Trump menace de détruire Oman, un allié amérciain

Vendredi 29 Mai 2026

Les conseillers de Trump doivent se mobiliser pour l’encadrer avant qu’il ne fasse une erreur grave, comme appuyer sur le bouton nucléaire.


La double confusion de Trump
Trump a confondu Oman avec l'Iran, provoquant des inquiétudes diplomatiques. Et ce n'était pas sa seule erreur ce jour-là. Le milliardaire de 79 ans a également déclaré que l'économie américaine restait florissante "en dépit du conflit avec le Venezuela, qui n'a plus de marine, qui n'a plus d'armée de l'air", confondant ainsi l'Iran et le Venezuela.
 
Oman : un allié clé, pas un ennemi
Le contexte rend cette confusion particulièrement explosive. Depuis le 1er mars 2026, dans le cadre de la guerre contre l'Iran, Oman a subi une série de frappes de drones iraniens, ciblant notamment le port de Duqm et le port de Salalah, utilisés par les États-Unis eux-mêmes. Ces attaques ont tué 7 personnes. Autrement dit, Oman est une victime de l'Iran et un hôte de l'armée américaine, exactement l'inverse de ce que Trump semblait sous-entendre.
De plus, des envoyés de Trump ont directement rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères à Oman pour des négociations diplomatiques. Oman sert donc de médiateur de paix pour Washington dans la crise iranienne.
 
L'enjeu : le détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz, sur lequel porte la question posée à Trump, est l'un des points les plus stratégiques de la planète, 30 % du pétrole mondial y transite. Oman en contrôle la rive sud. Menacer Oman sur ce sujet, même par confusion, envoie un signal catastrophique aux alliés du Golfe.
 
En résumé, ce n'est pas une menace politique réfléchie, c'est un dérapage verbal révélateur, mêlant confusion géographique et rhétorique guerrière. Mais dans le contexte d'une guerre ouverte avec l'Iran et de négociations diplomatiques sensibles, même une confusion peut entraîner des conséquences réelles sur la crédibilité américaine auprès de ses alliés arabes.

Les conseillers de Trump doivent se mobiliser pour l’encadrer avant qu’il ne fasse une erreur grave, comme appuyer sur le bouton nucléaire.

 

Par MS Abdelsalam
Chercheur associé au CEDPE