ta’sis a affirmé avoir établi un contrôle total sur Geisan, capturé des positions militaires, des armes et du matériel, et infligé de lourdes pertes aux SAF.
L’armée soudanaise n’avait pas encore réagi publiquement au moment de la publication. Toutefois, des images géolocalisées confirment la présence de forces rebelles dans des sites clés, y compris la garnison des SAF.
L’attaque semble avoir été lancée depuis le territoire éthiopien, Geisan étant plus accessible par cette voie que par le corridor Kurmuk-Damazin, fortement défendu par l’armée. Cette stratégie rappelle la campagne de mars, lorsque les forces de Ta’sis avaient capturé Kurmuk depuis l’Éthiopie.
Le rôle de la frontière éthiopienne est devenu central dans la campagne : les RSF et le SPLM-N y ont établi un camp d’entraînement et un centre logistique dans la région de Benishangul-Gumuz, permettant le déploiement de combattants et de matériel.
Bien que le gouvernement éthiopien nie toute implication, des sources soudanaises avaient déjà alerté sur des préparatifs d’attaques depuis ce territoire.
Ainsi, la prise de Geisan illustre une manœuvre visant à contourner le corridor défendu par les SAF et à ouvrir un nouveau front, exploitant la longueur et la porosité de la frontière éthiopienne.
Par Observateur de la guerre du Soudan