Cette décision, saluée dans plusieurs capitales africaines, renforce l’image d’un pays qui veut s’imposer comme l’un des moteurs de l’intégration régionale et du panafricanisme moderne.
À travers cette mesure, les autorités ghanéennes cherchent à faciliter la libre circulation des personnes, encourager les échanges économiques, stimuler le tourisme intra-africain et renforcer les liens culturels entre les peuples africains. Le Ghana estime que les barrières administratives et les coûts liés aux visas constituent encore un frein important à l’intégration du continent, alors même que l’Afrique tente d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Depuis plusieurs années, Accra adopte une politique diplomatique tournée vers l’unité africaine. Le pays s’est déjà distingué par des initiatives favorables à la diaspora africaine et afrodescendante, notamment avec le programme « Year of Return », qui avait attiré des milliers de visiteurs venus d’Afrique et des Amériques. En supprimant les frais de visa pour les Africains, le Ghana veut désormais consolider sa position comme destination stratégique pour les investisseurs, entrepreneurs, étudiants et touristes du continent.
Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs États africains réfléchissent à l’assouplissement des conditions de circulation entre pays africains. Malgré les discours sur l’intégration, de nombreux citoyens du continent continuent de rencontrer des difficultés pour voyager en Afrique, parfois plus qu’en dehors du continent. Les longues procédures administratives, les coûts élevés et les restrictions frontalières sont régulièrement dénoncés comme des obstacles au développement économique africain.
Pour de nombreux analystes, l’initiative ghanéenne pourrait exercer une pression positive sur d’autres pays africains afin d’accélérer les réformes liées à la mobilité continentale. Certains y voient également un signal politique fort face aux politiques migratoires restrictives observées dans plusieurs régions du monde à l’égard des Africains.
Au-delà de l’aspect diplomatique, le Ghana espère également tirer des bénéfices économiques importants de cette ouverture. Une augmentation des flux touristiques, des investissements et des échanges commerciaux pourrait renforcer plusieurs secteurs de l’économie nationale, notamment l’hôtellerie, les transports, le commerce et les services.
Dans une Afrique où les appels à l’unité et à l’intégration se multiplient, la décision du Ghana apparaît comme un geste concret qui pourrait inspirer une nouvelle dynamique continentale autour de la libre circulation des Africains en Afrique.
La Presse de Tunisie