Tentative de coup d’État au Mali : Deux généraux et plus de 45 officiers arrêtés en pleine crise politique et en escalade des attaques djihadistes

Dimanche 3 Mai 2026

Les arrestations ont eu lieu dans les environs de la capitale Bamako à l’aube dimanche, en l’absence de clarifications officielles, tandis que des sources parlementaires ont indiqué que l’objectif était de renverser le conseil militaire au pouvoir.


Depuis le dimanche 10 août 2025, le Mali est témoin d’un développement remarquable marqué par une tentative de coup d’État au Mali, après que les autorités ont annoncé l’arrestation de plus de 45 militaires, dont le général de division Abbasbas Dembélé, ancien gouverneur de la région de Mopti et l’un des noms les plus en vue de l’armée, ainsi que la générale de division Nema Sagara, l’une des rares commandantes féminines de l’Armée de l’air malienne.

Les arrestations ont eu lieu dans les environs de la capitale Bamako à l’aube dimanche, en l’absence de clarifications officielles, tandis que des sources parlementaires ont indiqué que l’objectif était de renverser le conseil militaire au pouvoir.

Ces développements s’inscrivent dans un contexte politique et sécuritaire très complexe, le conseil militaire dirigé par le colonel Assimi Goita continuant de diriger le pays depuis les deux coups d’État successifs de 2020 et 2021, avec les élections présidentielles reportées à 2027 et la dissolution de tous les partis politiques en mai dernier, ce qui a suscité des protestations et des critiques concernant le resserrement de l’espace politique et la restriction du pluralisme.

Ces décisions, ainsi que la prolongation de la transition, ont approfondi les divisions internes et accru la fragilité du paysage public. Sur le plan sécuritaire, une tentative de coup d’État au Mali coïncide avec une escalade des attaques de groupes djihadistes, dirigés par l’organisation « Nusrat al-Islam wal-Muslimin », qui ont lancé une attaque contre la base polksi au centre du pays le 1er juin 2025, tuant plus de 30 soldats.

Les données du projet Armed Conflict Sites and Events (ACLED) indiquent que le premier semestre de 2024 a vu 7 620 morts dans la région du Sahel à la suite de violences armées, reflétant l’ampleur des menaces et leur interaction avec les conditions politiques.

En conséquence, cet article offrira une lecture rapide et ciblée de l’événement dans son contexte général, à travers trois axes principaux : le contexte politique et le contexte politique au Mali, la dynamique des divisions militaires et internes, ainsi que l’équation sécuritaire et ses implications pour la stabilité du pays et son avenir immédiat.

Premièrement : contexte et contexte

Après une tentative de coup d’État au Mali le 11 août 2025, le pays reprend une trajectoire marquée par des changements marqués depuis 2020, puisque l’armée a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita en août 2020, avant que le colonel Assimi Goita ne renverse la direction de transition en mai 2021 et n’assume la présidence de l’État. Ces coups d’État successifs provoquèrent une transition temporelle ouverte et un changement dans l’équilibre des pouvoirs au sein de Bamako.

Au cours de 2023-2025, des signes de consolidation du régime militaire s’accumulaient, le report des élections initialement prévues, puis les recommandations du « Dialogue national » en avril 2025 visant à nommer Goita président pour un mandat de cinq ans, qui a ensuite été transformé en une voie législative lui accordant un mandat renouvelable. Le pays est ainsi passé d’une promesse de transition courte à un horizon politique qui s’étend jusqu’en 2027 et au-delà.

Cela a coïncidé avec le resserrement de l’espace politique : le 7 mai 2025, les autorités ont suspendu les activités des partis « jusqu’à nouvel ordre », puis ont dissous tous les partis le 13 mai, provoquant de rares manifestations à Bamako et ramenant la question de la légitimité au premier plan. Cette fermeture du domaine public a servi de contexte direct aux événements actuels.

À l’extérieur, la trajectoire interne s’est accompagnée d’un repositionnement des alliances régionales et internationales, tandis qu’un environnement sécuritaire volatile s’est poursuivi en raison de l’activité des groupes djihadistes dans le nord et le centre. Ce chevauchement d’une transition politique ouverte et de la fragilité croissante de la sécurité forme le contexte plus large dans lequel la récente tentative de coup d’État au Mali a émergé.

Deuxièmement : La dynamique de l’institution militaire et la fracture interne

L’essence de l’événement actuel est l’arrestation de plus de 45 militaires, dont le général de division Abbas Dembele (ancien gouverneur de la région de Mopti) et le général de division Nema Sagara de l’Armée de l’air, sous prétexte de chercher à « déstabiliser les institutions » et à renverser le conseil militaire. La sensibilité de ces deux noms au sein de l’armée, et en particulier la popularité de Dembele dans certains milieux, témoigne de tensions atténuées au sein de l’establishment.

Le calendrier des arrestations — à l’aube de dimanche en périphérie de Bamako — et l’absence de détails officiels détaillés suggèrent que la direction cherche à réprimer rapidement tout bloc potentiel. Dans la littérature sur les coups d’État au sein d’armées fragiles, les arrestations préventives sont un outil pour dissuader la « contagion de l’aventure » au sein des unités, surtout lorsqu’elles coïncident avec du ressentiment au cours de la transition. Dans ce contexte, une tentative de coup d’État au Mali sert de test à la cohésion de la pyramide du leadership.

Les répercussions de ce développement dans le cadre de la gouvernance dépendront de savoir si les arrestations mettent fin à leurs conducteurs ou exposent une fracture plus large. Si le cercle de suspicion s’élargit pour inclure des rangs équilibrés, cela pourrait contraindre la direction à réorganiser les loyautés au sein de l’appareil, ce qui pourrait affecter la capacité de l’État à gérer d’autres dossiers en parallèle.

Troisièmement : l’équation sécurité et légitimité

Le 1er juin 2025, une attaque meurtrière contre la base de Polksi a été enregistrée, suivie d’une fréquence d’attaques ciblées dans l’est du pays, renforçant l’image d’un adversaire qui s’étend géographiquement et exerce une pression tactique. Dans ce contexte, une tentative de coup d’État au Mali affaiblit l’image du contrôle central et prive l’attention opérationnelle.

Des rapports indépendants montrent que la Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM) a augmenté le coût de la violence régionale ces derniers mois, avec des centaines de morts rien qu’en mai à travers le Mali, le Burkina Faso et le Niger, tandis qu’une analyse approfondie surveille l’expansion et l’exploitation des lacunes de gouvernance par le groupe. Cette tendance met une pression sur la légitimité de l’AP, qui lie sa survie à des promesses de sécurité.

Sur le plan politique, nous constatons que les contraintes de la sphère publique — de la suspension des activités à la dissolution des partis — sapent les voies d’expression pacifique et augmentent la probabilité de voies inconstitutionnelles, ouvrant la possibilité de tentatives répétées comme la tentative de coup d’État au Mali. La répression politique coïncide avec l’escalade des attaques djihadistes, créant un cycle qui érode la légitimité et disperse les outils de dissuasion.

Conclusion

À la lumière de ces développements, une tentative de coup d’État au Mali est une nouvelle indication de la fragilité de la structure politique et sécuritaire du pays, alors que les facteurs de fermeture politique et de divisions au sein de l’armée convergent avec des menaces djihadistes croissantes, créant un mélange complexe de risques. Ces éléments, s’ils continuent d’interagir sans traitement équilibré, peuvent rendre le paysage vulnérable à des perturbations récurrentes qui compromettent les chances de stabilité à moyen terme.

En prévision de l’issue de l’événement, trois chemins possibles peuvent être envisagés, à savoir :

La direction actuelle devrait pouvoir consolider son contrôle en renforçant les loyautés au sein de l’armée et en contempérant les vagues de mécontentement, lui permettant de continuer à gérer la période de transition jusqu’en 2027, bien que sous des pressions sécuritaires persistantes. Les divisions devraient s’élargir ou les tentatives de coup d’État renouveler si les autorités ne s’attaquent pas aux causes des tensions au sein de l’armée ou ne répondent pas aux exigences politiques. L’aggravation des défis sécuritaires — notamment de la part des groupes djihadistes — devrait forcer un réordre des priorités de gouvernance, ce qui pourrait pousser à une ouverture politique calculée pour attirer un soutien intérieur et externe plus large.

Dans tous les cas, la trajectoire du Mali dépend de sa capacité à formuler une équation qui maintient un minimum de cohésion institutionnelle, répond aux aspirations de la société et fait face à des défis sécuritaires qui transcendent ses frontières nationales.