Tchad: L’une des principales innovations de cette nouvelle architecture gouvernementale réside dans la création du poste de vice-Premier ministre.

Jeudi 2 Avril 2026

Au-delà des annonces et des équilibres politiques, c’est bien la capacité réelle de ce gouvernement à mobiliser des ressources et à traduire ses intentions en actions concrètes qui déterminera sa crédibilité et son efficacité.


Le nouveau gouvernement tchadien, annoncée hier soir, suscite déjà de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. D’emblée, il convient de souligner une volonté apparente d’ouverture. La jeunesse et les femmes y occupent une place non négligeable, traduisant un effort d’inclusion politique souvent revendiqué ces dernières années par la société civile.

Par ailleurs, la présence d’intellectuels à des postes stratégiques, notamment dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur, peut être perçue comme un signal en faveur d’une gouvernance davantage axée sur les compétences. Cette orientation pourrait, en théorie, contribuer à impulser des réformes structurelles dans des domaines clés du développement national.

L’une des principales innovations de cette nouvelle architecture gouvernementale réside dans la création du poste de vice-Premier ministre. Toutefois, l’absence, à ce stade, de clarification sur ses attributions exactes soulève des interrogations quant à sa réelle plus-value institutionnelle et fonctionnelle.
Au-delà de ces éléments de composition, une question fondamentale demeure : ce gouvernement dispose-t-il des moyens financiers nécessaires pour répondre efficacement aux priorités urgentes du pays ? Parmi celles-ci figurent notamment l’accès à l’électricité et à l’eau, le renforcement de la sécurité, le développement des infrastructures, la lutte contre la corruption, le renforcement de la paix à travers la réconciliation avec le reste des mouvements politico-militaires, l'ouverture aux partis politiques, ainsi que la lutte contre la vie chère, qui affecte durement les populations.

Pour apporter une réponse pertinente à cette interrogation, il apparaît indispensable de replacer la situation dans son contexte récent. À cet égard, la démission du ministre de l’Enseignement supérieur M. Tom Erdimi, constitue un indicateur important des tensions internes ou des contraintes structurelles auxquelles fait face l’appareil étatique. De même, la récente prise de parole du Médiateur de la République mérite une attention particulière, dans la mesure où elle pourrait éclairer les défis institutionnels et les attentes sociales actuelles.

En somme, au-delà des annonces et des équilibres politiques, c’est bien la capacité réelle de ce gouvernement à mobiliser des ressources et à traduire ses intentions en actions concrètes qui déterminera sa crédibilité et son efficacité.


Une réaction faite à la demande de la radio panafricaine Ifriqya, de l'Union africaine.

Par Dr. Ahmat Yacoub Dabio 
Expert en gestion de crises complexes et interdépendantes
Président du Centre d'Etudes pour le Développement et la Prévention de l'Extrémisme (CEDPE)
Président de Liberté Sans Frontière (LSF) -
Point Focal du Réseau des organisations de la société civile du Bassin du Lac Tchad/ Tchad
Membre de l'Association Internationale des sociologues de langue française (AISLF)

Ancien Conseiller chargé de Mission du Médiateur de la République
Tel/Watsup: 00250796518396
00 235 99860817
standard: 0023592335316
www.centrerecherche.com

Auteur de l'ouvrage: La gestion de conflits à travers la médiation 460 pages 

من اللافت منذ الوهلة الأولى في تشكيل الحكومة التشادية الجديدة، الذي أُعلن عنه مساء أمس وجود توجه نحو الانفتاح، حيث لم يتم إغفال فئتي الشباب والنساء، وهو ما يعكس محاولة لتعزيز مبدأ الشمولية السياسية الذي طالما طُرح في السنوات الأخيرة
كما أن تعيين عدد من النخب الأكاديمية في مناصب استراتيجية، خاصة في قطاعي التعليم والتعليم العالي، يمكن اعتباره مؤشراً على توجه نحو حكامة قائمة على الكفاءة. ومن شأن هذا التوجه، نظرياً، أن يساهم في دفع إصلاحات هيكلية في مجالات حيوية للتنمية الوطنية.
ومن أبرز المستجدات في هذه التشكيلة الحكومية استحداث منصب نائب رئيس الوزراء. غير أن غياب توضيح دقيق لصلاحيات هذا المنصب حتى الآن يثير تساؤلات حول قيمته المضافة على المستويين المؤسسي والعملي.
وبعيداً عن تركيبة الحكومة، يبقى التساؤل الجوهري قائماً: هل تتوفر لدى هذه الحكومة الموارد المالية الكافية للاستجابة للأولويات الملحة في البلاد؟ وتشمل هذه الأولويات على وجه الخصوص توفير الكهرباء والمياه، وتعزيز الأمن، وتطوير البنية التحتية، فضلاً عن مواجهة غلاء المعيشة الذي يثقل كاهل المواطنين.
وللإجابة عن هذا السؤال، من الضروري العودة إلى السياق القريب وتحليله. ففي هذا الإطار، تشكل استقالة وزير التعليم العالي مؤشراً مهماً على وجود توترات داخلية أو إكراهات هيكلية تواجه مؤسسات الدولة. كما أن التصريحات الأخيرة لوسيط الجمهورية تستحق الوقوف عندها، لما قد تحمله من دلالات حول التحديات المؤسسية والانتظارات المجتمعية الراهنة.
وفي المحصلة، فإن معيار نجاح هذه الحكومة لن يكون في تركيبتها أو في التوازنات السياسية التي تعكسها، بل في قدرتها الفعلية على تعبئة الموارد وترجمة وعودها إلى سياسات وإجراءات ملموسة على أرض الواقع