Tchad: L'Union européenne au respect de ses valeurs démocratiques

Vendredi 21 Mai 2021

L'Union européenne et ses partenaires mettent sur pied des activités d’autonomisation et d’autosuffisance des populations réfugiées situées à l’Est et au Sud du pays au travers d'activités agricoles et d’activités génératrices de revenus.


Contrairement à l'union africaine, l'union européenne n'a pas emprunté une autre voie qui se contredit  avec ses valeurs en matière de démocratie. Alors que l'union africaine s'est empêchée de suspendre le Tchad de ses instances, l'union européenne a clairement condamné la prise du pouvoir par l'armée et a demandé au Conseil militaire de transition de le restituer le plus rapidement possible au civil. La position européenne pourrait compliquer encore plus la situation politico-économique au Tchad  si la junte au pouvoir ne comprend pas le message et veut compter sur l'union africaine, une coquille vide dont son existence dépend en grande partie de l'union européenne. Le CMT a intérêt de revoir sa copie et de revenir a des bons sentiments loin des slogans creux qui compliquent encore plus la situation du pays. Car, l'Union européenne reste un acteur important sur le plan politique et économique. Les relations avec la junte au pouvoir se sont détériorées depuis la répression des manifestants à N'Djamena ayant fait entre 9 et 15 morts. Dans une déclaration, le haut-représentant de l’UE a condamné la répression des manifestations de l’opposition et appelé à une transition civile. « L’Union européenne condamne fermement la répression des manifestations au Tchad. La liberté d’expression et de manifestation doit être garantie et l’action des forces de sécurité proportionnée. La cessation de toute forme de violence est l’une des conditions essentielles pour faciliter un environnement propice au dialogue national, première étape indispensable pour définir les bases d’un contrat social renouvelé« , a écrit le Joseph Borrell dans son communiqué.

Le document ci-dessous retrace les relations historiques du Tchad avec l'union européenne

Nées en 1963 de l'Accord de Yaoundé entre les pays ACP et la Commission Economique Européenne, les  relations Tchad - Union européenne sont axées sur trois piliers : Dialogue politique (art. 8), Coopération au développement (FED) et Intégration dans l'économie mondiale et libéralisation des échanges (Accords de partenariat économique).

Le cadre actuel qui régit les relations Eu-ACP, connu sous le nom de l'accord de Cotonou, expirera en février 2020. Les négociations sur un nouvel accord de partenariat sont en cours.
 
 

D'ailleurs les relations se sont élargies et approfondies au fil des années, et couvrent de nouveaux défis notamment la migration, la sécurité, le changement climatique, la lutte contre les trafics et contre le terrorisme, etc.
 
 

Plusieurs nouveaux instruments ont été conçu pour répondre à ces nouveaux défis et sont déployés au Tchad dont notamment le Fonds Fiduciaire d'Urgence, la Facilité de paix pour l'Afrique et plus récemment le Plan d'Investissement Extérieur.
 
 

L'UE a un partenariat stratégique avec le G5 dans le domaine de la sécurité et du développement au sein duquel le Tchad joue un rôle primordial. L'UE est aussi un partenaire important de la Force Multilatérale Mixte qui combat Boko Haram est dans laquelle le Tchad est un partenaire important.  

L’Accord de Cotonou a intégré le dialogue politique avec les institutions nationales sur les enjeux d’intérêt commun. Le dialogue se traduit par des réunions formelles entre Chefs de mission de l'UE et membres du Gouvernement. De nombreuses rencontres à caractère plus ciblé en liens avec les questions de coopération ou des questions d'intérêt commun se tiennent aussi de façon régulière. Au titre de ce dialogue, l'UE tient également des sessions avec l'Assemblée nationale, la société civile et la classe politique.
 
 

Dans le cadre du dialogue politique, l'Union européenne a facilité les concertations entre la majorité présidentielle et l'opposition en 2006-2007 et accompagné le processus démocratique en 2011. L'accompagnement des acteurs politiques tchadiens par l'UE a été à la base de la réforme législative et de la mise en place d'une administration électorale.

L'UE soutient les orientations du gouvernement tchadien à travers un ensemble de projets, tant au niveau régional que national. Ces derniers visent à améliorer les finances publiques (appui à la modernisation des finances publiques),  renforcement de l'appareil statistique, amélioration de l'environnement des affaires la transparence dans la gestion des ressources pétrolières, etc. L'union européenne a également un Programme d'Appui Budgétaire avec le Tchad qui a pour  objectif d'appuyer le pays dans la redynamisation de ses principales fonctions de prévision et de gestion des finances publiques, pour renforcer la mise en œuvre de ses politiques publiques et en particulier, celles contribuant à la réduction de la malnutrition chronique.
 
 

Plus récemment, l'UE a lancé le Plan d'investissement extérieur qui veut encourager les investissements en Afrique.

Le développement du commerce régional est entravé par les délais et les coûts importants dus à l’enclavement du pays. Le Tchad exporte principalement du pétrole et des produits agricoles (bétail, coton, arachides, céréales). Le pays importe principalement des combustibles et des biens d'équipement.
 
 

Dans le cadre de ses relations commerciales avec l'UE, le Tchad bénéficie de l'Initiative tout sauf les armes accordée aux pays les moins avancés et qui permet l'accès au marché européen sans droits de douane et sans restriction quantitative. Ce cadre est cependant en cours de modification.
L'Union européenne soutient les orientations du gouvernement tchadien dans le domaine du commerce à travers un ensemble de projets pilotés au niveau régional par la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC).

Le Tchad fait partie des pays les plus pauvres du monde et le taux de croissance de l’économie est insuffisant pour permettre une amélioration des conditions de vie des Tchadiens. Cette stagnation économique et sociale s’explique essentiellement par la fragilité des institutions et une forte insuffisance de l’État de droit, deux éléments qui dissuadent l’initiative privée.
 
 

Dans ce contexte, la stratégie de l’UE est de contribuer à la bonne gestion des affaires publiques et à la sécurité dans le pays afin de favoriser un cycle de croissance économique durable et une réduction de la pauvreté. Trois domaines d’action apparaissent :
 
 

• La coopération entre le Tchad et l'UE dans le domaine de la bonne gouvernance se concentre notamment sur les forces de sécurité intérieure, la justice, les finances publiques, le développement du secteur privé et la gouvernance locale.
 
 

• Dans le domaine des infrastructures, la coopération UE-Tchad porte sur deux secteurs principaux : l'accès à l'eau potable et l'amélioration des conditions de transport. Un appui au secteur de l'énergie est également apporté depuis quelques années.
 
 

• Les programmes liés au développement rural, à la sécurité alimentaire et à la gestion durable de l'environnement interviennent dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage, de l'environnement et de la sécurité alimentaire.
 
 

L’Union européenne intervient à travers ses instruments de financement des programmes et projets notamment le Fonds Européen de Développement et lignes budgétaires «thématiques» suivants : Instrument européenne pour la démocratie et les droits de l'homme (IEDDH), Instrument contribuant à la stabilité et à la paix (ICSP), sécurité alimentaire, environnement et ressources naturelles, acteurs non étatiques et autorités locales, Facilité alimentaire instrument d’aide humanitaire, l’instrument de financement de la coopération au développement (ICD), etc.
 

Le dialogue avec la société civile constitue l'un des soucis constants de l'UE lors de la mise en œuvre de ses projets au Tchad.
 
 

Les programmes thématiques permettent de rencontrer la société civile lors des réunions d'information et de formation. Ils permettent également de la renforcer, à travers la construction de locaux, l'équipement, la formation ou le financement des actions entrant dans leurs domaines d'activité.
 
 

Les défis liés aux organisations de la société civile tiennent au renforcement de leurs capacités, à l'amélioration de leur représentativité et de leur légitimité, et à leur dynamisme.
 
 

Le programme d'appui à la société civile vise en priorité à élargir le spectre des bénéficiaires de l’aide européenne notamment en favorisant l’appui des acteurs émergents dans le monde rural et les centres urbains ; une attention particulière est donnée aux associations de jeunes et de femmes. Le programme œuvre également à accroître la participation des citoyens dans la vie politique, économique et sociale. La structuration des organismes impliqués dans des initiatives de gouvernance est promue ainsi que les initiatives de dialogue interculturel et interreligieux.

L'UE apporte depuis 2003 une aide humanitaire au Tchad essentiellement dans quatre régions :
 
 

• l'est du Tchad où, à la frontière du Darfour soudanais, il s'agit principalement d'apporter une assistance aux réfugiés et aux populations locales les plus vulnérables.
 
 

• la bande sahélienne où, dans une région semi-désertique, les objectifs principaux sont de prévenir et répondre aux crises alimentaires et réduire la malnutrition
 
 

• au sud où vivent des retournés et des refugiés centrafricains.
 
 

• dans la zone du Lac Tchad
 
 

L’aide humanitaire de l'Union européenne s’oriente principalement vers l’assistance alimentaire, les soins de santé, l'accès à l’eau et aux installations sanitaires, la fourniture de vivres, d’abris, la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère, la lutte contre les épidémies comme le choléra et l’hépatite E. Les bénéficiaires de cette aide sont les réfugiés, les déplacés, les retournés et les personnes en insécurité alimentaire.
 
 

L'aide humanitaire est mise à disposition des victimes de façon impartiale, c’est-à-dire indépendamment de leur race, de leur groupe ethnique, de leur religion, de leur sexe, de leur âge, de leur nationalité ou de leur appartenance politique, par l’intermédiaire des partenaires opérationnels.
 
 

L'Union européenne et ses partenaires mettent sur pied des activités d’autonomisation et d’autosuffisance des populations réfugiées situées à l’Est et au Sud du pays au travers d'activités agricoles et d’activités génératrices de revenus. D’autres programmes mis en place par des partenaires appuient la réinsertion socio-économique des retournés tchadiens et des réfugiés centrafricains et soudanais.