Pensée du jour: Le monde évolue sans cesse, et rien ne peut entraver le progrès de l’humanité.

Lundi 11 Mai 2026

 Jadis chasseurs-cueilleurs, les êtres humains se sont progressivement sédentarisés. Ils ont appris l’agriculture et l’élevage, maîtrisé le feu pour cuire leurs aliments, développé le langage pour communiquer, puis élaboré des croyances et des religions.
 
L’humanité est ainsi passée de l’état de nature à l’organisation en sociétés structurées, marquant les débuts de l’anthropologie et de la sociologie.
 
Ceux qui n’ont pas su s’adapter ont disparu, définitivement, de la surface du monde.
 
Quoi qu’il advienne, nul ne peut échapper à la science et à la technologie. Il est impossible de remonter le temps ou d’arrêter le cours de l’histoire.
 
Le passé n’est plus qu’un souvenir, tandis que l’avenir demeure une projection.
 
Une compétition discrète, mais réelle, pour la suprématie mondiale semble désormais opposer trois grands domaines :
 1. Les religions et l’éthique ;
 2. L’économie et la finance ;
 3. Les sciences et les technologies.
 
L’humanité a besoin d’un équilibre entre ces différentes dimensions, et non de la domination exclusive de l’une d’entre elles. Un monde dépourvu de religion et d’éthique serait voué à l’autodestruction. De même, aucune société ne peut survivre sans activité économique et matérielle. Quant à la science et à la technologie, elles ont indéniablement amélioré les conditions de vie de millions de personnes et contribué à l’allongement de l’espérance de vie, passée d’environ 26 ans à près de 70 ans dans de nombreuses régions du monde.
 
Le progrès technologique a entraîné un bond historique sans précédent, rapprochant progressivement l’intelligence humaine de celle des machines. L’humanité est passée de la conception d’un univers unique à celle du multivers, entrant dans l’ère du quantique, des mégadonnées (big data), de la blockchain et de l’apprentissage automatique.
 
Selon certaines prévisions, les machines pourraient, d’ici 2100, dépasser les capacités intellectuelles humaines. L’intelligence artificielle serait alors capable non seulement de répondre à toutes les questions, mais également d’analyser les pensées, les émotions et les sentiments humains. Nous sommes déjà entrés dans l’ère des nanotechnologies, des biosciences, de l’informatique quantique, de la robotique et du génie génétique.
 
Hier encore, certains débats portaient sur la zoophilie ; aujourd’hui, l’on évoque déjà des unions entre humains et robots humanoïdes.
 
De même, la fécondation in vitro laisse progressivement place à des avancées telles que l’utérus artificiel, susceptible de remplacer, à terme, les mères porteuses.
 
La technologie est désormais omniprésente : dans nos véhicules, nos bureaux, nos chambres, nos cuisines et jusque dans nos poches.
 
De nombreuses familles sont fragilisées par cette évolution. Certains enfants deviennent dépendants des écrans et s’éloignent progressivement de la lecture, de l’écriture et des interactions sociales réelles. Ils passent davantage de temps sur internet qu’auprès de leurs parents.
 
Plus préoccupant encore, les réseaux sociaux tendent parfois à remplacer le rôle éducatif et culturel autrefois assuré par les grands-parents. L’Afrique risque ainsi de perdre progressivement une partie de ses savoirs traditionnels.
 
Dans plusieurs pays, des couples vivent séparés par des centaines de kilomètres, parfois dans des villes différentes, et communiquent principalement par écrans interposés. Conjoints, enfants, frères, sœurs, neveux et nièces deviennent de plus en plus distants les uns des autres. Dans certains foyers, les rôles traditionnels évoluent : les femmes deviennent les principales sources de revenus et assument davantage de responsabilités familiales. Cette transformation présente également un aspect positif, car les enfants grandissent avec l’image valorisante de mères actives, instruites et autonomes.
 
Investir dans l’éducation des femmes constitue ainsi l’un des investissements les plus rentables pour l’avenir d’une société. Une femme instruite et financièrement indépendante représente un modèle positif pour les générations futures. Les femmes ont joué un rôle essentiel dans la préservation et le développement de l’humanité ; des femmes éduquées et en bonne santé contribueront donc à bâtir un avenir meilleur pour l’Afrique.
 
Nous vivons cependant dans un monde de plus en plus matérialiste.
La quête excessive des biens matériels fragilise progressivement le tissu familial dans de nombreux pays africains.
 
Ainsi, même lorsque mari et femme vivent sous le même toit, ils semblent parfois évoluer dans des univers totalement différents.
 
La peur, la méfiance et l’incertitude gagnent du terrain et deviennent des facteurs de rupture au sein des familles comme dans les relations professionnelles. Là où la confiance disparaît, la suspicion s’installe inévitablement. Or, la suspicion et la peur agissent comme un poison qui détruit lentement toute relation humaine.
 
Dans plusieurs grandes métropoles africaines, les liens familiaux se sont affaiblis au fil du temps, remplacés par des communications virtuelles et impersonnelles. Les membres d’une même famille passent parfois plus de dix heures éloignés les uns des autres, tandis que le lieu de travail tend à se substituer au foyer. Dans certaines villes, les trajets quotidiens entre le domicile et le travail, aggravés par les embouteillages, peuvent durer plusieurs heures.
 
Certains ont encore la chance de vivre dans des villes plus modestes, où les familles demeurent relativement soudées. Mais l’on peut légitimement s’interroger sur la durée de cet équilibre dans un contexte économique et social de plus en plus fragile.
 
Aujourd’hui, dans de nombreuses villes africaines, la pauvreté et la drogue deviennent des réalités omniprésentes.
 
À l’horizon 2030, l’Afrique pourrait faire face à une grave crise liée à l’explosion urbaine. Les projections indiquent qu’environ 70 % de la population africaine vivra en zone urbaine. Cette urbanisation accélérée serait accompagnée d’un exode rural massif, laissant les campagnes principalement occupées par des personnes âgées, des enfants et des femmes peu instruites.
 
Le manque de main-d’œuvre dans les zones rurales compromettrait la production alimentaire. Le continent africain, qui importe déjà une part importante de ses besoins alimentaires, deviendrait alors encore plus dépendant des importations.
 
Si les tendances actuelles se poursuivent — notamment le sous-investissement dans les zones rurales — l’Afrique devra faire face à des défis majeurs : le logement, les transports, la pollution, la santé, l’éducation, la drogue ainsi que la criminalité urbaine risquent de devenir, dans les prochaines décennies, des problèmes particulièrement difficiles à maîtriser.
 
Zako
Centre tchadien d'études stratégiques et de recherche prospective :
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