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Ensemble contre les conflits et pour la paix

Opinion Libre

La Déclaration d’Addis-Abeba était pour mettre fin à la guerre ou pour couronner le vainqueur ?

Mercredi 26 Août 2026

Par Dr Mohamed Osman Awadallah
(Muhra News)
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Les participants réunis à Addis-Abeba ont commis des erreurs catastrophiques qui ont dominé leur réunion et abouti à une déclaration truffée d’erreurs. Parmi celles-ci, nous retenons notamment :
 
La première erreur, et la plus grave, est d’ordre méthodologique. De cette erreur découlent toutes les autres. La guerre a été considérée comme un conflit entre des parties soudanaises, sans placer au centre de l’analyse la réalité d’une rébellion armée contre l’État, ni l’atteinte à sa souveraineté, ni l’agression extérieure. La déclaration a également omis de parler de la protection des civils contre la milice, tout en leur retirant le droit de se défendre et en condamnant cette défense en la qualifiant de soutien à la guerre.
 
La deuxième erreur consiste à s’être noyé dans des terminologies linguistiques afin de créer une réalité politique imaginaire, inexistante sur le terrain. Citons quelques expressions et leurs implications :
 
1. « Les parties à la guerre » = effacement de la différence entre l’État et la rébellion ;
2. « Les forces alignées avec les forces armées » = négation du droit à la légitime défense et du devoir de défendre l’État ;
3. « Les forces alignées avec les Forces de soutien rapide » = présupposition qu’elles sont équivalentes aux forces armées ;
4. « Les forces opposées à la guerre et non alignées » = présupposition qu’elles bénéficient d’une supériorité morale ;
5. « Le commandant de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan » = privation de sa qualité constitutionnelle de président du Conseil de souveraineté ;
6. « Le dialogue trompeur » = retrait de toute légitimité à l’initiative nationale ;
7. « Y participer est un crime » = attribution à eux-mêmes du droit de condamner et de criminaliser ;
8. « Les zones contrôlées par l’un des belligérants » = division du Soudan en zones d’influence, en confondant les territoires sous souveraineté de l’État avec les zones occupées par la milice ;
9. « Une négociation d’égal à égal entre les parties militaires et civiles » = attribution d’un statut de négociation équivalent ;
10. « L’éviction totale du Congrès national et de son mouvement islamique de la scène politique » = faire de l’exclusion une condition de la paix ;
11. « Le processus politique est une affaire exclusivement civile »= exclusion de l’armée du débat sur l’avenir de l’État.
 
Ces termes sont rassemblés et répétés avec insistance afin de produire un nouveau dictionnaire politique qui n’existe pas dans la réalité, puis de le présenter comme la seule description possible du conflit.
 
La troisième erreur est l’absence du concept même d’État au centre du récit de la déclaration. Celle-ci divise les forces en trois composantes : les deux parties à la guerre et une troisième partie neutre, tout en occultant les institutions de l’État.
 
La quatrième erreur consiste à retirer à al-Burhan sa qualité constitutionnelle et politique de président du Conseil de souveraineté, afin d’imposer l’équation suivante :
 
Al-Burhan = commandant de l’armée = ne représente pas l’État = une partie à la guerre = la milice.
 
La cinquième erreur est d’avoir ignoré le financement et l’approvisionnement de la milice, sans en faire un axe central du processus de paix. Car la cessation des combats ne signifie pas l’arrêt du financement et de l’approvisionnement de la milice. La déclaration n’a donc pas traité l’une des principales causes de la poursuite et de la prolongation de la guerre, ainsi que de la possibilité qu’elle se reproduise.
 
La sixième erreur est d’avoir fait du Quartet une référence politique alors qu’il n’était qu’un médiateur. Il se retrouve ainsi en position de déterminer la forme du Soudan après la guerre, en imposant les positions des forces soudanaises qui lui sont proches et en écartant d’autres forces.
 
La septième erreur consiste à exploiter le besoin de mettre fin à la guerre et la pression exercée pour accepter les initiatives de paix afin d’imposer ses propres conditions, de redistribuer le pouvoir, puis d’en faire le critère même de la paix.
 
La huitième erreur est de qualifier l’appel au dialogue lancé par al-Burhan de « dialogue trompeur », de considérer que la participation à ce dialogue constitue un crime et qu’il exprime un projet politique qu’il faudrait renverser. La déclaration s’est ainsi arrogé le droit de déterminer quel dialogue est acceptable ou non, et qui est criminel ou respectable.
 
La neuvième erreur consiste à mélanger la paix et l’exclusion, en faisant du démantèlement d’une organisation politique une condition préalable à la paix. Cette idée est répétée à trois reprises.
 
La dixième erreur réside dans la sélectivité de la définition de ce qu’elle qualifie de « forces soutenant la guerre ». Cette expression vise spécifiquement les forces favorables à l’armée, tout en exemptant les forces qui soutiennent la milice. De cette manière, les citoyens sont privés de leur droit à la légitime défense. L’appartenance à l’État ou le soutien à l’armée face à la rébellion est ainsi présenté comme un crime.
 
La onzième erreur est l’assimilation entre l’armée et les Forces de soutien rapide. La déclaration les place sur un pied d’égalité à plus de dix reprises, sous différentes formulations.
 
La douzième erreur est d’avoir présenté son propre programme politique comme une condition à la paix :
 
1. L’exclusion et l’éviction des adversaires politiques ;
2. L’adoption de l’initiative du Quartet comme référence pour le règlement ;
3. La restructuration de l’institution militaire de manière à garantir le retour de la milice ;
4. La détermination de la forme de la période de transition et de ce qui suivra, de manière à garantir la domination du groupe d’Addis-Abeba.
 
La treizième erreur est la sélectivité dans la condamnation.
 
La déclaration se montre extrêmement sévère envers : l’ancien régime, le Congrès national, les islamistes, le gouvernement, l’armée, le dialogue auquel al-Burhan a appelé et ceux qui y participent. Des accusations directes leur sont adressées.
 
En revanche, elle se montre indulgente à l’égard de la partie qui a commis les massacres et les crimes, ainsi qu’envers ceux qui l’ont soutenue, en dissimulant ses crimes derrière une formule générale : « les atrocités de la guerre ».
 
La quatorzième erreur est de prendre la révolution de décembre comme référence tout en ignorant qu’elle remonte désormais à huit ans et que le Soudan a connu, depuis lors, de profondes transformations ayant largement dépassé cette période révolutionnaire.
 
Certes, la révolution de décembre constitue une étape historique importante, mais elle n’a produit ni Constitution contraignante, ni accord national, ni front national cohérent capable de surmonter les événements qui lui ont succédé et de demeurer une référence éternelle.
 
En conclusion, la Déclaration d’Addis-Abeba prétend vouloir mettre fin à la guerre en imposant un projet politique qui couronne le criminel en vainqueur et punit la victime par la défaite et l’exclusion.
 

Dr Mohamed Osman Awadallah
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NB: La traduction en français a été faite automatiquement du texte arabe.