Le ton est grave, le propos sans détour et la charge d’une rare violence institutionnelle. Le magistrat Djimrabaye Bourngar est sorti de sa réserve pour adresser une lettre ouverte particulièrement sévère au ministre tchadien de la Sécurité publique. Publié sur sa page Facebook ce 24 mai 2026, le texte prend l’allure d’un réquisitoire contre des déclarations attribuées au membre du gouvernement sur une affaire foncière et judiciaire.
Dans sa lettre, le magistrat dit avoir été profondément choqué par une séquence vidéo où le ministre aurait publiquement remis en cause la portée d’une décision de justice, allant jusqu’à évoquer la possibilité de « déchirer » une ordonnance judiciaire. Pour Djimrabaye Bourngar, de tels propos ne relèvent pas d’un simple dérapage verbal, mais constitueraient une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit.
L’homme de droit intègre dénonce notamment une confusion entre procédures judiciaires, titres fonciers et documents cadastraux. Selon lui, les déclarations du ministre traduisent une méconnaissance préoccupante de l’organisation institutionnelle et de la hiérarchie des normes. Plus encore, il estime que les propos visant des magistrats qualifiés de « corrompus » dépassent l’attaque individuelle pour atteindre l’ensemble du pouvoir judiciaire.
Dans un passage au ton particulièrement amer, le magistrat s’interroge sur l’état de fonctionnement des institutions du pays : « Seigneur, que vous a fait ce pays pour ne mériter qu’opprobre sur opprobre ? », écrit-il avant de qualifier la scène de « sinistre stand-up » politique.
La charge atteint son point culminant lorsque Djimrabaye Bourngar appelle explicitement le ministre à quitter ses fonctions, estimant qu’une démission constituerait « la seule solution pour rendre au Tchad le peu de dignité qui lui reste aux yeux du monde ».
Cette sortie publique intervient dans un contexte où les tensions autour des questions foncières et de l’indépendance de la justice continuent d’alimenter de nombreux débats au Tchad. Elle risque désormais d’ouvrir une nouvelle séquence politique et institutionnelle autour des limites du pouvoir exécutif face à l’autorité judiciaire.
Source: https://www.facebook.com/aboualkhalil79?__cft__[0]=AZYyAlJDAsF7JOc8t7G0hG7N-mBA0P2MaQ0mjrqUYdTCWfgkfRSq9QLKqcDy6qenJRmnfR979_du8ENoHbYg9OIqwPvO_lrtqsJ_3J8CWHdjXC7ibexs-7wc7kHw7l5YGESgYvvW1b4S1JnyEi0htOOUo6UpUXl8haVundi6BSBZIg&__tn__=-UC%2CP-R
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