Le Tibesti concentre plusieurs facteurs de fragilité :
1. L'or et le contrôle des sites miniers.
L'exploitation artisanale représente une source importante de revenus pour les populations locales, mais elle attire également des réseaux et des groupes armés étrangers. Les ressources minières, qui ne contribuent pas au développement de la région, sont exploitées en toute opacité par l’entourage du chef de la junte.
2. La question de l'autonomie locale et de l'autorité de l'État.
Miski avait connu plusieurs années de confrontation avec les autorités centrales avant l'accord de paix de 2025. L'enjeu n'est donc pas simplement sécuritaire : il concerne également la gestion des ressources, la représentation locale et les rapports entre communautés et administration.
3. La présence d'armes et la porosité des frontières.
Le Tibesti est frontalier de la Libye et se trouve dans un espace désertique immense. Cela rend particulièrement difficile le contrôle des déplacements et des activités minières. A cela s’ajoute la présence des forces de défense et de sécurité qui tolèrent le port d’armes pour les intouchables.
4. La mise en œuvre de l'accord de Miski.
C'est probablement le point le plus important aujourd'hui. Un accord de paix peut mettre fin aux affrontements sans régler immédiatement les questions qui les avaient provoqués. Le régime militaire n’a jamais respecté les accords qu’il signe (katkat sakit). Les mouvements politico-militaires signataires de l’accord de Doha tournent en rond. « Le fait que le gouvernement dépêche maintenant une importante délégation pour en suivre l'application montre que la phase de mise en œuvre demeure sensible » Tchadinfos
Ce qu'il faut retenir
Les tensions sont plutôt liées à l'orpaillage, au pillage organisé par l’état, à l’injustice, à la sécurité et à l'application des accords…Malgré les informations qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux qui pourraient présenter les événements comme une nouvelle rébellion du Tibesti contre N'Djamena, l’histoire nous a appris qu’on trouve toujours une solution fragile en attendant la suite dans quelques mois.
Le contexte reste néanmoins suffisamment sérieux pour que le Royaume-Uni maintienne, au 2 octobre 2026, une recommandation de ne pas se rendre dans la province du Tibesti, parmi les provinces septentrionales du Tchad. GOV.UK
En résumé : le Tibesti n'est pas actuellement décrit par les sources vérifiables comme étant en guerre ouverte, mais l'équilibre demeure fragile, principalement autour de Miski, de l'orpaillage et de l'application de l'accord de paix de 2025.
MS. Abdelsalam, chercheur,
analyste associé au CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com

