Dr. Mokhtar Bilal en costume bleu
Mukhtar Bilal[[1]]url:#_ftn1 réaction à l'article https://urls.fr/-tBusp
31 janvier 2026
La version anglaise The Danger of Simplifying RSF role in Sudan’s War - The CITIZEN
Alors que le gouvernement soudanais se prépare à retourner à Khartoum et que les Forces de soutien rapide (FSR) subissent de lourdes pertes au Kordofan et dans d'autres régions, les médias pro-Janjabu présentent la guerre au Soudan comme une « guerre oubliée » qui dure depuis plus de mille jours, affirmant que la compréhension et la gestion du conflit par la communauté internationale sont erronées.
L'Institut royal des relations internationales (Egmont), en Belgique, a publié le 8 janvier un article intitulé « Le danger de la simplification excessive de la guerre au Soudan ». Cet article examine la complexité du conflit au Soudan, cherchant à mettre en lumière les récits qui correspondent à la propagande des milices et de leurs partisans. Cette propagande vise à convaincre le monde que considérer les FSR comme un mal absolu et les vaincre comme la solution aux problèmes du Soudan est une simplification excessive. Une perspective plus nuancée s'impose, qui accepte les Forces de soutien rapide (FSR), malgré leurs imperfections, comme un moyen de résoudre la crise.
L'auteur souligne que l'armée soudanaise souffre de problèmes structurels et systémiques. Christophe Tietka assimile les forces armées à des milices rebelles. Il affirme même que l'armée soudanaise a commis de graves violations des droits de l'homme et des atrocités contre des civils pendant la guerre. Il conclut que les FSR ne sont pas fondamentalement mauvaises et qu'il est essentiel de comprendre et de traiter les crimes commis par cette milice, ainsi que de travailler à une solution pour parvenir à la paix souhaitée. Il soutient que le soutien extérieur que reçoivent les FSR n'est pas au cœur du problème ; le problème fondamental est la guerre civile qui ravage le Soudan depuis bien avant l'émergence des FSR.
L'auteur explique ensuite que la perception dominante des FSR comme une menace pour l'État et sa population se limite à Khartoum et à certaines autres régions. En revanche, l'armée souffre d'une réputation tout aussi négative dans d'autres régions comme le Kordofan et le Darfour. Par conséquent, une solution militaire n'est qu'une illusion, et non une véritable solution. L'auteur conclut que la situation est similaire à celle du Soudan du Sud, où l'armée a pris le contrôle des villes, puis l'autorité extérieure s'est effondrée, entraînant la division du Soudan et la sécession du Sud. L'auteur soutient que l'armée et les milices des Forces de soutien rapide (FSR) manquent toutes deux de légitimité. Dès lors, la solution réside dans l'instauration de la démocratie à l'avenir, par divers mécanismes, notamment la promotion d'une transition pacifique sous l'égide des civils, la réalisation de la réconciliation nationale et une réforme globale du secteur de la sécurité. L'article se conclut sur cette affirmation pessimiste : « Si le Soudan a la moindre chance de sortir uni de cette guerre… »
L'Institut Egmont (Institut royal des relations internationales), qui a publié l'article, est un institut de recherche européen prestigieux et un groupe de réflexion affilié au Royaume de Belgique. Il est considéré comme un organe du ministère belge des Affaires étrangères. Bien qu'il se présente comme un groupe de réflexion indépendant sur la politique internationale et un forum de discussions et de conférences indépendantes, à l'instar du Council on Foreign Relations à New York et du Royal Institute of International Affairs (Chatham House) à Londres, l'institut est traditionnellement dirigé par un diplomate de haut rang du ministère belge des Affaires étrangères, et ses points de vue peuvent être diffusés auprès d'autres États membres de l'UE, Bruxelles étant considérée comme le centre du pouvoir décisionnel européen.
Il est à noter que le contenu de l'article s'aligne largement sur le discours constamment adopté par la milice des Forces de soutien rapide (FSR) et son soutien régional. Il jette délibérément le doute sur l'Armée nationale soudanaise, la tenant responsable des erreurs de la politique soudanaise, notamment concernant le conflit passé au Sud-Soudan et le conflit actuel au Darfour. Ce faisant, l'article minimise les crimes horribles commis par les FSR. En réalité, les civils fuient les zones contrôlées par les RSF (zones où de graves violations des droits de l'homme et des massacres ont été commis) pour se réfugier dans les zones sous le contrôle de l'armée soudanaise (zones de salut et de survie).
L'ambassadeur Mohamed Osman Akasha souligne que les citoyens soudanais ont, en réalité, « voté avec leurs pieds » pour leur sécurité en fuyant les zones contrôlées par les Forces de soutien rapide (FSR) vers les zones libérées par les Forces armées soudanaises (FAS).[[2]]url:#_ftn2 Ces scènes récurrentes témoignent de la joie des citoyens accueillant et célébrant l'arrivée des soldats de l'armée soudanaise et des FSR. Ces événements se sont déroulés à Khartoum, Al Jazirah, au Kordofan du Sud et au Darfour.
Comparer l'armée soudanaise aux FSR revient à amalgamer une armée nationale défendant son État et son peuple avec une milice qui les terrorise, ce qui est moralement et juridiquement inacceptable. Par conséquent, la légitimité ne peut être partagée entre l'armée nationale et la milice des FSR, contrairement à ce que suggère Christophe Tyteka. Les Forces armées soudanaises sont une institution constitutionnellement reconnue, mandatée internationalement pour protéger la souveraineté et l'unité du Soudan. Selon le rapport du Secrétaire général de l'ONU au Conseil de sécurité, la guerre au Soudan a débuté le 15 avril 2023, lorsque les Forces de soutien rapide (FSR) ont lancé une attaque coordonnée contre les institutions de l'État, pillant les biens publics, s'emparant d'aéroports et occupant des habitations à Khartoum. Plus de neuf millions de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit, fuyant pour la plupart les violences, les pillages et les agressions sexuelles perpétrés par les FSR au Darfour, à Gezira, à Sennar et à Khartoum, d'après les statistiques du HCR. Le HCR a également documenté des massacres, des actes de torture et des violences sexuelles commis par les combattants des FSR dans les zones qu'ils contrôlent.
Dès lors, comment envisager un compromis qui ne considère pas les FSR comme un problème ? Comment peut-on considérer que se concentrer uniquement sur leur élimination et la suppression de leur financement constitue une simplification excessive du problème soudanais ?
Nous tenons à souligner la nécessité de comprendre et d'analyser correctement le problème soudanais, en nous appuyant sur des données précises et la présentation des faits, et non sur de la désinformation. Ceci est essentiel pour parvenir à des solutions efficaces et objectives à notre juste cause.
En réalité, la milice des Forces de soutien rapide (FSR) persiste grâce au soutien international qui lui est apporté approvisionnement, financement et protection politique. Par le biais de flux d'armes, de réseaux financiers et d'un soutien logistique, des acteurs extérieurs exercent une influence indirecte.
La guerre au Soudan illustre le sort d'une nation attaquée par une milice soutenue par l'étranger. Les Forces armées soudanaises incarnent la continuité de l'État, son drapeau et la volonté collective du peuple de défendre sa patrie. Les FSR, en revanche, représentent le chaos, l'ingérence étrangère et la souffrance collective. Minimiser la menace que représentent les FSR soutenues par l'étranger, c'est nier la réalité. La vérité doit précéder la paix, car une paix sans vérité légitime l'injustice. Le Soudan n'est pas en guerre contre lui-même ; il se bat pour sa survie. Appeler à ignorer ou à minimiser les actions des Forces de soutien rapide (FSR) sous prétexte que toutes les parties sont coupables, ou même au nom du noble objectif de mettre fin à la guerre, d'arrêter l'effusion de sang et d'instaurer la paix, constitue non seulement une analyse erronée des faits – qui mènera inévitablement à des conclusions erronées et désastreuses, comme de faux faits mènent à de fausses conclusions – mais aussi une violation flagrante de la dignité du citoyen soudanais dont l'argent a été pillé, dont la dignité bafouée, et qui a subi la torture, la mort et le déplacement forcé aux mains des milices des FSR. Toute solution qui ne respecte pas les valeurs de l'État de droit et la responsabilité des auteurs de crimes contre le peuple soudanais sera désastreuse à l'avenir et ne constituera pas une solution durable à la crise soudanaise.
Le gouvernement soudanais a récemment présenté une initiative de paix, soumise par le Premier ministre, le Dr Kamil Idris, au Conseil de sécurité des Nations Unies. La communauté internationale devrait prendre cette initiative au sérieux et faire pression sur les FSR pour qu'elles l'acceptent. L'initiative comprend une feuille de route globale et cohérente, viable pour mettre fin à la guerre, fondée sur des bases solides : un cessez-le-feu, le retrait des groupes armés de toutes les zones occupées, le rétablissement de l'autorité de l'État, le désarmement des milices, la fourniture d'une aide humanitaire et l'engagement dans un processus politique global mené par les civils.
31 janvier 2026
La version anglaise The Danger of Simplifying RSF role in Sudan’s War - The CITIZEN
Alors que le gouvernement soudanais se prépare à retourner à Khartoum et que les Forces de soutien rapide (FSR) subissent de lourdes pertes au Kordofan et dans d'autres régions, les médias pro-Janjabu présentent la guerre au Soudan comme une « guerre oubliée » qui dure depuis plus de mille jours, affirmant que la compréhension et la gestion du conflit par la communauté internationale sont erronées.
L'Institut royal des relations internationales (Egmont), en Belgique, a publié le 8 janvier un article intitulé « Le danger de la simplification excessive de la guerre au Soudan ». Cet article examine la complexité du conflit au Soudan, cherchant à mettre en lumière les récits qui correspondent à la propagande des milices et de leurs partisans. Cette propagande vise à convaincre le monde que considérer les FSR comme un mal absolu et les vaincre comme la solution aux problèmes du Soudan est une simplification excessive. Une perspective plus nuancée s'impose, qui accepte les Forces de soutien rapide (FSR), malgré leurs imperfections, comme un moyen de résoudre la crise.
L'auteur souligne que l'armée soudanaise souffre de problèmes structurels et systémiques. Christophe Tietka assimile les forces armées à des milices rebelles. Il affirme même que l'armée soudanaise a commis de graves violations des droits de l'homme et des atrocités contre des civils pendant la guerre. Il conclut que les FSR ne sont pas fondamentalement mauvaises et qu'il est essentiel de comprendre et de traiter les crimes commis par cette milice, ainsi que de travailler à une solution pour parvenir à la paix souhaitée. Il soutient que le soutien extérieur que reçoivent les FSR n'est pas au cœur du problème ; le problème fondamental est la guerre civile qui ravage le Soudan depuis bien avant l'émergence des FSR.
L'auteur explique ensuite que la perception dominante des FSR comme une menace pour l'État et sa population se limite à Khartoum et à certaines autres régions. En revanche, l'armée souffre d'une réputation tout aussi négative dans d'autres régions comme le Kordofan et le Darfour. Par conséquent, une solution militaire n'est qu'une illusion, et non une véritable solution. L'auteur conclut que la situation est similaire à celle du Soudan du Sud, où l'armée a pris le contrôle des villes, puis l'autorité extérieure s'est effondrée, entraînant la division du Soudan et la sécession du Sud. L'auteur soutient que l'armée et les milices des Forces de soutien rapide (FSR) manquent toutes deux de légitimité. Dès lors, la solution réside dans l'instauration de la démocratie à l'avenir, par divers mécanismes, notamment la promotion d'une transition pacifique sous l'égide des civils, la réalisation de la réconciliation nationale et une réforme globale du secteur de la sécurité. L'article se conclut sur cette affirmation pessimiste : « Si le Soudan a la moindre chance de sortir uni de cette guerre… »
L'Institut Egmont (Institut royal des relations internationales), qui a publié l'article, est un institut de recherche européen prestigieux et un groupe de réflexion affilié au Royaume de Belgique. Il est considéré comme un organe du ministère belge des Affaires étrangères. Bien qu'il se présente comme un groupe de réflexion indépendant sur la politique internationale et un forum de discussions et de conférences indépendantes, à l'instar du Council on Foreign Relations à New York et du Royal Institute of International Affairs (Chatham House) à Londres, l'institut est traditionnellement dirigé par un diplomate de haut rang du ministère belge des Affaires étrangères, et ses points de vue peuvent être diffusés auprès d'autres États membres de l'UE, Bruxelles étant considérée comme le centre du pouvoir décisionnel européen.
Il est à noter que le contenu de l'article s'aligne largement sur le discours constamment adopté par la milice des Forces de soutien rapide (FSR) et son soutien régional. Il jette délibérément le doute sur l'Armée nationale soudanaise, la tenant responsable des erreurs de la politique soudanaise, notamment concernant le conflit passé au Sud-Soudan et le conflit actuel au Darfour. Ce faisant, l'article minimise les crimes horribles commis par les FSR. En réalité, les civils fuient les zones contrôlées par les RSF (zones où de graves violations des droits de l'homme et des massacres ont été commis) pour se réfugier dans les zones sous le contrôle de l'armée soudanaise (zones de salut et de survie).
L'ambassadeur Mohamed Osman Akasha souligne que les citoyens soudanais ont, en réalité, « voté avec leurs pieds » pour leur sécurité en fuyant les zones contrôlées par les Forces de soutien rapide (FSR) vers les zones libérées par les Forces armées soudanaises (FAS).[[2]]url:#_ftn2 Ces scènes récurrentes témoignent de la joie des citoyens accueillant et célébrant l'arrivée des soldats de l'armée soudanaise et des FSR. Ces événements se sont déroulés à Khartoum, Al Jazirah, au Kordofan du Sud et au Darfour.
Comparer l'armée soudanaise aux FSR revient à amalgamer une armée nationale défendant son État et son peuple avec une milice qui les terrorise, ce qui est moralement et juridiquement inacceptable. Par conséquent, la légitimité ne peut être partagée entre l'armée nationale et la milice des FSR, contrairement à ce que suggère Christophe Tyteka. Les Forces armées soudanaises sont une institution constitutionnellement reconnue, mandatée internationalement pour protéger la souveraineté et l'unité du Soudan. Selon le rapport du Secrétaire général de l'ONU au Conseil de sécurité, la guerre au Soudan a débuté le 15 avril 2023, lorsque les Forces de soutien rapide (FSR) ont lancé une attaque coordonnée contre les institutions de l'État, pillant les biens publics, s'emparant d'aéroports et occupant des habitations à Khartoum. Plus de neuf millions de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit, fuyant pour la plupart les violences, les pillages et les agressions sexuelles perpétrés par les FSR au Darfour, à Gezira, à Sennar et à Khartoum, d'après les statistiques du HCR. Le HCR a également documenté des massacres, des actes de torture et des violences sexuelles commis par les combattants des FSR dans les zones qu'ils contrôlent.
Dès lors, comment envisager un compromis qui ne considère pas les FSR comme un problème ? Comment peut-on considérer que se concentrer uniquement sur leur élimination et la suppression de leur financement constitue une simplification excessive du problème soudanais ?
Nous tenons à souligner la nécessité de comprendre et d'analyser correctement le problème soudanais, en nous appuyant sur des données précises et la présentation des faits, et non sur de la désinformation. Ceci est essentiel pour parvenir à des solutions efficaces et objectives à notre juste cause.
En réalité, la milice des Forces de soutien rapide (FSR) persiste grâce au soutien international qui lui est apporté approvisionnement, financement et protection politique. Par le biais de flux d'armes, de réseaux financiers et d'un soutien logistique, des acteurs extérieurs exercent une influence indirecte.
La guerre au Soudan illustre le sort d'une nation attaquée par une milice soutenue par l'étranger. Les Forces armées soudanaises incarnent la continuité de l'État, son drapeau et la volonté collective du peuple de défendre sa patrie. Les FSR, en revanche, représentent le chaos, l'ingérence étrangère et la souffrance collective. Minimiser la menace que représentent les FSR soutenues par l'étranger, c'est nier la réalité. La vérité doit précéder la paix, car une paix sans vérité légitime l'injustice. Le Soudan n'est pas en guerre contre lui-même ; il se bat pour sa survie. Appeler à ignorer ou à minimiser les actions des Forces de soutien rapide (FSR) sous prétexte que toutes les parties sont coupables, ou même au nom du noble objectif de mettre fin à la guerre, d'arrêter l'effusion de sang et d'instaurer la paix, constitue non seulement une analyse erronée des faits – qui mènera inévitablement à des conclusions erronées et désastreuses, comme de faux faits mènent à de fausses conclusions – mais aussi une violation flagrante de la dignité du citoyen soudanais dont l'argent a été pillé, dont la dignité bafouée, et qui a subi la torture, la mort et le déplacement forcé aux mains des milices des FSR. Toute solution qui ne respecte pas les valeurs de l'État de droit et la responsabilité des auteurs de crimes contre le peuple soudanais sera désastreuse à l'avenir et ne constituera pas une solution durable à la crise soudanaise.
Le gouvernement soudanais a récemment présenté une initiative de paix, soumise par le Premier ministre, le Dr Kamil Idris, au Conseil de sécurité des Nations Unies. La communauté internationale devrait prendre cette initiative au sérieux et faire pression sur les FSR pour qu'elles l'acceptent. L'initiative comprend une feuille de route globale et cohérente, viable pour mettre fin à la guerre, fondée sur des bases solides : un cessez-le-feu, le retrait des groupes armés de toutes les zones occupées, le rétablissement de l'autorité de l'État, le désarmement des milices, la fourniture d'une aide humanitaire et l'engagement dans un processus politique global mené par les civils.
[[1]]url:#_ftnref1 Mukhtar BILAL, chargé d’affaires de l’ambassade du Soudan á Abidjan.
[[2]]url:#_ftnref2 "Sudan’s War is not Between Equals: It’s a Nation Defending itself Against a Militia" un artcle published by Ambassador Dr.Mohamed Osman Akasha, Charge’ d'Affaires of Sudan Embassy of the Republic of the Sudan in Nairobi, on the Dutch Diplomat Magazine,
October 14, 2025.
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