Transitions politiques, souveraineté institutionnelle et légitimité des États : comment (re) construire durablement la confiance et la stabilité ?

Vendredi 24 Avril 2026

Forum international de Dakar sur la Paix et la sécurité en Afrique
Dakar 20 – 21 avril 2026
 
Contribution : Dr. Ahmat Yacoub Dabio
                         Expert en gestion de conflits
                         Président du CEDPE

La question de la souveraineté institutionnelle et de la légitimité des États en Afrique ne peut être dissociée des réalités vécues. Les transitions politiques, souvent marquées par des crises, révèlent une fragilité structurelle. La confiance entre gouvernants et gouvernés s’est érodée, et la stabilité reste précaire. Sans rentrer dans le détail des expériences que nous avons tous été témoins oculaires dans certains pays africains, trois axes me paraissent essentiels pour reconstruire durablement cette confiance :
Réhabiliter la souveraineté institutionnelle Les institutions doivent être indépendantes, crédibles et capables de résister aux pressions politiques, économiques et sociales, qu’elles soient internes ou externes. Et pour atteindre cet objectif, il faut nécessairement renforcer la Justice, les parlements et les organes de contrôle afin de garantir l’État de droit et la transparence. Refonder la légitimité des États La légitimité ne se décrète pas, elle se construit par l’inclusion. Elle repose sur la capacité des États à répondre aux besoins essentiels qui sont : la sécurité, l’alimentation, la santé, l’emploi, l’éducation, le logement. C’est en tout cas, le devoir d’un Etat normal envers son peuple. Les transitions doivent être participatives, associant les partis politiques, la société civile, avec un rôle important des femmes et des jeunes dans ces structures. Replacer la confiance au cœur du contrat social La confiance se bâtit par la proximité grâce à un État qui écoute, qui rend des comptes et qui agit. La société civile et les communautés locales doivent être reconnues comme des acteurs de la stabilité. La paix sociale et la cohésion nationale sont les véritables fondations de la souveraineté.
En somme, la stabilité durable ne viendra ni des interventions extérieures ni des solutions imposées, mais d’une reconstruction endogène, quartier par quartier, village par village, institution par institution. La souveraineté africaine doit être pensée comme une souveraineté partagée entre l’État et ses citoyens, fondée sur la confiance et la responsabilité mutuelle.
L’avenir de nos États dépend de notre capacité à transformer les transitions politiques en opportunités de refondation, et non en cycles de crises répétées.