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Le Tchad se trouve aujourd’hui à un moment décisif de son histoire économique. Dans les années 1970-1980, le pays disposait de l’un des meilleurs réseaux africains en matière de recherche fondamentale et appliquée dans l’agriculture, l’élevage, la pêche et la foresterie. À cette époque, il rivalisait avec l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie et le Maroc.
Mais comme de nombreux pays africains, le Tchad a reculé à cause de la guerre civile de 1979 et des erreurs humaines qui ont freiné son développement. Aujourd’hui, il fait face à des défis structurels majeurs : insécurité alimentaire, chômage des jeunes, déséquilibres territoriaux et vulnérabilité climatique.
Malgré des décennies de réformes et d’investissements, la transformation économique reste inachevée. La véritable crise est autant sociologique et psychologique qu’environnementale. Les villages se vident, les villes s’engorgent, les savoirs endogènes disparaissent avec les anciens. Le pire est que, faute de mémoire vivante, ce sont désormais les moteurs de recherche qui remplacent les grands-parents.
Les causes profondes. Une raison majeure explique cette situation : les zones rurales, où vit pourtant la majorité de la population, ont été largement exclues des investissements productifs. Depuis la période coloniale, l’économie tchadienne s’est construite sur une logique centralisée et extractive. Les investissements ont été concentrés dans les centres urbains et les secteurs tournés vers l’exportation, laissant les campagnes dans une économie de subsistance fragile.
Le paradoxe est frappant : un pays à fort potentiel agricole, mais dépendant des importations alimentaires, avec une pauvreté rurale persistante, particulièrement chez les femmes.
Repenser le village. Le village doit être conçu comme une unité sociologique et économique permanente et viable. Il faut passer des vœux pieux à des orientations stratégiques concrètes. Les jeunes ne fuient pas le monde rural par rejet, mais parce qu’ils y trouvent misère, humiliation et mort précoce. Malheureusement, dans les villes, beaucoup rencontrent la drogue, la criminalité et la déchéance morale.
Chaque village doit devenir un agro-pôle de développement, placé au cœur de la gestion environnementale. Les communautés locales doivent être responsabilisées et devenir les acteurs de leur propre développement. Ce modèle doit être adapté à la diversité écologique et sociologique du Tchad.
Construire la souveraineté. La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit — village par village. Les opportunités ne se répètent pas, elles doivent être saisies. La paix et la cohésion sociale sont notre plus grande richesse, et elles se bâtissent patiemment.
La nostalgie ne construit pas un pays. Ce qu’il faut, c’est une paix sociale durable et une vision stratégique, pas des illusions. Là où la paix existe, il faut la réinventer et se l’approprier. Aucun pays ne s’est développé grâce aux légendes, aux mythes ou aux miracles. Si miracle il y a, il appartient aux religions, mais pas à la vie quotidienne.
Zako
Chadian Centre for Strategic Studies and Prospective Research
Think Global and Act Smart
Mais comme de nombreux pays africains, le Tchad a reculé à cause de la guerre civile de 1979 et des erreurs humaines qui ont freiné son développement. Aujourd’hui, il fait face à des défis structurels majeurs : insécurité alimentaire, chômage des jeunes, déséquilibres territoriaux et vulnérabilité climatique.
Malgré des décennies de réformes et d’investissements, la transformation économique reste inachevée. La véritable crise est autant sociologique et psychologique qu’environnementale. Les villages se vident, les villes s’engorgent, les savoirs endogènes disparaissent avec les anciens. Le pire est que, faute de mémoire vivante, ce sont désormais les moteurs de recherche qui remplacent les grands-parents.
Les causes profondes. Une raison majeure explique cette situation : les zones rurales, où vit pourtant la majorité de la population, ont été largement exclues des investissements productifs. Depuis la période coloniale, l’économie tchadienne s’est construite sur une logique centralisée et extractive. Les investissements ont été concentrés dans les centres urbains et les secteurs tournés vers l’exportation, laissant les campagnes dans une économie de subsistance fragile.
Le paradoxe est frappant : un pays à fort potentiel agricole, mais dépendant des importations alimentaires, avec une pauvreté rurale persistante, particulièrement chez les femmes.
Repenser le village. Le village doit être conçu comme une unité sociologique et économique permanente et viable. Il faut passer des vœux pieux à des orientations stratégiques concrètes. Les jeunes ne fuient pas le monde rural par rejet, mais parce qu’ils y trouvent misère, humiliation et mort précoce. Malheureusement, dans les villes, beaucoup rencontrent la drogue, la criminalité et la déchéance morale.
Chaque village doit devenir un agro-pôle de développement, placé au cœur de la gestion environnementale. Les communautés locales doivent être responsabilisées et devenir les acteurs de leur propre développement. Ce modèle doit être adapté à la diversité écologique et sociologique du Tchad.
Construire la souveraineté. La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit — village par village. Les opportunités ne se répètent pas, elles doivent être saisies. La paix et la cohésion sociale sont notre plus grande richesse, et elles se bâtissent patiemment.
La nostalgie ne construit pas un pays. Ce qu’il faut, c’est une paix sociale durable et une vision stratégique, pas des illusions. Là où la paix existe, il faut la réinventer et se l’approprier. Aucun pays ne s’est développé grâce aux légendes, aux mythes ou aux miracles. Si miracle il y a, il appartient aux religions, mais pas à la vie quotidienne.
Zako
Chadian Centre for Strategic Studies and Prospective Research
Think Global and Act Smart