Il est temps de mettre fin au désordre qui règne dans certains secteurs aussi sensibles que la santé et l’éducation. Une véritable enquête doit être menée sur les conditions d’ouverture et de fonctionnement des cliniques, cabinets médicaux, écoles et autres établissements privés.
Dans un pays qui se respecte, on ne confie pas la santé d’une population ou l’éducation de ses enfants à n’importe qui. Une autorisation d’ouvrir une clinique doit être délivrée à des professionnels qualifiés, et l’ouverture d’une école doit répondre à des exigences strictes en matière de compétences, d’infrastructures et de sécurité. Mais au Tchad, le constat est parfois affligeant, il semble que l’argent et les relations comptent davantage que les qualifications. On peut ainsi voir des personnes sans formation appropriée se retrouver à la tête d'établissements de santé ou d'enseignement. C’est irresponsable et dangereux.
Une clinique n’est pas un commerce comme les autres. Une école n’est pas une boutique. Dans les deux cas, des vies et l’avenir de nos enfants sont en jeu.
Le gouvernement doit donc procéder à un audit national des structures sanitaires et éducatives privées. Celles qui respectent les normes doivent être accompagnées. Celles qui présentent des insuffisances doivent être mises en conformité dans un délai raisonnable. Et celles qui fonctionnent illégalement ou mettent la population en danger doivent être fermées, sans favoritisme ni intervention politique.
Le temps des autorisations obtenues par la corruption doit prendre fin.
La santé et l’éducation ne peuvent pas être des privilèges pour ceux qui ont de l’argent ou des relations. Ce sont des responsabilités publiques qui exigent compétence, rigueur et intégrité.
Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com
Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com