Sous la loupe

Refus d’une enquête judiciaire au Tchad : De quoi le Chef de la junte cherche-t-il à se protéger ?

Samedi 29 Aout 2026

 
Le refus d'ouvrir une enquête judiciaire transparente et les accusations de « haute trahison » portées par les critiques de la junte mettent en lumière plusieurs craintes stratégiques, à commencer par la fragilisation du premier cercle du pouvoir. Les audits sur la gestion pétrolière de la SHT menacent de révéler des réseaux de corruption massive impliquant de hauts responsables militaires et des proches du clan présidentiel. A en croire un document qui circule sur les réseaux sociaux, le ministre des Finances serait lui aussi favorable à une enquête judiciaire. Cependant, permettre une enquête indépendante risquerait de fracturer la loyauté des piliers qui maintiennent le régime militaire en place.
D’aucuns pensent que le fait d’accepter de soumettre la présidence ou l'ANSE à une enquête judiciaire créerait un précédent au Tchad, démontrant que le chef de l'État n'est pas au-dessus des lois. La junte privilégie néanmoins le maintien de l'immunité de fait pour préserver l'autorité absolue du pouvoir exécutif.
Certes, il y a désormais un risque d'isolement international et économique, car ce manque de transparence intervient alors que le gouvernement tchadien tente de rassurer les investisseurs étrangers (notamment en vue de forums économiques internationaux comme celui avec le MEDEF International à Paris). L'ouverture d'une procédure officielle exposerait publiquement la fragilité institutionnelle et la mauvaise gouvernance du pays (classé 157e sur 180 au classement de Transparency International).

MS. Abdelsalam analyste, chercheur
Sahel7, www.centrerecherche.com


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