Connectez-vous S'inscrire
Menu
Sous la loupe

A quoi sert ce machin de l'ONU quand deux poids, deux mesures font loi ?

Jeudi 24 Septembre 2026

A quoi sert ce machin de l'ONU ? De Gaule n’a pas tort. Pourtant, elle devait être le lieu où le droit l'emporte sur la force. Elle risque de devenir celui où la force choisit qui parle, qui se tait et qui peut menacer. Si les résolutions votées par 152 États restent lettre morte, si un veto ou un visa suffisent à neutraliser le droit, alors la question n'est plus rhétorique. Il faut réformer l'ONU, transférer le siège, encadrer le droit de veto, faire respecter l'accord de siège, appliquer les mêmes règles à tous. Sinon, l'institution ne sera plus qu'une scène où les puissants jouent leur pièce devant un public contraint d'applaudir.



Par Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
président du CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com
yacoubahmat0@gmail.com


Cette semaine, à New York, le monde a paru marcher sur la tête. Depuis des années, on reproche à Téhéran ses appels à l'anéantissement d'Israël. Mais que dire quand le président de la première puissance militaire mondiale monte à la tribune de l'Assemblée générale et déclare qu'il doit choisir entre un accord et « anéantir » l'Iran ? Il s'interroge à voix haute : « Est-ce que j'anéantis la République islamique, et rapidement ? » Il ne s'agit pas d'un slogan de manifestation, mais d'une menace proférée dans l'enceinte même censée l'interdire, par un État qui en a, lui, les moyens matériels. Et à juste titre, de telles déclarations « d’anéantissement » d’un peuple sont inacceptables et condamnables.  La Charte des Nations unies interdit la menace de recours à la force. Or la menace de Trump a été prononcée sans que personne, dans la salle, ne se lève. Le silence de l'institution est plus assourdissant que le discours.
 
Le deuxième scandale est celui de la tribune elle-même. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, visé par un mandat de la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre à Gaza, doit avoir son visa, prendre la parole à l'Assemblée générale, tandis que Washington a de nouveau refusé un visa au président palestinien Mahmoud Abbas. Comme l'an dernier, Abbas ne pourra s'exprimer que par vidéo. L'Assemblée a dû voter pour qu'un chef d'État observateur puisse parler à distance : 152 voix pour, trois contre, celles d'Israël, des États-Unis et du Paraguay. Or l'accord de siège de 1947 oblige les États-Unis à laisser entrer à New York les représentants des États membres et observateurs. Un pays hôte qui filtre qui a le droit de parler à l'ONU est un pays hôte qui dicte l'ordre du jour de la planète, je crois qu’il est nécessaire de revoir le siège de l’Onu.
 
Le nœud du problème est la Palestine qu’on le veuille ou non. On cherche à éteindre, région par région, des incendies dont le foyer reste intact. Aussi longtemps que la question palestinienne restera sans solution juste, fondée sur le droit international et deux États vivant côte à côte, elle continuera d'alimenter la colère, les surenchères et les guerres par procuration au Proche et au Moyen-Orient. Traiter les symptômes sans traiter la cause, c'est condamner la région à un cycle sans fin.
 
A quoi sert ce machin de l'ONU ? De Gaule n’a pas tort. Pourtant, elle devait être le lieu où le droit l'emporte sur la force. Elle risque de devenir celui où la force choisit qui parle, qui se tait et qui peut menacer. Si les résolutions votées par 152 États restent lettre morte, si un veto ou un visa suffisent à neutraliser le droit, alors la question n'est plus rhétorique. Il faut réformer l'ONU, transférer le siège, encadrer le droit de veto, faire respecter l'accord de siège, appliquer les mêmes règles à tous. Sinon, l'institution ne sera plus qu'une scène où les puissants jouent leur pièce devant un public contraint d'applaudir.
Sahel7