le général Djido adamou
Les nouvelles en provenance du Soudan font état de la reddition présumée de plusieurs combattants des Forces de soutien rapide (FSR), accompagnés de huit officiers supérieurs, dont un haut responsable de la sécurité, auprès des autorités soudanaises. Cette information reste à confirmer.
Si elle se vérifie, cette nouvelle défection constituerait un revers supplémentaire pour les FSR, qui semblent confrontées à des fissures internes, alors que l’armée soudanaise enregistre des progrès sur le terrain militaire. De telles défections pourraient fragiliser davantage la cohésion de la milice et affecter sa capacité opérationnelle.
Toutefois, les éventuels revers militaires des FSR ne doivent pas faire oublier une réalité essentielle : il est difficile d’envisager une issue durable à ce conflit dévastateur par la seule voie des armes. Depuis son déclenchement, la guerre a provoqué des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et l’exil de millions de Soudanais, tout en plongeant le pays dans une profonde crise humanitaire.
Aussi importante soit-elle sur le plan militaire, l’évolution du rapport de force ne saurait se substituer à une véritable démarche politique. La poursuite des combats risque d’aggraver les souffrances des populations et de compromettre davantage les perspectives de réconciliation nationale.
La solution responsable consiste à réunir les parties belligérantes autour d’une table de négociation, avec l’accompagnement des acteurs régionaux et internationaux, afin de parvenir à un cessez-le-feu crédible et à un accord de paix durable. Il appartient aux pays qui jouissent d’une crédibilité régionale et internationale comme l’Egypte, la Turquie, l’Arabie Saoudite, l’Algérie, le Qatar de voler au secours du Soudan pour l’aider à arriver à une paix des braves.
Le Soudan a besoin d’une paix des braves, fondée sur le sens des responsabilités, les concessions réciproques et la volonté de préserver l’unité du pays. Cette démarche ne signifie ni l’oubli des crimes commis ni l’abandon de la justice. Elle suppose, au contraire, de concilier la recherche de la paix avec l’établissement des responsabilités et la protection des droits des victimes.
La victoire militaire ne garantit pas la paix. Le véritable succès sera celui qui permettra aux Soudanais de sortir de la guerre, de reconstruire leur pays et de retrouver une coexistence pacifique.