La situation dans la région du Tibesti (nord du Tchad) s'est brutalement détériorée à la mi-octobre 2026 en raison de violents affrontements autour du contrôle des mines d'or de Miski. Les combats opposent l'armée tchadienne (via la Brigade nationale de contrôle des activités minières) au "Comité d'auto-défense de Miski", un groupe armé local qui contrôle cette zone hautement stratégique située près de la frontière libyenne. Les hostilités ont éclaté le 14 octobre 2026, causant la mort de deux officiers de l'armée tchadienne et faisant 9 blessés. Depuis, les combats se sont enlisés et une source militaire a confirmé la mort de plusieurs soldats tchadiens ainsi que l'évacuation de 72 soldats blessés vers l'hôpital militaire de N’Djamena.
Le Comité d'auto-défense accuse l'armée de mener des bombardements à l'artillerie lourde et des frappes de drones, affirmant que 7 civils ont perdu la vie.
Cette escalade marque l'effondrement pratique de l'accord de paix signé le 20 avril 2025 (l'accord de Bardaï) sous l'égide des autorités tchadiennes. Cet accord prévoyait l'annulation des permis d'exploitation minière de l'État et le gel des activités de prospection le temps de mener des enquêtes environnementales et sociales. Fidèle à ses habitudes, le gouvernement tchadien n’a jamais respecté les accords qu’il signe avec ses ennemis, à l'exemple de l’accord de Doha où le programme de DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) promis par les autorités n’a pas été respecté.
Le groupe local accuse le gouvernement de violer l'accord en imposant illégalement des taxes sur les orpailleurs artisanaux et en cherchant à réinvestir les sites miniers sans partage équitable des revenus.
Les autorités tchadiennes n'ont pas encore fait de déclaration officielle globale sur les lourdes pertes subies, mais elles réfutent toute violation de l'accord et affirment agir pour restaurer l'autorité de l'État sur les ressources nationales.
Face au risque d'un embrasement total de cette province historiquement rebelle, la pression politique s'intensifie. Le Médiateur de la République (Saleh Kebzabo) a lancé plusieurs appels successifs au calme, exhortant les deux parties à respecter l'accord de 2025 et à retourner à la table des négociations. La coalition de l'opposition démocratique à N'Djamena a fermement condamné les violences et demandé un cessez-le-feu immédiat pour éviter des punitions collectives contre les populations locales. Le CEDPE (Centre d'études pour le développement et la prévention de l'extrémisme) a, dans un communiqué publié le 17 octobre, exprimé sa profonde indignation face au bombardement aérien ayant causé la mort de six jeunes commerçants et blessé deux autres, et a appelé la junte au pouvoir à mettre fin à l’injustice, qui est à l’origine de tous les conflits au Tchad.
La zone reste aujourd'hui extrêmement militarisée, le Comité affirmant maintenir ses positions à Miski tandis que l'armée continue d'envoyer des renforts dans le nord du pays.
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