Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu sa réunion mensuelle sur le Soudan le 19 février, sous la présidence de la cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper. Cette réunion faisait suite aux conclusions d'une enquête indépendante mandatée par l'ONU, qui a établi que les Forces de soutien rapide (FSR) ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité à El Fasher.
Le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme documente une vague de violences atroces déclenchée par les milices des FSR lors de leur offensive visant à s'emparer de la ville assiégée en octobre dernier. Ces violations massives sont qualifiables de crimes de guerre et, dans certains cas, de crimes contre l'humanité. Elles incluent des tueries de masse et des exécutions sommaires, des violences sexuelles généralisées, des arrestations arbitraires, de la torture, des disparitions forcées, ainsi que l'imposition systématique de rançons.
Les FSR ont mis en place un système organisé d'extorsion, contraignant les familles à payer des sommes exorbitantes, allant de 1 500 à 5 500 dollars américains, pour obtenir la libération de leurs proches, transformant ainsi la vie des détenus en marchandise. A cela s'ajoutent le ciblage de personnes protégées, telles que le personnel médical et humanitaire, ainsi que l'enrölement d'enfants.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a déclaré:
"Les violations aveugles commises par les Forces de soutien rapide et les milices arabes qui leur sont alliées lors de la récente attaque contre El Fasher confirment que l'impunité persistante alimente les cycles de violence".
Il a souligné la nécessité de mener des enquêtes crédibles et impartiales pour établir les responsabilités pénales, y compris celles des commandants et autres responsables. Ces enquêtes doivent aboutir à une véritable reddition de comptes par tous les moyens disponibles devant des tribunaux soudanais intègres et indépendants, par la compétence universelle et extraterritoriale, devant la Cour pénale internationale, ou via d'autres mécanismes.
A la lumière de cette situation, le Conseil de sécurité a renouvelé son appel à accepter le plan de la Commission quadripartite proposé en septembre 2025. Ceplan prévoit une trêve humanitaire de trois mois, en vue d'un cessez-le-feu permanent, suivie d'un processus de transition inclusif de neuf mois aboutissant à la formation d'un gouvernement civil indépendant. Cette position est également soutenue par Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, qui a insisté sur la nécessité que tous les auteurs de violations au Soudan doivent rendre des comptes, indépendamment de leur affiliation.
La question qui se pose aujourd'hui est cruciale le monde a-t-il conscience du danger que représentent les FSR ? Et pourquoi n'a-t-il pas réagi? Après ces violations sans précédent, confirmant le risque que ces forces représentent pour la sécurité des citoyens et la stabilité régionale, les affrontements entre les FSR et l'armée tchadienne se poursuivent le long de la frontière commune. Pourtant, le gouvernement tchadien évite de mentionner les FSR par crainte de répercussions, attribuant les attaques à l'armée soudanaise. Il a récemment fermé ses frontières avec le Soudan.
Face à ce niveau de menace, pourquoi l'Occident refuse-t-il de discuter de la neutralisation des FSR et de soutenir l'armée soudanaise dans cette tâche? Au lieu de cela, certains accusent l'armée soudanaise de violations des droits humains et de collaboration avec des islamistes qui la soutienne.
Est-ce qu'une simple trêve humanitaire de trois mois suffit pour acheminer l'aide aux populations touchées ? La réalité est que l'Occident semble parfois considérer les FSR comme un modèle de démantèlement de l'État. Dans le cadre des études stratégiques, largement diffusées en Europe, les guerres de quatrième génération impliquent des acteurs non étatiques qui cherchent à déstabiliser ou remodeler les gouvernements. Ces acteurs ont démontré une efficacité supérieure dans ce type de conflit, souvent en exploitant des tensions ethniques et religieuses pour provoquer l'effondrement de l'État. Le Soudan semble être devenu un laboratoire pour ce modèle, que certains cherchent à préserver comme moyen de pression utilisable ailleurs en Afrique et dans le monde.
Cette situation n'est pas nouvelle. En août 2025, le gouvernement soudanais avait ouvert le poste-frontière d'Adré avec le Tchad pour acheminer l'aide humanitaire. Moins de deux mois plus tard, ce corridor a été utilisé pour livrer des équipements militaires aux milices rebelles, ce qui a conduit le ministre des Finances, Jibril Ibrahim, à réclamer la fermeture du poste-frontière, dénonçant l'exploitation du passage à des fins militaires.
Dans les années 1990, des comportements similaires avaient été documentés au Sud-Soudan, où certaines ONG impliquées dans l'aide humanitaire avaient servi de relais pour fournir des armes à l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), comme le révèle le livre La Norvège au Soudan au bord du gouffre de Bibiana Dahl (2014).
Aujourd'hui, le gouvernement soudanais a lancé une initiative de paix globale incluant le désarmement des milices terroristes, la responsabilisation des auteurs de violations, l'indemnisation et la réintégration des combattants, ainsi qu'un dialogue national sur les questions fondamentales du pays, menant à une transition civile. Pourtant, ce plan reste largement ignoré ou sous-estimé par la communauté internationale.
Pendant ce temps, les FSR poursuivent leurs attaques. Il y a seulement deux jours, ils ont attaqué la région de Mostarieha, dans l'État du Nord-Darfour, provoquant d'importantes pertes. Les vidéos de l'attaque montrent des convois blindés sophistiqués, dont même les armées les mieux équipées de la région ne disposent pas.
Comment rester silencieux face à ces violations graves? Quand la conscience mondiale se réveillera-t-elle pour abandonner sa politique de "deux poids, deux mesures" et agir réellement pour la paix et la sécurité au Soudan?
Le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme documente une vague de violences atroces déclenchée par les milices des FSR lors de leur offensive visant à s'emparer de la ville assiégée en octobre dernier. Ces violations massives sont qualifiables de crimes de guerre et, dans certains cas, de crimes contre l'humanité. Elles incluent des tueries de masse et des exécutions sommaires, des violences sexuelles généralisées, des arrestations arbitraires, de la torture, des disparitions forcées, ainsi que l'imposition systématique de rançons.
Les FSR ont mis en place un système organisé d'extorsion, contraignant les familles à payer des sommes exorbitantes, allant de 1 500 à 5 500 dollars américains, pour obtenir la libération de leurs proches, transformant ainsi la vie des détenus en marchandise. A cela s'ajoutent le ciblage de personnes protégées, telles que le personnel médical et humanitaire, ainsi que l'enrölement d'enfants.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a déclaré:
"Les violations aveugles commises par les Forces de soutien rapide et les milices arabes qui leur sont alliées lors de la récente attaque contre El Fasher confirment que l'impunité persistante alimente les cycles de violence".
Il a souligné la nécessité de mener des enquêtes crédibles et impartiales pour établir les responsabilités pénales, y compris celles des commandants et autres responsables. Ces enquêtes doivent aboutir à une véritable reddition de comptes par tous les moyens disponibles devant des tribunaux soudanais intègres et indépendants, par la compétence universelle et extraterritoriale, devant la Cour pénale internationale, ou via d'autres mécanismes.
A la lumière de cette situation, le Conseil de sécurité a renouvelé son appel à accepter le plan de la Commission quadripartite proposé en septembre 2025. Ceplan prévoit une trêve humanitaire de trois mois, en vue d'un cessez-le-feu permanent, suivie d'un processus de transition inclusif de neuf mois aboutissant à la formation d'un gouvernement civil indépendant. Cette position est également soutenue par Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, qui a insisté sur la nécessité que tous les auteurs de violations au Soudan doivent rendre des comptes, indépendamment de leur affiliation.
La question qui se pose aujourd'hui est cruciale le monde a-t-il conscience du danger que représentent les FSR ? Et pourquoi n'a-t-il pas réagi? Après ces violations sans précédent, confirmant le risque que ces forces représentent pour la sécurité des citoyens et la stabilité régionale, les affrontements entre les FSR et l'armée tchadienne se poursuivent le long de la frontière commune. Pourtant, le gouvernement tchadien évite de mentionner les FSR par crainte de répercussions, attribuant les attaques à l'armée soudanaise. Il a récemment fermé ses frontières avec le Soudan.
Face à ce niveau de menace, pourquoi l'Occident refuse-t-il de discuter de la neutralisation des FSR et de soutenir l'armée soudanaise dans cette tâche? Au lieu de cela, certains accusent l'armée soudanaise de violations des droits humains et de collaboration avec des islamistes qui la soutienne.
Est-ce qu'une simple trêve humanitaire de trois mois suffit pour acheminer l'aide aux populations touchées ? La réalité est que l'Occident semble parfois considérer les FSR comme un modèle de démantèlement de l'État. Dans le cadre des études stratégiques, largement diffusées en Europe, les guerres de quatrième génération impliquent des acteurs non étatiques qui cherchent à déstabiliser ou remodeler les gouvernements. Ces acteurs ont démontré une efficacité supérieure dans ce type de conflit, souvent en exploitant des tensions ethniques et religieuses pour provoquer l'effondrement de l'État. Le Soudan semble être devenu un laboratoire pour ce modèle, que certains cherchent à préserver comme moyen de pression utilisable ailleurs en Afrique et dans le monde.
Cette situation n'est pas nouvelle. En août 2025, le gouvernement soudanais avait ouvert le poste-frontière d'Adré avec le Tchad pour acheminer l'aide humanitaire. Moins de deux mois plus tard, ce corridor a été utilisé pour livrer des équipements militaires aux milices rebelles, ce qui a conduit le ministre des Finances, Jibril Ibrahim, à réclamer la fermeture du poste-frontière, dénonçant l'exploitation du passage à des fins militaires.
Dans les années 1990, des comportements similaires avaient été documentés au Sud-Soudan, où certaines ONG impliquées dans l'aide humanitaire avaient servi de relais pour fournir des armes à l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), comme le révèle le livre La Norvège au Soudan au bord du gouffre de Bibiana Dahl (2014).
Aujourd'hui, le gouvernement soudanais a lancé une initiative de paix globale incluant le désarmement des milices terroristes, la responsabilisation des auteurs de violations, l'indemnisation et la réintégration des combattants, ainsi qu'un dialogue national sur les questions fondamentales du pays, menant à une transition civile. Pourtant, ce plan reste largement ignoré ou sous-estimé par la communauté internationale.
Pendant ce temps, les FSR poursuivent leurs attaques. Il y a seulement deux jours, ils ont attaqué la région de Mostarieha, dans l'État du Nord-Darfour, provoquant d'importantes pertes. Les vidéos de l'attaque montrent des convois blindés sophistiqués, dont même les armées les mieux équipées de la région ne disposent pas.
Comment rester silencieux face à ces violations graves? Quand la conscience mondiale se réveillera-t-elle pour abandonner sa politique de "deux poids, deux mesures" et agir réellement pour la paix et la sécurité au Soudan?


