Pensée du Jour : Beaucoup d’individus, de communautés et de sociétés ignorent que nous ne sommes pas la seule espèce humaine à avoir vécu sur Terre.

Lundi 25 Mai 2026

Pour certaines populations — africaines comme non africaines — l’Autre est perçu comme une menace existentielle, non reconnu comme appartenant à la même espèce humaine



 
Croire le contraire est un aveu d’ignorance, une insulte à l’intelligence humaine et une méconnaissance des nombreuses espèces humaines qui ont précédé l’apparition de l’Homo sapiens — l’humain « sage » — auquel nous appartenons depuis environ 300 000 ans.
 
Pas moins de quinze espèces humaines ont foulé cette Terre au cours de ses 4,4 milliards d’années d’histoire. Ce qui définit l’humain, c’est un trait génétique précis : 46 chromosomes. C’est cette particularité qui a permis aux différentes espèces, se succédant dans le temps et l’espace, de se croiser et de se multiplier
 
Une étude génétique récente, menée sur un large échantillon d’individus à travers le monde, n’a trouvé pratiquement aucune différence génétique — à peine 0,01 % — entre les habitants du pôle Sud et ceux du pôle Nord, entre les peuples de l’océan Pacifique et ceux des hauteurs de l’Himalaya.
 
La signature chromosomique humaine de 23 paires de chromosomes, héritées de chacun des deux parents, permet à l’être humain de se reproduire avec un partenaire du sexe opposé. Nul être humain ne possède 46 chromosomes 
 Tout être humain a 46 chromosomes, indépendamment de la couleur de sa peau, de ses croyances culturelles, de son origine géographique ou de son haplogroupe
 
La question à un million de dollars se pose alors : d’où certaines personnes et populations tirent-elles l’aberration d’une nomenclature de classification sociale et d’une hiérarchisation humaine?
Il n’existe qu’une seule et unique race humaine.
Le clan — et de même l’ethnie — est une organisation sociale primaire antérieure à l’État. Il est né du besoin d’ancrage moral et de protection contre la peur et la précarité. L’ethnie est plus large que le clan, mais aussi plus diffuse dans sa composition. Ses membres sont soudés par une langue commune et l’adhésion aux coutumes locales. Ils peuvent partager un ancêtre commun, sans qu’il soit possible d’établir des liens de parenté précis — encore moins une ascendance génétique partagée.
 
Le changement climatique, la dégradation de l’environnement et la pauvreté ont alimenté l’exode rural. À mesure que les villages meurent, l’ancrage ethnique s’efface. Les individus changent de lieu de résidence et migrent vers la ville, où la langue et les coutumes du village se diluent dans un ensemble culturel plus vaste et plus varié.
 
Dans plusieurs pays africains, on assiste à une double crise : une crise de la ruralité — vidée de ses bras valides et de ses ressources culturelles — et une crise de l’urbanisation, marquée par la saturation démographique, la criminalité et la pollution. Dans une grande partie du Sahel, on a l’impression que les centres urbains et périurbains se ruralisent eux-mêmes.
 
De manière générale, lorsque l’État s’affirme dans ses fonctions régaliennes, il fait disparaître le besoin de protection qu’offrait l’ethnie. Lorsque l’État-nation parvient à s’établir, il fait naître la notion de citoyenneté — dénominateur commun de valeurs partagées entre les membres d’un même pays.
 
Dès lors, le repli identitaire et le particularisme communautaire en Afrique traduisent souvent l’échec du projet de l’État-nation.
 
Dans les pays développés, c’est fréquemment la peur du remplacement de la population et les considérations économiques qui réveillent les démons de l’exclusion et du rejet de l’Autre.
 
Pour certaines populations — africaines comme non africaines — l’Autre est perçu comme une menace existentielle, non reconnu comme appartenant à la même espèce humaine
Le monde se porterait bien — peut-être mieux — si nous nous rappelions que nous sommes tous les descendants d’un ancêtre polygame Pour se reproduire, cet ancêtre a dû rencontrer des partenaires portant chacun leurs 23 paires de chromosomes, héritées de leurs parents biologiques respectifs
 
Zako
Centre tchadien d’études stratégiques et de recherche prospective
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