Sous la loupe

La guerre au Soudan depuis avril 2023 alimente l’instabilité en Centrafrique

Mercredi 1 Juillet 2026

La MINUSCA condamne fermement l’attaque, rappelant que viser des Casques bleus peut constituer un crime de guerre.


Am Dafok, préfecture de la Vakaga, à environ 60 km de Birao, zone stratégique à la frontière avec le Soudan. La ville est un point de passage clé entre la Centrafrique et le Soudan, régulièrement ciblé par des incursions armées. La guerre au Soudan depuis avril 2023 alimente l’instabilité dans les zones frontalières, avec la présence des Forces de soutien rapide (FSR).
La ville a été attaquée par une coalition de groupes armés affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain (MDRPC), ainsi que des éléments non identifiés. Certains seraient venus du Soudan voisin.
Les assaillants ont pris le contrôle de la ville pendant plusieurs heures, incendiant et pillant une trentaine de maisons. Ils ont été repoussés grâce à des frappes aériennes menées par les forces de Wagner. Les FACA (Forces armées centrafricaines) ont ensuite annoncé avoir repris la ville.
Dans un communiqué, la MINUSCA (Mission de l’ONU en Centrafrique) a déclaré qu’elle a été directement visée.
Le bilan humain et matériel de cette attaque est de :
Casques bleus : 3 blessés (1 grave), évacués par voie aérienne.
Civils et militaires : plusieurs morts, dont des gendarmes, et de nombreux blessés (bilan provisoire évoque 22 blessés).
Maisons : environ 30 incendiées et pillées.
Communications : réseau téléphonique coupé, rendant difficile l’évaluation exacte des pertes.
 
Réactions officielles
MINUSCA : Condamne fermement l’attaque, rappelant que viser des Casques bleus peut constituer un crime de guerre.
Autorités centrafricaines : Communiqué de l’état-major affirmant la reprise du contrôle d’Am Dafok.
Rebelles (CPC-F) : Revendiquent avoir infligé une dizaine de morts aux forces gouvernementales et avoir gardé le contrôle de la ville jusque dans la soirée.


Sarah H. Salmane
Analyste, chercheure associée au CEDPE
www.centrerecherche.com