Connectez-vous S'inscrire
Menu
www.centrerecherche.com
Siège : N'Djamena, Tchad
E-mail : yacoubahmat@aol.com
Ensemble contre les conflits et pour la paix

Communiqué

Pétrole, prix et gouvernance : les citoyens tchadiens ont droit à la transparence

Jeudi 27 Août 2026

Communiqué de presse n°08/WT/CAC/25


 
Depuis le début de l’exploitation pétrolière à Komé et Djermaya, l’espoir des citoyens tchadiens était clair : que cette ressource contribue à améliorer le bien-être des populations, en finançant les services publics et en stabilisant le coût de la vie. Plus de vingt ans après, la réalité soulève de sérieuses interrogations.
 
1. Une évolution des prix qui interroge
Le prix du carburant, initialement autour de 300 FCFA/litre à la mise en production, a connu des hausses successives, atteignant aujourd’hui des niveaux qui pèsent lourdement sur les ménages et les petites entreprises. Alors que le Tchad produit son propre pétrole et dispose d’une raffinerie à Djermaya, le consommateur paie un prix supérieur à celui observé dans la plupart des pays producteurs.
 
Ainsi, à titre de comparaison, nous pouvons citer les États-Unis (environ 0,9 USD/litre), l’Europe (1,6 à 1,8 USD/litre malgré une fiscalité élevée) et les Pays africains producteurs avec un seuil souvent inférieurs à 500 FCFA/litre. Cette situation est d’autant plus difficile à comprendre que des volumes significatifs de gaz à Komé sont brûlés sans valorisation pour la population, tandis qu’une partie de la production est vendue à prix subventionné à l’export ou à certains circuits privilégiés.
 
2. Des institutions captées par des cercles restreints
L’analyse de la composition des conseils d’administration des structures clés (SHT, SONAMIC, raffinerie de Djermaya) révèle une forte présence de la Présidence de la République et de milieux d’influence politique. Cette concentration du pouvoir décisionnel réduit l’indépendance de gestion et limite les contre-pouvoirs institutionnels.

3. Des engagements internationaux non respectés
Le Tchad est membre de l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) et s’est engagé à publier régulièrement des données claires et complètes sur la production, les revenus et leur utilisation. Pourtant, la connexion entre les revenus pétroliers et le Trésor public demeure opaque. Les rapports ITIE pointent régulièrement des insuffisances dans la traçabilité des flux financiers, laissant les citoyens dans l’ignorance sur l’usage réel des milliards générés annuellement.
 
4. Des déficits qui pèsent lourdement sur le Trésor public
Au-delà des revenus, la gestion pétrolière génère parfois des déficits ponctuels (différence entre revenus attendus et effectifs, charges d’exploitation ou subventions excessives). Ces déséquilibres sont compensés par des avances du Trésor public, réduisant les ressources disponibles pour l’éducation, la santé ou les infrastructures. Ce transfert de charge budgétaire, rarement expliqué, fragilise les finances nationales et accroît la dépendance à la dette.
 
Nous interpellons le pouvoir exécutif :
Sur la transparence : publication trimestrielle des revenus pétroliers, des prix de vente internes/externes et des déficits éventuels, conformément aux exigences ITIE.
Sur la gouvernance : rééquilibrage de la composition des conseils d’administration des structures pétrolières, avec intégration d’acteurs indépendants.
Sur la justice sociale : fixation d’un prix du carburant tenant compte du statut de pays producteur et des besoins de la population.
Sur la valorisation des ressources : arrêt du torchage à Komé et mise en place de solutions de récupération au bénéfice des ménages et des industries locales.
Le pétrole est une richesse nationale. Il doit financer l’éducation, la santé, les infrastructures et non alimenter la spéculation, l’opacité ou les déficits budgétaires non maîtrisés. Les citoyens tchadiens ont le droit d’être informés, comme le prévoit l’ITIE, et de voir leurs intérêts protégés.
 
    Fait à Ndjamena le 25 Août 2025
Pour la Coordination des Actions Citoyennes
 
Les Porte-Paroles:
Max Loalngar 
Soumaïne Adoum