Sous la loupe

Tchad : le silence du Conseil des ministres face aux drames de Miski et à la crise sanitaire

Vendredi 6 Novembre 2026

Par Sarah. H. Salmane
Analyste, chercheure
Sahel7 - www.centrerecherche.com


Le Conseil des ministres du jeudi 5 novembre 2026 a suscité des interrogations par son silence sur deux préoccupations majeures qui affectent profondément la population tchadienne : le conflit armé de Miski et la crise sanitaire qui sévit dans le pays.
Alors que les affrontements militaires à Miski, dans la province du Tibesti, se poursuivent depuis le 14 octobre, le Conseil des ministres n'a consacré aucune communication particulière à cette situation. Pas un mot pour déplorer les pertes en vies humaines, exprimer une compassion à l'égard des familles endeuillées ou évoquer les perspectives d'une désescalade.
Pourtant, selon des informations rapportées par la presse espagnole
https://urls.fr/VIg9hF, le bilan humain des affrontements dépasserait les 100 morts. Un chiffre particulièrement préoccupant qui, s'il était confirmé, devrait interpeller les autorités et susciter une communication officielle. Pas un seul mot aussi sur la demande de médiation extérieure adressée au chef de la junte militaire au pouvoir.
L'autre sujet majeur passé sous silence concerne la crise sanitaire. Le paludisme et la dengue auraient provoqué des centaines de décès à travers le pays. La situation des structures hospitalières soulève également de sérieuses inquiétudes.
L'hôpital de la Renaissance a admis que l’établissement ne dispose que de dix lits de réanimation, une capacité particulièrement inquiétante compte tenu des besoins sanitaires dans un pays pourtant riche en ressources.

Dans ce contexte, la population était en droit d'attendre du Conseil des ministres des explications, des mesures concrètes et, surtout, des signes de compassion envers les victimes et leurs familles.
Un Conseil des ministres n'est certes pas tenu de commenter chaque événement, mais lorsqu'un pays est confronté simultanément à un conflit armé meurtrier et à une crise sanitaire, ces questions ne peuvent être reléguées au second plan.
La question est donc légitime : quelles sont les priorités du gouvernement lorsque les préoccupations les plus urgentes de la population ne trouvent même pas leur place dans la communication de ses plus hautes instances ?
Au-delà du silence institutionnel, les Tchadiens attendent des réponses, des actes et une politique publique à la hauteur des drames qu'ils traversent.

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