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Un étudiant tchadien met le Bili-bili à l'honneur à l'Université de Dschang

Jeudi 30 Juillet 2026

Cette recherche scientifique s'inscrit dans un domaine en plein essor : la valorisation scientifique des aliments et boissons traditionnels africains.


image Tchad24

Voici une version restructurée, plus scientifique et plus valorisante.

 

La recherche scientifique tchadienne vient d'enregistrer une nouvelle avancée remarquable. Un étudiant tchadien de l'Université de Dschang (Cameroun) a soutenu avec succès une thèse consacrée à la « Caractérisation techno-fonctionnelle du microbiote du Bili-bili, bière traditionnelle à base de sorgho produite au Tchad », obtenant la mention Très Honorable, la plus haute distinction décernée lors d'une soutenance de doctorat. L'Université de Dschang a bien organisé ses soutenances doctorales en juillet 2026. (univ-dschang.org)

Cette recherche s'inscrit dans un domaine en plein essor : la valorisation scientifique des aliments et boissons traditionnels africains. L'objectif n'est pas seulement de mieux connaître le Bili-bili, mais également d'identifier les micro-organismes responsables de sa fermentation, d'évaluer leurs propriétés technologiques et d'explorer leur potentiel dans les domaines de l'agroalimentaire, de la nutrition et de la santé.

Le Bili-bili est une boisson traditionnelle largement consommée au Tchad, élaborée principalement à partir de sorgho — et non de mil, comme on l'entend parfois. Sa fabrication repose sur une fermentation naturelle, réalisée selon un savoir-faire transmis de génération en génération. Cette fermentation fait intervenir une communauté complexe de levures et de bactéries, appelée microbiote, qui détermine les qualités gustatives, nutritionnelles et sanitaires de la boisson.

L'étude de ce microbiote présente un intérêt scientifique majeur. Elle permet notamment de mieux comprendre les mécanismes de fermentation, d'améliorer la qualité et la sécurité sanitaire de la boisson, de sélectionner des ferments performants pour une production plus régulière et, à terme, de développer des applications industrielles tout en préservant le caractère traditionnel du produit.

Au-delà du Bili-bili lui-même, cette thèse illustre l'importance de la recherche sur les ressources alimentaires locales. Pendant longtemps, de nombreux produits africains ont été consommés sans faire l'objet d'études scientifiques approfondies. Pourtant, ils renferment souvent une biodiversité microbienne et des propriétés nutritionnelles susceptibles d'intéresser l'industrie agroalimentaire, la recherche en microbiologie et même le développement de nouveaux aliments fonctionnels.

Cette réussite est également un motif de fierté pour le Tchad. Elle montre que les produits du patrimoine alimentaire national peuvent devenir des objets de recherche de haut niveau et contribuer à l'innovation scientifique. Elle rappelle aussi que le développement ne repose pas uniquement sur les ressources minières ou énergétiques, mais également sur la valorisation des savoirs locaux, de la biodiversité et des traditions alimentaires.

Le parcours de ce jeune chercheur illustre enfin le rôle essentiel des universités africaines dans la production de connaissances adaptées aux réalités du continent. En mettant la science au service des produits traditionnels, cette recherche ouvre la voie à une meilleure valorisation du patrimoine tchadien, à l'amélioration des procédés de fabrication et à la création, demain, de nouvelles opportunités économiques pour les producteurs locaux.

Le Bili-bili, longtemps considéré comme une simple boisson traditionnelle, devient ainsi un véritable objet de recherche scientifique, démontrant que les connaissances ancestrales peuvent dialoguer avec la science moderne au bénéfice du développement.

Si le travail porte bien sur le Bili-bili tchadien, il pourrait constituer une référence importante pour la valorisation du sorgho, de la fermentation traditionnelle et du patrimoine agroalimentaire du Tchad.

MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Document basé sur plusieurs sources.