Connectez-vous S'inscrire
Menu
www.centrerecherche.com
Siège : N'Djamena, Tchad
E-mail : yacoubahmat@aol.com
Ensemble contre les conflits et pour la paix

Au Tchad, le ministre sortant de la télécommunication Boukar Michel reconnait qu'il utilisait le « clando » pour aller au Conseil des ministres

Jeudi 9 Avril 2026

Au Tchad, les ministres et les dirigeants des grandes institutions ne sont pas choisis pour accomplir une mission, mais pour se taire, percevoir un salaire et survivre politiquement. C’est un secret de Polichinelle.


Le ministre sortant de la télécommunication Boukar Michel a déclaré que le « clando » était le moyen de son transport pour aller au Conseil des ministres. « J’étais obligé de faire du clando… ». Où est le budget alloué au ministère ? c’est la question qui nécessite une réponse.
Au Tchad, les ministres et les dirigeants des grandes institutions ne sont pas choisis pour accomplir une mission, mais pour se taire, percevoir un salaire et survivre politiquement. C’est un secret de Polichinelle. Le problème n’est pas seulement individuel, il est structurel. Quand l’essentiel des ressources et du pouvoir de décision est concentré au sommet de l’État, les institutions deviennent des vitrines sans autonomie réelle. Dès lors, accuser uniquement les ministres ou les présidents des grandes institutions revient à ignorer le cœur du dysfonctionnement du Système au Tchad.
 
Dans ce schéma, un mécanisme bien rodé s’installe. On prive les institutions de leurs budgets pour exposer les responsables aux critiques publiques, on les laisse apparaître comme incapables, puis on les remplace. Le cycle se répète sous les yeux et la barbe de tous. Personne ne parle et il est interdit de toucher à la racine du problème.
 
Le résultat est criant. 90% du budget est géré par le maréchal et le pays tout entier vit dans la misère. Inutile de répéter ce que vit la population. La perte de confiance est généralisée, où plus personne ne croit personne, ni les dirigeants, ni les institutions, ni même les discours de réforme.
 
Mais une question demeure, jusqu’à quand ce système vicieux peut-il fonctionner en reposant davantage sur la gestion de l’image que sur la responsabilité réelle ? Car à long terme, ce ne sont pas seulement les hommes qui s’usent, ce sont les institutions elles-mêmes qui se vident de leur sens et c’est la jeunesse qui paie le prix de son silence.
 
Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Président du CEDPE