La Coalition des Actions Citoyennes Wakit-Tamma, section politique, dénonce avec la plus grande fermeté la décision honteuse du régime dictatorial de Mahamat Idriss Déby de retirer le Tchad du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI)
Ce retrait, dicté par l'administration Trump pour protéger ses alliés de toute poursuite, est une manœuvre visant à soustraire le pouvoir dynastique de Mht Kaka aux justices internationale et nationale. Mahamat Idriss Déby cherche à échapper à toute poursuite pour les crimes qu'il a commis contre son propre peuple, en s'assurant que la CPI ne puisse jamais enquêter sur les massacres perpétrés sous son règne. Cette décision est un coup de poignard porté aux victimes des crimes commis par ce régime sanguinaire.
Nous rappelons les massacres et répressions perpétrés par la dictature :
· Le 20 octobre 2022 : des centaines de manifestants pacifiques ont été froidement abattus, des centaines arrêtés et déportés à Koro Toro dans des conditions inhumaines, sans aucun procès équitable ; et plusieurs disparus
· Le 28 février 2024 : Yaya Dillo, cousin du dictateur et rival politique, a été assassiné à bout portant lors de l'assaut militaire contre le siège de son parti, le bâtiment rasé, sa famille laissée sans enquête ni autopsie ;
· L'enlèvement et la condamnation de Succès Masra : en mai 2025, le leader des Transformateurs a été arrêté et condamné à 20 ans de prison dans un procès expéditif, neutralisant ainsi toute opposition crédible ;
· L'arrestation des 8 leaders du GCAP : le 25 avril 2026, 8 opposants du Groupe de concertation des acteurs politiques ont été arrêtés et placés en détention provisoire pour « association de malfaiteurs » et « rébellion ». Wakit-Tamma SP exige leur libération immédiate et sans condition ;
· La dissolution du GCAP : la Cour suprême a prononcé la dissolution de cette coalition d'opposition, principale plateforme à contester systématiquement les élections, dans une tentative d'éliminer toute opposition organisée ;
· La répression de la société civile : plusieurs organisations critiques du régime ont été dissoutes ou suspendues, leurs dirigeants arrêtés et leurs activités interdites, dans une tentative d'étouffer toute voix dissidente ;
· Les détentions arbitraires : des dizaines d'opposants, de journalistes et de militants des droits humains croupissent dans les cachots, victimes de la terreur d'État instaurée par le régime.
Le régime est également complice des massacres au Soudan. Il soutient logistiquement les Forces de soutien rapide (FSR) et facilite l'acheminement d'armes, contribuant aux crimes de guerre qui ensanglantent le Darfour, faisant des milliers de victimes civiles.
Au nom du peuple tchadien, Wakit-Tamma, section politique, ne reconnaît pas ce retrait et considère toujours le Tchad comme membre actif de la Cour pénale internationale. Ce retrait est nul et non avenu car il ne reflète pas la volonté du peuple tchadien, qui aspire à la justice et à la fin de l'impunité. La CPI reste compétente pour juger tous les crimes commis au Tchad, y compris ceux perpétrés par Mahamat Idriss Déby et ses complices.
Nous exigeons le retour immédiat du Tchad à la CPI, la libération de tous les prisonniers politiques, l'annulation de la dissolution du GCAP, la réhabilitation des organisations de la société civile et une enquête indépendante sur les crimes du régime. La communauté internationale en générale et la France en particulier doit cesser de soutenir ce régime criminel et inhumain.
Fait à Paris, le 27 juillet 2026
Le coordonnateur national de la Coalition des Actions Citoyennes Wakit-Tamma / Section politique