Les affrontements entre les forces conjointes majoritairement de la communauté Zaghawa alliées de l’armée soudanaise et les forces de soutien rapide majoritairement de la communauté arabe alliées du régime tchadien, ont débordé ces derniers temps sur le sol tchadien. Le déplacement sur le sol tchadien de ces affrontements soudanais a fait côté tchadien depuis décembre dernier 125 morts entre soldats et civils. Le Tchad, malgré plusieurs avertissements, s’est retrouvé obligé de prendre la situation au sérieux, selon une source proche du dossier. Le bombardement du 18 mars, a fait dix-neuf morts, dont une femme et un enfant, frappés par un drone en plein cœur du territoire tchadien. Mais au-delà des chiffres, une question obsédante demeure : qui est responsable de cette tragédie ?
Les versions s’entrechoquent. L’armée soudanaise accuse les Forces de soutien rapide (FSR). Les FSR accusent l’armée régulière. Les forces conjointes pointent du doigt l’armée tchadienne. Et N’Djamena, dans un communiqué, se contente de mettre en garde les deux camps. Dans ce brouillard de guerre, la vérité s’évapore, mais les victimes, elles, sont bien réelles.
Les versions s’entrechoquent. L’armée soudanaise accuse les Forces de soutien rapide (FSR). Les FSR accusent l’armée régulière. Les forces conjointes pointent du doigt l’armée tchadienne. Et N’Djamena, dans un communiqué, se contente de mettre en garde les deux camps. Dans ce brouillard de guerre, la vérité s’évapore, mais les victimes, elles, sont bien réelles.
Pour contenir ce débordement, le président tchadien a envoyé des renforts militaires musclés, dirigés par le chef d’état-major de l’armée, le ministre de la Défense, celui de la sécurité et l'homme fort, le commandant de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT) le général de division Bourma Hemchi Tchougoubou. Ce dernier, proche du maréchal, a été envoyé pour trancher, et c’est à lui que revient le dernier mot. A en croire, des témoins, des soldats tchadiens ont pénétré de dix km sur le sol soudanais avant de rebrousser chemin. L’objectif est de désarmer des milices opérant à la frontière des deux pays et créer une zone tampon. Les miliciens proches des forces conjointes défient le président tchadien en refusant de désarmer. Ils sont indirectement soutenus par des généraux de la même communauté tels que le commandant de la force mixte tchado soudanaise, le général Ousman Bahar Itno et le chef d’état-major général de l’armée, le général Abakar Kerenkayno. Certains jeunes de la communauté Zaghawa crient au complot et accusent le président Kaka de vouloir les désarmer pour faciliter aux FSR la prise de la ville de Tiné et d’ouvrir la frontière au passage des livraisons d’armes, seul couloir restant pour les FSR ; sachant que « la chambre des opérations de la libération du sud de la Libye » dirigé par Wardougou a fermé les frontières entre la Libye et le Soudan et incendie tout camion qui tente de passer. Le général Ousman Dillo a publiquement appelé à tuer le président Kaka. Minni Arkou Minawi, un des leaders de la force conjointe soudanaise, alliée de l'armée soudanaise a déclaré que le Soudan est déjà en guerre avec le Tchad et se dit prêt à une escalade.
Le gouverneur de la région du Darfour, Minni Arkou Minawi, a déclaré que le Soudan se trouvait déjà dans une situation de guerre avec le Tchad, accusant des acteurs armés d’entretenir une instabilité persistante à la frontière entre les deux pays.
En 72 heures, plus de 300 soldats tchadiens de la communauté Zaghawa auraient franchi la frontière soudanaise pour prêter main forte aux forces conjointes soudanaises qui semblent en difficultés face aux Forces de Soutien Rapide. Le pouvoir du président Kaka semble désormais fragilisé face à cette insurrection interne.
Le Tchad est désormais aspiré dans le conflit soudanais. Les ambiguïtés du maréchal Mahamat Idriss Kaka, accusé tour à tour de soutenir les FSR ou de fermer les yeux sur l’implication de ses soldats aux côtés de l’armée soudanaise, a fragilisé sa position. Le maréchal qui a échoué pendant cinq années de décoller le développement du Tchad, se retrouve désormais pris au piège d’une guerre qui n’est pas la sienne, mais qui menace son pouvoir.
Le plus inquiétant est ailleurs : la dimension ethnique. Le conflit soudanais est en train de prendre une tournure tribale, opposant Zaghawa et Arabes, deux communautés guerrières présentes de part et d’autre de la frontière. Si cette logique s’installe, le conflit cessera d’être seulement militaire pour devenir communautaire, avec des conséquences régionales incalculables.
La vraie question est : combien de temps encore le Tchad pourra-t-il rester debout au milieu de ce feu croisé ? Il n’est pas si sûr que le maréchal Kaka échappe à ce piège qu’il a lui-même tendu aux autres.
Pour éviter au Tchad de basculer dans une guerre par procuration, et dans l'intérêt de la paix et la cohésion sociale, déjà fragiles, des généraux sont déjà en consultation avancée.
Par Alexy Salem
En 72 heures, plus de 300 soldats tchadiens de la communauté Zaghawa auraient franchi la frontière soudanaise pour prêter main forte aux forces conjointes soudanaises qui semblent en difficultés face aux Forces de Soutien Rapide. Le pouvoir du président Kaka semble désormais fragilisé face à cette insurrection interne.
Le Tchad est désormais aspiré dans le conflit soudanais. Les ambiguïtés du maréchal Mahamat Idriss Kaka, accusé tour à tour de soutenir les FSR ou de fermer les yeux sur l’implication de ses soldats aux côtés de l’armée soudanaise, a fragilisé sa position. Le maréchal qui a échoué pendant cinq années de décoller le développement du Tchad, se retrouve désormais pris au piège d’une guerre qui n’est pas la sienne, mais qui menace son pouvoir.
Le plus inquiétant est ailleurs : la dimension ethnique. Le conflit soudanais est en train de prendre une tournure tribale, opposant Zaghawa et Arabes, deux communautés guerrières présentes de part et d’autre de la frontière. Si cette logique s’installe, le conflit cessera d’être seulement militaire pour devenir communautaire, avec des conséquences régionales incalculables.
La vraie question est : combien de temps encore le Tchad pourra-t-il rester debout au milieu de ce feu croisé ? Il n’est pas si sûr que le maréchal Kaka échappe à ce piège qu’il a lui-même tendu aux autres.
Pour éviter au Tchad de basculer dans une guerre par procuration, et dans l'intérêt de la paix et la cohésion sociale, déjà fragiles, des généraux sont déjà en consultation avancée.
Par Alexy Salem