Plusieurs raisons expliquent cette position. Obtenir des garanties avant d'arrêter les combats
Téhéran estime qu'un simple arrêt temporaire des hostilités ne suffit pas s'il n'existe aucune garantie que les États-Unis ou Israël ne reprendront pas les frappes quelques jours ou quelques semaines plus tard. Les dirigeants iraniens demandent généralement des engagements de sécurité plus solides. (Reuters) Ne pas apparaître comme ayant cédé sous la pression
Pour les autorités iraniennes, accepter un cessez-le-feu sans contrepartie pourrait être perçu, à l'intérieur du pays comme à l'étranger, comme un signe de faiblesse. Le régime cherche à préserver son image de résistance face aux pressions militaires et diplomatiques. Exiger des contreparties politiques
L'Iran a fait savoir qu'il souhaitait que tout accord traite également de questions telles que : la fin des attaques contre son territoire ; des garanties contre de nouvelles offensives ; un allègement des sanctions ; la reconnaissance de certains de ses intérêts stratégiques. (Wikipédia) La méfiance envers les États-Unis
Les responsables iraniens invoquent régulièrement le retrait américain de l'accord sur le nucléaire (JCPOA) en 2018 et d'autres épisodes passés pour justifier leur manque de confiance. Ils estiment qu'un engagement écrit ne garantit pas nécessairement le respect futur des accords. (Al Jazeera) Négocier à partir d'une position de force
Dans toute guerre, chaque camp cherche à améliorer sa position avant de négocier. Si Téhéran estime disposer encore de moyens de pression (militaires, régionaux ou économiques), il peut préférer poursuivre le rapport de force afin d'obtenir de meilleures conditions lors d'éventuelles négociations. Cela dit, les informations les plus récentes montrent que l'Iran n'écarte pas totalement la voie diplomatique. Des médiations sont en cours et Téhéran examine certaines propositions, tout en affirmant que les conditions actuelles ne répondent pas à ses exigences. De leur côté, les États-Unis déclarent rester ouverts aux négociations mais accusent l'Iran de ne pas s'engager suffisamment dans le processus diplomatique. (Reuters)
En résumé, le refus iranien d'un cessez-le-feu ne signifie pas un refus de toute négociation. Il traduit surtout la volonté de n'accepter qu'un accord répondant à ses conditions de sécurité, de souveraineté et de levée des pressions, tout en tenant compte d'un profond déficit de confiance entre les parties.
Ramy Haroun
Analyste, Chercheur associé au CEDPE
Sahel7
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