Sous la loupe

La Doctrine occidentale du chaos, une stratégie qui a profondément remodelé le Monde

Mardi 21 Juillet 2026

Prévenir une nouvelle spirale de violence devrait constituer une priorité pour l'ensemble de la communauté internationale. Les décisions prises aujourd'hui façonneront durablement l'avenir de la région.


 
Depuis plus de deux décennies, de nombreux observateurs estiment que plusieurs interventions militaires occidentales, en particulier celles menées ou soutenues par les États-Unis, ont profondément transformé le Moyen-Orient. L'Irak, la Libye, la Syrie et l'Afghanistan sont souvent cités comme des exemples où des changements de régime ou des interventions extérieures ont été suivis d'une longue période d'instabilité, de fragmentation institutionnelle et de crises humanitaires.
 
Pour certains analystes, cette succession d'événements s'apparente à une « doctrine du chaos ». L'idée selon laquelle le désordre géopolitique peut être utilisé comme un levier stratégique pour affaiblir des États jugés hostiles ou pour redessiner les équilibres régionaux. D'autres chercheurs contestent cette interprétation et estiment que les conflits résultent davantage d'un enchaînement d'erreurs stratégiques, de rivalités régionales et de dynamiques internes complexes que d'une stratégie délibérée de création du chaos.
 
Quel que soit le point de vue adopté, le constat demeure préoccupant. L'Irak peine encore à surmonter les conséquences de l'invasion de 2003. La Libye reste divisée entre plusieurs centres de pouvoir et sa déstabilisation a créé le chao dans le Sahel, une zone investie par le terrorisme. La Syrie, après plus d'une décennie de guerre, fait face à une reconstruction immense. Quant à l'Afghanistan, le retour des talibans en 2021 a soulevé de nombreuses interrogations sur le bilan de vingt années d'intervention internationale.
 
Aujourd'hui, les tensions autour de l'Iran ravivent ces débats. Beaucoup s'interrogent sur cette confrontation ouverte qui risquerait de reproduire les mêmes schémas, avec des conséquences encore plus lourdes pour la stabilité régionale et mondiale ? L'Iran représente un acteur régional majeur, doté d'importantes capacités militaires et d'un réseau d'alliances. Une escalade pourrait dépasser largement les frontières du pays et affecter les Etats du Golfe voire l'ensemble du Moyen-Orient.
 
Les leçons des vingt dernières années invitent à la prudence. Les interventions militaires peuvent renverser des gouvernements, mais elles ne suffisent pas à construire des institutions solides, à restaurer la confiance des populations ni à garantir une paix durable. Les puissances qui veulent dominer le monde doivent comprendre que la stabilité ne peut être imposée uniquement par la force ; elle exige des solutions politiques, diplomatiques et inclusives.
 
Au-delà des divergences d'analyse sur les responsabilités, une évidence s'impose : les populations civiles demeurent les premières victimes des guerres. Prévenir une nouvelle spirale de violence devrait constituer une priorité pour l'ensemble de la communauté internationale. Les décisions prises aujourd'hui façonneront durablement l'avenir de la région.


Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Ancien Conseiller chargé de Mission du Médiateur de la République
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
Tel/Watsup: 00 235 99860817 
Yacoubahmat0@gmail.com

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