Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, le maréchal Mahamat Idriss Déby, chef de la junte au pouvoir au Tchad, semble exprimer une profonde déception face à l'impopularité croissante dont il fait l'objet. Cette désillusion apparaît notamment à travers les critiques ouvertes et sans retenue formulées par de jeunes citoyens à son encontre.
Cette sortie médiatique a rapidement suscité de nombreuses réactions. Beaucoup y ont vu l'aveu d'un dirigeant confronté à une réalité qu'il peine désormais à ignorer : la perte progressive du soutien populaire dont il bénéficiait à son arrivée au pouvoir.
Sahel 7 a recueilli certaines réactions:
En effet, lorsqu'il a succédé à son père en 2021, le jeune officier avait été largement plébiscité par une grande partie de la population tchadienne, en particulier par la jeunesse. Beaucoup voyaient alors en lui l'homme capable de tourner la page de trois décennies de pouvoir autoritaire et d'engager le pays sur la voie du changement. Souleyman Khourafallah, jeune architecte.
Il est vrai qu'il a bénéficié d'une grande popularité mais, cet espoir s'est rapidement estompé. La popularité du jeune dirigeant a commencé à s'effriter lorsqu'il a choisi de s'appuyer sur le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti qui a dominé la vie politique du pays pendant plus de trente ans et que nombre de Tchadiens considèrent comme responsable des difficultés actuelles du pays. Depuis lors, Mahamat Idriss Déby apparaît, aux yeux de ses détracteurs, comme l'otage du même système qu'il était censé réformer. MS. Abdelsalam, analyste, chercheur.
Cinq années se sont écoulées, marquées par l'aggravation de la pauvreté, la généralisation de la corruption et le recul des libertés publiques. Les arrestations d'opposants politiques, l'exil de milliers de jeunes en quête d'un avenir meilleur ainsi que plusieurs épisodes de violences ayant marqué le pays ont contribué à renforcer le mécontentement populaire. L.K, avec un master 2, il est Clandoman, conformément à sa demande son nom ne doit pas être publié.
Pour beaucoup, les événements malheureux ont profondément terni l'image du chef de l'État, dans un pays qui continue de souffrir de graves déficits en matière d'électricité, d'accès à l'eau potable et de sécurité. A cela s'ajoute une gouvernance souvent critiquée pour la place importante accordée aux hauts gradés de l'armée, dont une grande partie serait issue de la même région du pays. S. B. Professeur à l'université à N'Djamena.
Un retour à Dieu ou une manifestation de foi, même sincère, suffirait-il à combler les attentes de la population ? Hélas, non. Seule une transformation profonde de la gouvernance pourrait vraiment changer la donne.
Parmi les mesures souvent évoquées figurent :
Une rupture avec le système politique hérité du MPS ; La lutte effective contre la corruption et l'impunité ; Le renforcement de l'indépendance de la justice ; La libération des détenus politiques ; La fin des pratiques répressives contre les opposants ; Une réforme profonde de l'armée afin de la rendre plus professionnelle et représentative ; La garantie de la liberté d'expression ; Un geste de reconnaissance ou de pardon envers les victimes des crises passées ; L'engagement d'un véritable projet de reconstruction nationale. Peut-être qu'à travers de telles réformes, le maréchal Mahamat Idriss Déby pourrait regagner une partie de la confiance perdue et améliorer son image auprès de la population.
A défaut, estiment beaucoup, le chef de la junte continuera à s'enfoncer dans une crise de légitimité susceptible de fragiliser davantage son pouvoir. Quant à savoir comment cette histoire se terminera, Dieu seul le sait mais tous le ingrédients sont déjà réunis.
Par
- Sarah H. Salmane
- Ramy Haroun
Analystes, chercheurs associés au CEDPE
Sahel7
www.centrerecherche.com
A défaut, estiment beaucoup, le chef de la junte continuera à s'enfoncer dans une crise de légitimité susceptible de fragiliser davantage son pouvoir. Quant à savoir comment cette histoire se terminera, Dieu seul le sait mais tous le ingrédients sont déjà réunis.
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- Sarah H. Salmane
- Ramy Haroun
Analystes, chercheurs associés au CEDPE
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