Les Houthis ont réalisé en quelques jours une percée majeure sur la côte occidentale du Yémen. Après la prise de Mokha, ils ont progressé vers Dhubab et pris position sur l'île de Mayyun (Perim), au cœur du détroit de Bab el-Mandeb.
Des forces gouvernementales et leurs alliés se sont retirés, tandis que des responsables militaires réclamaient davantage de couverture aérienne saoudienne. Riyad, selon Reuters, a limité son engagement militaire, redoutant une nouvelle escalade avec les Houthis.
Le chiffre de 60 000 soldats qui se seraient rendus n'est toutefois pas confirmé à ce stade. Le véritable enjeu est ailleurs : si le contrôle houthi de Bab el-Mandeb se consolide, l'Iran et ses alliés disposeront d'un puissant levier sur l'une des principales routes maritimes mondiales, en complément de la pression exercée sur le détroit d'Ormuz.
Le problème pour Riyad ne se limite plus à la guerre au Yémen. Il s’agit désormais aussi de sécuriser ses voies d’exportation et de préserver l’équilibre stratégique de la mer Rouge. Certains estiment que l’implication saoudienne et émiratie n’est pas étrangère à l’effondrement de l’armée yéménite.
Les deux puissances régionales du Golfe cherchent à étendre leur influence dans les régions arabes et africaines, comme on peut le voir au Soudan. Il faut aussi prendre en compte l’étincelle déclenchée dans cette région par le président Trump lorsqu’il a pris l’initiative unilatérale d’attaquer l’Iran pour, selon lui, l’empêcher de se doter d’une arme nucléaire. Aujourd’hui, la région est en feu et la flambée des prix dans le monde entier ne cesse d’inquiéter. Face à cette situation devenue incontrôlable, la communauté internationale, soutenue par l’Europe, la Russie, la Chine et la Turquie, doit se mobiliser pour trouver une porte de sortie et éviter une issue tragique pour le monde.
Dr. Ahmat Yacoub Dabio, Expert en gestion de conflits, prsident du CEDPE.
Sarah H. Salmane,
analyste, chercheure associée au CEDPE.
Sahel7, www.centrerecherche.com