Les êtres humains n’ont pas tous les mêmes besoins biologiques. Les besoins des animaux et des plantes diffèrent, par nature, de ceux des humains. Les animaux et les plantes nourrissent les humains. En retour, les animaux se nourrissent des plantes. Et lorsque les animaux meurent, ils nourrissent à leur tour les plantes.
Force est de constater que le monde animal et végétal exploitent leur écosystème respectif de manière plus rationnelle.
L’_Homo sapiens_, en revanche, est le seul qui ne fasse pas preuve de la même sagesse : il surexploite, pollue et détruit son environnement.
Comment se fait-il que les animaux et les plantes, qui n’ont reçu aucune éducation formelle et ne pratiquent aucune croyance ni religion, gèrent mieux, voire plus sagement, l’écosystème dans lequel ils vivent que les humains ?
Cela signifierait-il que l’instinct animal est supérieur à l’éducation et à la sagesse humaines ?
En trois siècles à peine, l’humain, doté de connaissances scientifiques et technologiques, a surexploité et presque épuisé des ressources naturelles qui ont mis 300 millions d’années à se constituer.
Certes, _Homo sapiens_ a réalisé d’immenses progrès : il a éradiqué des pandémies, des épidémies, des épizooties, des maladies chroniques et héréditaires. Mais dans le même temps, il a inventé la bombe nucléaire, les armes de destruction massive et des armes silencieuses capables de rayer l’humanité de la carte du monde en quelques heures.
La plus grande civilisation de l’Homme a été celle de la découverte des énergies fossiles. Sans aucun doute, le pétrole a rendu d’innombrables services à l’humanité. Malheureusement, à cause de leur impact négatif sur les équilibres atmosphériques, les énergies fossiles sont la principale cause du changement climatique, du réchauffement de la planète et de la pollution environnementale.
Les industries pétrochimiques ont transformé la vie sur Terre. Aujourd’hui, tout ce que vous touchez vient de la pétrochimie : le lit sur lequel vous dormez, la voiture que vous conduisez, l’avion que vous prenez, votre bureau, les fauteuils et les chaises, les ustensiles de cuisine, les ordinateurs, les téléphones, les routes goudronnées... Bref, tous les outils, objets et équipements qui nous entourent sont des produits dérivés de la chimie du pétrole.
L’une des victimes de cette pollution est la contamination des sols.
L’Afrique risque de manquer de terres en bonne santé. Les égouts et les caniveaux sont envahis par les plastiques.
La Terre est malade. Elle respire mal, et nous avec elle. Il suffit de circuler dans n’importe quelle ville africaine pour constater que nos commerçants importent plus d’emballages en plastique que de produits de première nécessité.
L’environnement n’est pas quelque chose à « conserver » : c’est le fondement sur lequel s’édifient tous nos rêves.
La nature n’est pas un simple décor de notre existence. Chaque arbre que nous abattons, chaque cours d’eau que nous détournons, c’est une part de notre propre respiration à laquelle nous renonçons.
Nous ne sommes pas séparés de la nature : nous en sommes une partie intégrante, une expression.
La santé de la Terre n’est pas une question « environnementale ». C’est une question existentielle.
Lorsque nous guérissons la Terre, nous nous guérissons nous-mêmes. Lorsque nous la blessons, nous nous blessons. Il n’y a pas de dichotomie ici : il n’y a que l’unité, retrouvée ou perdue.
Le vrai progrès ne se mesure pas en briques et en béton, en richesses accumulées ou en frontières repoussées. Il se mesure à la clarté de notre ciel, à la pureté de nos eaux et de notre atmosphère, à la stabilité de nos saisons de pluies. C’est à cette aune que nous devrions compter nos victoires.
Nous avons hérité d’une planète qui nous nourrit depuis des millénaires. La question que chaque génération doit se poser est simple : léguerons-nous à la suivante un monde aussi riche, aussi vivant, aussi porteur de promesses que celui que nous avons reçu ?
L’environnement n’attend pas notre permission pour décliner, ni notre compréhension pour s’effondrer. Chaque geste compte. Chaque choix résonne.
Les progrès scientifiques et économiques n’ont de sens que s’ils contribuent à une planète plus saine. S’ils détruisent le biotope et asservissent l’homme, ils deviennent une régression, et non un progrès.
Nous vivons dans un monde où le plastique est devenu presque indispensable. Ce produit pétrochimique a déjà atteint des villages qui, il y a quelques années à peine, étaient des lieux de repos et d’abondance alimentaire. Il y a une dizaine d’années, les agriculteurs et éleveurs vivaient presque exclusivement des produits de leurs champs. Aujourd’hui, c’est la ville qui nourrit ces paysans.
Il est vrai que la pauvreté est l’un des moteurs de l’exode rural. Mais la vraie raison de la fuite en avant des jeunes, c’est que la vie rurale n’est plus ce qu’elle était : heureuse, saine et paisible.
Commençons aujourd’hui à nous réconcilier avec la nature. Car chaque année d’inaction repousse les limites de l’espoir à un lendemain hypothétique et incertain.
Tout peut attendre, sauf la Terre, notre mère nourricière.
*Zako*
_Chadian Centre for Strategic Studies and Prospective Research_
_Think Global and Act Smarter_