La diffamation du ministre tchadien de la sécurité envers la justice peut néanmoins être l’occasion d’une réflexion profonde

Mardi 26 Mai 2026

lorsqu’un juge est soupçonné de corruption ou d’influence, ce n’est pas seulement une décision qui est contestée, c’est la confiance dans toute l’institution qui est fragilisée.


Dans tout État fondé sur le droit, la justice représente l’un des piliers essentiels de la stabilité institutionnelle et de la confiance entre les citoyens et leurs institutions. Lorsque des responsables politiques, comme l’a fait le ministron de la sécurité, critiquent publiquement les décisions judiciaires ou s’en prennent aux magistrats, cela suscite naturellement, dans un pays normal, un débat important sur l’indépendance de la justice et sur son fonctionnement réel.
 
Les propos attribués au ministre tchadien de la Sécurité ont provoqué des réactions parce qu’ils touchent à une question sensible : la crédibilité du système judiciaire. Cette crédibilité a été depuis longtemps piétinée par des juristes corrompus qui ont détruit l’image de la justice au Tchad. Et si la sortie publique du ministre trouve un écho auprès d’une partie de l’opinion, c’est aussi parce que certains citoyens estiment avoir été victimes d’injustices, de lenteurs administratives ou de décisions perçues comme inéquitables.
Je suis aussi l’une des victimes de cette justice corrompue dans une affaire qui m’oppose, depuis plus de douze ans, à la banque BCC. Sans entrer dans les détails, tantôt, le dossier disparaît, tantôt un juge corrompu le bloque.
Depuis longtemps, beaucoup dénoncent une justice parfois perçue comme inégale selon le statut social, les relations ou les moyens financiers des personnes concernées, une justice aux ordres d’une junte militaire corrompue. Cependant, il serait injuste de considérer que tous les magistrats ou tous les avocats relèvent de ces pratiques. Certains professionnels accomplissent leur mission avec intégrité malgré des conditions parfois difficiles. Le véritable défi consiste davantage à renforcer les mécanismes de contrôle, la transparence et l’indépendance des institutions judiciaires.
 
Les hommes et les femmes de robe ont une responsabilité particulière : dire le droit dans le respect du droit, protéger les libertés et garantir l’égalité des citoyens devant la loi. Car lorsqu’un juge est soupçonné de corruption ou d’influence, ce n’est pas seulement une décision qui est contestée, c’est la confiance dans toute l’institution qui est fragilisée.
La diffamation du général Ahmat Akhbach envers la justice peut néanmoins être l’occasion d’une réflexion profonde sur les réformes nécessaires. Les hommes de robe devraient plutôt remercier le général ministre qui a reconnu qu’il n’y a pas de justice au Tchad et, par conséquent, qu’il faut déchirer ses ordonnances. « katkat sakit. Une justice forte ne se construit ni dans les attaques contre les institutions ni dans le silence face aux dysfonctionnements, mais dans une volonté sincère de corriger les faiblesses et de restaurer la confiance. Il n’est jamais trop tard pour démontrer par les actes que la justice peut être indépendante, équitable et respectée.
 
Effectivement, dans un pays normale dotée d’une justice forte comme le cas du Bénin, il est impossible d’accéder au poste de ministre avec des faux grades et des faux diplômes.
La composition du gouvernement béninois attire l’attention par le profil de plusieurs responsables dont les parcours académiques et professionnels apparaissent particulièrement solides. Les diplômes supérieurs, l’expérience acquise dans les institutions nationales, régionales ou internationales ainsi que la maîtrise de plusieurs langues constituent des atouts qui témoignent d’une volonté de s’appuyer sur des profils qualifiés pour conduire les affaires publiques. 
 
Parmi les critères souvent évoqués dans les débats sur la bonne gouvernance figurent notamment un haut niveau de formation, une expérience administrative ou internationale, l’intégrité morale, une capacité à travailler au-delà des clivages politiques et une vision stratégique du développement. Dans un contexte où les nouvelles technologies prennent une place croissante, les outils d’analyse numérique et l’intelligence artificielle permettent aujourd’hui de faciliter certaines vérifications sur les parcours professionnels, les publications, les expériences ou les compétences des responsables publics, même si ces outils ne remplacent pas les procédures officielles de contrôle
(…) Lire l’analyse sur la composition du gouvernement au Bénin : SOUS LA LOUPE: Bénin, la composition d'un gouvernement aux profils et parcours académiques et professionnels solides.

Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
Président du Centre d'études pour le développement et la prévention de l'extrémisme